Éric Goulet lance un album country à Coup de coeur francophone - Sa propre enseigne gossée dans le bois d'arbre
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
«Le country, c’est l’authenticité, pas de pseudo, pas de fake. Alors je signe», lance Éric Goulet.
À retenir
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Lancement-spectacle au Monument-National le 7 novembre; première montréalaise à l'O Patro Vys les 16 et 17 novembre; Monsieur Mono en spectacle demain au Bistro In Vivo (www.coupdecoeur.ca)
Il m'aperçoit au fond de la cafétéria de Radio-Canada, je le regarde s'approchant et c'est incroyable à quel point il a la charpente de ses idoles du rock. Bâti comme Keith Richards, notre Éric Goulet. Pas grand, chevelu et grisonnant, jambes en tuyaux. Cool à vie, c'est plus fort que lui. Il zieute la petite pile de compacts apportée exprès. Une vie de musique. Il y a les disques des années 1990 avec Possession Simple, ceux de la dernière décennie avec Les Chiens, les deux de Monsieur Mono, son alter ego noir foncé. Rien en son nom propre, lui dis-je. Éric Goulet Volume 1, ce disque 100 % orthodoxe country qui aurait bien pu être un «side project» comme les spectacles de son groupe-pour-le-plaisir de reprises de Beatles (Les Ringos), est le premier à sa propre enseigne gossée dans le bois d'arbre.
«Eh oui, n'est-ce pas un paradoxe?» Peut-être pas. Quand on gratte la surface du rock, on trouve le country. «Bas les masques! C'est mon coming out country. Le country, c'est l'authenticité, pas de pseudo, pas de fake. Alors je signe.» On est tous country quelque part, dans sa génération qui est aussi la mienne. «Quand j'étais kid, j'avais quasiment tous les disques d'Elvis, et Elvis, à la base, c'est country.» On vient tous du Ranch à Willie, on est tous amoureux de Renée Martel et on a tous du Paul Brunelle dans le code génétique. «Tu peux pas te sauver d'où tu viens. Ma grand-mère me chantait des tounes western, mon oncle jouait de l'accordéon. Le country, pour moi, c'est d'abord de la musique live. Et c'est encore ça. Tu le sais peut-être pas, mais je joue du banjo dans un band de bluegrass, depuis sept-huit ans déjà.»
Éric Goulet joue tout le temps avec tout le monde. Plus à l'aise avec une guitare qu'avec la vie en général. C'est bien pour ça que son nom est partout en p'tit dans les livrets des albums des autres et jamais en gros sur une pochette à lui, jusqu'à ce Volume 1. Un bel alignement des planètes a été nécessaire pour que ça arrive. «Il a fallu une couple de rencontres qui déclenchent l'affaire, avec le guitariste Carl Prévost des Mountain Daisies [qui travaille aussi avec Stephen Faulkner], et puis avec Éric Blanchard des disques Nomade, avec qui j'avais fait le disque d'Isabeau et les Chercheurs d'or, l'an dernier.» Merveilleux album country-folk.
Les copains qui jouent sur Éric Goulet Volume 1 jouissent intensément: l'occasion est si rare d'être country aussi radicalement. Rick Haworth s'offre un festival de pedal steel, Éric jubile: «J'en voulais tellement. Je suis un malade de pedal steel.» Carl Prévost s'est consolé de ne pas enregistrer de nouvelles chansons avec Faulkner en jouant tous les riffs country de sa vaste collection. Éric l'a laissé se défouler: «Je voulais un trip de groupe, je suis un gars de groupe.» C'est la grande permission, mais pas le grand n'importe quoi: le meilleur de l'amicale des fadas de country.
L'album contient de splendides chansons originales d'Éric, des reprises de Paul Brunelle et Marcel Martel, L'hôtel des coeurs brisés de Faulkner, l'adaptation en valse country de L'âme à la tendresse, en duo avec Mara Tremblay, avec des harmonies qui vous arrachent le coeur. Duos, trios abondent: ailleurs, c'est aux doux timbres d'Isabeau Valois et de Corinne Montpetit qu'Éric marie sa voix rock'n'roll. «Ça se chante tellement bien avec une fille, du country. C'est bien pour ça que tout le monde veut chanter avec Emmylou Harris.»
