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    Coeur de pirate - L'amour en transit

    29 octobre 2011 |Philippe Papineau | Musique
    Coeur de pirate<br />
    Photo: Annik MH De Carufel - Le Devoir Coeur de pirate
    Blonde
    • Coeur de pirate
    • Grosse boîte
    • Offert en version numérique le 7 novembre, et le lendemain en magasin.
    Arrivée sur les écrans radars presque sans prévenir en 2008, Cœur de pirate a connu un succès aussi éclatant qu'étonnant, et ce, même de son propre avis. Trois ans et 600 000 copies vendues plus tard, la (toujours) jeune sensation Béatrice Martin a revisité avec Le Devoir l'univers de son deuxième disque, à paraître la semaine prochaine. Attachez vos ceintures, c'est sur la route et dans les airs que ça se déroule.

    Coeur de pirate n'est plus la Coeur de pirate des premières heures. Elle n'est plus la Béatrice Martin qui soufflait à peine son Comme des enfants sur MySpace en 2007. Ni la chanteuse évanescente croisée au Divan orange en mai l'année suivante, ni encore la même auteure que sur son premier disque. Trois ans de tourbillon effréné ont clairement laissé leur marque sur la jeune femme, devenue adulte avant le temps.

    La voici devant nous sans chaperon médiatique, telle une seule femme, chemisier noir à pois blancs sur le dos, les yeux fardés de noir et d'or. À 22 ans — elle vient tout juste de les avoir — sa vie professionnelle a connu plus de rebondissements que celles d'un paquet de nous rassemblées.

    Dans les derniers mois, on a bien entendu la voix de la flibustière sur une demi-douzaine de chansons ou de projets (Omnikrom, Peter Peter, Nouvelle Vague, Armistice) et sur des dizaines de scènes, de L'Astral à l'Olympia de Paris. Coeur de pirate a aussi gagné les Félix de révélation de l'année, en 2009, et d'artiste québécois s'étant le plus illustré hors Québec en 2010, en plus de décrocher en France le Victoire de la chanson originale.

    Et on en passe, des meilleurs et des pires. Alors, imaginez la vie amoureuse dans tout ça. Son deuxième disque, intitulé Blonde, porte d'ailleurs la trace d'un coeur tailladé par les amours à distance.

    Moins vengeur

    Parce que des avions, elle en a pris. Vers Paris, beaucoup, mais aussi vers Toronto ou Los Angeles, selon le concert ou l'amoureux. D'ailleurs, sur son compte Twitter, le mot clic #jetlag est devenu une habitude. «J'ai vécu des deux côtés de l'Atlantique, que j'ai traversé tellement de fois, raconte Béatrice Martin en regardant par la fenêtre du café. Je n'ose pas compter, mais je pense que j'ai dû prendre l'avion près de 100 fois.»

    Pour Coeur de pirate, son nouveau Blonde raconte à la fois «trois ans de vie de tournée et trois ans en amour». Et ce, dans une vie d'adulte, mais avec le bagage d'une adolescente. «Ça parle d'être en amour sans être présent, d'en demander beaucoup sans être là émotionnellement ou physiquement. Et c'est pas négatif, mais je n'ai pas vraiment vécu ma jeune vingtaine; alors, ma perception des relations interpersonnelles est complètement bizarre. J'avais pas vraiment eu de chum sérieux avant» le succès du premier album.

    Ce disque, la pianiste le trouve toutefois moins vengeur, et le voit comme un hommage à ceux qui ont partagé ses amours en transit. Ça se sent ici et là sur le disque. Sur Loin d'ici, par exemple. «Et j'ai laissé mon coeur loin d'ici / Valsant dans un coin de ton pays / Sans regrets, je ne sais si l'on doit commencer / Une histoire si l'on doit se quitter».

    Ou sur le titre Place de la République, qu'elle traîne dans ses bagages depuis longtemps: «Et je ne sais plus si tu en vaux la peine / C'est plutôt dur d'en être certaine / Et quand tu seras à Pearson / Ce soir, ne m'oublie pas / Je t'attendrai au moins le temps de dire / Que j'ai voulu prendre le plus grand risque / Un soir qui m'a rendue bien triste / Un soir, place de la République».

    Cette voix qu'elle a

    Au-delà des mots, Blonde nous transporte dans un univers plus riche, ample et varié que sur l'album initial de Coeur de pirate. On retrouve des cordes, mais aussi des cuivres, et beaucoup de claviers bien ronds au lieu du piano classique. Ici, on est dans du rock swing des années 1960; là, plus près d'une inspiration country; ailleurs, dans les ballades classiques françaises qu'aimeront les amateurs de Jimmy Hunt.

    Et c'est au Québec que tout s'est fait, avec entre autres l'aide d'Howard Billerman à la réalisation et de Michael Rault, qui a fait les arrangements de quelques morceaux. On y retrouve aussi la présence de la Canadienne Basia Bulat et de Sam Roberts, qui chante le duo.

    Loin d'ici en français dans le texte.

    «J'avais déjà une idée en tête depuis 2009, je voulais une continuité du premier album, un peu yéyé, un peu sixties, mélangé avec plein d'affaires que j'aime, des Zombies à Gainsbourg en passant par Phil Spector. Et je voulais aussi le style des chanteuses à la France Gall et Françoise Hardy. Je savais où je m'en allais.»

    Tout de même, elle s'est battue pour pouvoir crémer toutes ses chansons d'écho, mais elle n'a pas gagné à chaque coup. «Honnêtement, si ç'avait été juste de moi, j'aurais mis un océan de "reverb", comme le groupe Camera Obscura, mais je ne peux pas, parce que je fais la musique que je fais... et que les gens n'auraient pas entendu les paroles», ajoute-t-elle d'un ton un peu cynique.

    Et sa voix, souvent critiquée ou parodiée, elle ne la défend pas plus que ça. Pas plus que l'ensemble de sa musique d'ailleurs, répétant souvent qu'elle est encore en apprentissage, évoquant le syndrome de l'imposteur. «Veux, veux pas, ma voix change avec la tournée, mais je ne trouve pas que j'articule plus ou moins qu'avant. Je suis encore Béatrice, la fille qui ne sait pas vraiment chanter mais qui sait chanter un peu! dit-elle en rigolant. C'est vrai, je ne suis pas chanteuse. Je n'utilise pas ma voix comme un muscle. Moi, à la base, j'aurais écrit des chansons pour les autres; mais ç'a adonné qu'il n'y avait personne pour les chanter!»

    Pour Béatrice Martin, c'est donc embarquement immédiat pour un nouveau tourbillon potentiel. Les premiers coups de vent se lèveront à Montréal et à Québec les 8 et 9 novembre, puis la pianiste tournera en France avant de revenir ici à la fin du mois de janvier pour une «run de lait» québécoise. «Ces chansons-là, je les ai faites pour moi, d'une certaine façon; ça m'a aidée. Mais si je les ai mises sur disque, c'est pour les gens qui écoutent.»
     
     
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