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    Concerts classiques - Technologie du vide

    8 août 2003 |François Tousignant | Musique
    Le Canadian Electronic Ensemble (CEE) est la plus vieille formation de musique électronique encore active au monde. Vieille est bien le mot qu'on se doit de souligner après sa prestation d'hier dans le cadre du festival Jusqu'aux oreilles. Commençons par les fleurs.

    Le vaisseau de la cathédrale Christ Church s'avère un endroit idéal pour la musique électroacoustique . Le son s'y développe avec humanité, il respire; tout est enveloppé juste ce qu'il faut pour qu'on saisisse bien la réelle beauté plastique des sonorités que produisent (ou reproduisent) les machines devant nous et le violon un peu amplifié, un peu transformé de Rose Bolton.

    Ensuite, il faut aussi louer l'incroyable souplesse à laquelle sont parvenus ces musiciens. Certes, aujourd'hui, ils ne sont pas seuls maîtres en ce domaine, mais ils évitent l'impair de la mécanicité en sachant faire respirer tout avec un naturel qui fait que rien d'artificiel ne paraît. Maintenant, il faut passer au pot.

    Quand on s'attaque à un médium tel que les sons synthétiques, l'écueil est pluriel. Tête baissée, les membres du CEE foncent dans le truisme de vocabulaire. Rien, absolument rien n'est original dans ce qui fut entendu. Pire encore, la syntaxe musicale est si primaire qu'on se prend à devenir plus que nostalgique des monuments du passé que sont le Gesang der Jünglinge ou Hymnen (de Stockhausen) pour ne nommer que ces deux pièces.

    Aucune des «oeuvres» n'a d'arête, successions vaines de climats où l'on tente de recréer (pas de créer: recréer) des illusions un peu cinématographiques tant le langage ne décolle pas du niveau de l'illustration de mauvaise bande sonore. Ils sont là, devant nous, cinq pseudo gamins qui jouent avec leurs bébelles comme aujourd'hui n'importe qui peut le faire dans son sous-sol avec un strict minimum d'équipement.

    On cherche en vain l'idée, le sens, une intuition. On reste devant un vide joliment décoré, un peu comme une belle robe qui tombe bien sur un mannequin de plastique, mais qui prend sa vie portée par une femme en chair. Le CEE voudrait réinventer la roue sans avoir encore compris que de nouveaux moyens exigent de nouvelles façon de faire. Alors, il devient esclave de ses ordinateurs plutôt que d'utiliser ces outils sophistiqués pour libérer l'imagination et explorer de nouveaux territoires. Ce n'est pas un constat d'échec, simplement celui d'une vacuité terriblement morne, par trop vaniteuse et désolamment réductrice.
     
     
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