Je lui dis qu'en auto, ça roule tout seul, tellement qu'on ne sait plus quand c'est du Brunelle ou du Goulet. Ça le réjouit. «Mission accomplie. Je pense que ça peut rejoindre un public plus grand que notre gang de tripeux. Tu sais, avec Carl, j'ai joué à Saint-Tite, et puis la crowd de Saint-Tite a dansé sur mes tounes. J'en revenais pas, j'ai regardé Carl, j'ai dû faire une drôle de face, il m'en parle encore. Pour le monde de Saint-Tite, c'était pas un exercice de style. Pour moi non plus. C'est pour vrai.»
«Eh oui, n'est-ce pas un paradoxe?» Peut-être pas. Quand on gratte la surface du rock, on trouve le country. «Bas les masques! C'est mon coming out country. Le country, c'est l'authenticité, pas de pseudo, pas de fake. Alors je signe.» On est tous country quelque part, dans sa génération qui est aussi la mienne. «Quand j'étais kid, j'avais quasiment tous les disques d'Elvis, et Elvis, à la base, c'est country.» On vient tous du Ranch à Willie, on est tous amoureux de Renée Martel et on a tous du Paul Brunelle dans le code génétique. «Tu peux pas te sauver d'où tu viens. Ma grand-mère me chantait des tounes western, mon oncle jouait de l'accordéon. Le country, pour moi, c'est d'abord de la musique live. Et c'est encore ça. Tu le sais peut-être pas, mais je joue du banjo dans un band de bluegrass, depuis sept-huit ans déjà.»
Éric Goulet joue tout le temps avec tout le monde. Plus à l'aise avec une guitare qu'avec la vie en général. C'est bien pour ça que son nom est partout en p'tit dans les livrets des albums des autres et jamais en gros sur une pochette à lui, jusqu'à ce Volume 1. Un bel alignement des planètes a été nécessaire pour que ça arrive. «Il a fallu une couple de rencontres qui déclenchent l'affaire, avec le guitariste Carl Prévost des Mountain Daisies [qui travaille aussi avec Stephen Faulkner], et puis avec Éric Blanchard des disques Nomade, avec qui j'avais fait le disque d'Isabeau et les Chercheurs d'or, l'an dernier.» Merveilleux album country-folk.
Les copains qui jouent sur Éric Goulet Volume 1 jouissent intensément: l'occasion est si rare d'être country aussi radicalement. Rick Haworth s'offre un festival de pedal steel, Éric jubile: «J'en voulais tellement. Je suis un malade de pedal steel.» Carl Prévost s'est consolé de ne pas enregistrer de nouvelles chansons avec Faulkner en jouant tous les riffs country de sa vaste collection. Éric l'a laissé se défouler: «Je voulais un trip de groupe, je suis un gars de groupe.» C'est la grande permission, mais pas le grand n'importe quoi: le meilleur de l'amicale des fadas de country.
L'album contient de splendides chansons originales d'Éric, des reprises de Paul Brunelle et Marcel Martel, L'hôtel des coeurs brisés de Faulkner, l'adaptation en valse country de L'âme à la tendresse, en duo avec Mara Tremblay, avec des harmonies qui vous arrachent le coeur. Duos, trios abondent: ailleurs, c'est aux doux timbres d'Isabeau Valois et de Corinne Montpetit qu'Éric marie sa voix rock'n'roll. «Ça se chante tellement bien avec une fille, du country. C'est bien pour ça que tout le monde veut chanter avec Emmylou Harris.»
Je lui dis qu'en auto, ça roule tout seul, tellement qu'on ne sait plus quand c'est du Brunelle ou du Goulet. Ça le réjouit. «Mission accomplie. Je pense que ça peut rejoindre un public plus grand que notre gang de tripeux. Tu sais, avec Carl, j'ai joué à Saint-Tite, et puis la crowd de Saint-Tite a dansé sur mes tounes. J'en revenais pas, j'ai regardé Carl, j'ai dû faire une drôle de face, il m'en parle encore. Pour le monde de Saint-Tite, c'était pas un exercice de style. Pour moi non plus. C'est pour vrai.»
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