Concerts classiques - Soirée concept
À retenir
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LES GRANDS CONCERTS
Boulez Notation I. Perotin: «Organum». Boulez: Notation IV. Tchaïkovski: Concerto pour violon et orchestre. Chostakovitch: Symphonie n° 15. Gidon Kremer (violon), ensemble vocal, Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Maison symphonique de Montréal, mardi 18 octobre. Reprise ce soir.
Je ne sais pas si, par ses programmes, Kent Nagano passera à l'histoire pour un génie visionnaire ou pour un intello illuminé et déconnecté, mais on a encore eu droit, hier, à une de ses sacrées soirées-concept... Cela devient d'ailleurs un running gag: plus c'est tiré par les cheveux, plus le chef se lance dans des explications plus longues que les œuvres elles-mêmes.
Il faut oser isoler, d'un groupe de quatre (Notations I-IV), deux brefs décalques de Messiaen par un jeune Boulez — qui a orchestré, en 1980, des pièces pour piano du temps de ses études — et leur faire encadrer une embryonnaire polyphonie de Perotinus Magnus (XIIe siècle)!
Organum, tel qu'était titrée l'oeuvre de Perotin dans les communiqués de l'OSM et la notice de présentation, n'est pas le nom d'une pièce musicale, mais la double appellation d'un recueil de L'École de Notre-Dame et d'un procédé médiéval d'écriture vocale. Kent Nagano devrait veiller à faire éviter ces raccourcis impropres. Ce que nous avons entendu est un extrait (le début, soit un tiers) de l'oeuvre Viderunt omnes, vocalement bricolée par six valeureux ténors.
Et tout cela préludait à quoi? Au Concerto pour violon de Tchaïkovski par Gidon Kremer! Oui, on fait venir à Montréal Gidon Kremer, 64 ans, le violoniste au répertoire le plus riche et original au monde et on lui fait jouer Tchaïkovski après une poutine Pérotin-Boulez. Dommage pour toutes ces oeuvres que Kremer aurait pu nous présenter et que les autres solistes ne joueront jamais, comme, par exemple, le 5e Concerto grosso de Schnittke, une pièce fascinante, hantée par le son amplifié d'un piano invisible, tout à fait à même d'intéresser un public ouvert d'esprit. Du Tchaïkovski il n'y a rien à dire: fin dans les aigus et court en graves, Kremer a limité la casse. Mais il a autre chose à faire dans la vie et ça s'entend. Nagano aussi, et sa direction fade et ennuyée n'est pas passée inaperçue.
Évidemment, la concentration d'écoute requise par Schnittke aurait difficilement permis à Nagano de plomber encore plus l'atmosphère en programmant la 15e de Chostakovitch, oeuvre qui finit littéralement par l'image sonore d'un goutte à goutte dans un couloir d'hôpital blafard, effet peu rendu par Nagano, qui semble y voir un mécanique écoulement du temps. Par contre, le chef, patient et fin dans ses dosages, a utilisé la finesse des pianissimos de la Maison symphonique pour découper au scalpel la fin du 2e mouvement.
Le réglage de l'acoustique, le plus sec depuis l'ouverture de la salle, suite à un abaissement massif des panneaux et la mise en oeuvre de rideaux en hauteur, a permis une meilleure balance, des attaques plus nettes et des graves plus présents.
Il faut oser isoler, d'un groupe de quatre (Notations I-IV), deux brefs décalques de Messiaen par un jeune Boulez — qui a orchestré, en 1980, des pièces pour piano du temps de ses études — et leur faire encadrer une embryonnaire polyphonie de Perotinus Magnus (XIIe siècle)!
Organum, tel qu'était titrée l'oeuvre de Perotin dans les communiqués de l'OSM et la notice de présentation, n'est pas le nom d'une pièce musicale, mais la double appellation d'un recueil de L'École de Notre-Dame et d'un procédé médiéval d'écriture vocale. Kent Nagano devrait veiller à faire éviter ces raccourcis impropres. Ce que nous avons entendu est un extrait (le début, soit un tiers) de l'oeuvre Viderunt omnes, vocalement bricolée par six valeureux ténors.
Et tout cela préludait à quoi? Au Concerto pour violon de Tchaïkovski par Gidon Kremer! Oui, on fait venir à Montréal Gidon Kremer, 64 ans, le violoniste au répertoire le plus riche et original au monde et on lui fait jouer Tchaïkovski après une poutine Pérotin-Boulez. Dommage pour toutes ces oeuvres que Kremer aurait pu nous présenter et que les autres solistes ne joueront jamais, comme, par exemple, le 5e Concerto grosso de Schnittke, une pièce fascinante, hantée par le son amplifié d'un piano invisible, tout à fait à même d'intéresser un public ouvert d'esprit. Du Tchaïkovski il n'y a rien à dire: fin dans les aigus et court en graves, Kremer a limité la casse. Mais il a autre chose à faire dans la vie et ça s'entend. Nagano aussi, et sa direction fade et ennuyée n'est pas passée inaperçue.
Évidemment, la concentration d'écoute requise par Schnittke aurait difficilement permis à Nagano de plomber encore plus l'atmosphère en programmant la 15e de Chostakovitch, oeuvre qui finit littéralement par l'image sonore d'un goutte à goutte dans un couloir d'hôpital blafard, effet peu rendu par Nagano, qui semble y voir un mécanique écoulement du temps. Par contre, le chef, patient et fin dans ses dosages, a utilisé la finesse des pianissimos de la Maison symphonique pour découper au scalpel la fin du 2e mouvement.
Le réglage de l'acoustique, le plus sec depuis l'ouverture de la salle, suite à un abaissement massif des panneaux et la mise en oeuvre de rideaux en hauteur, a permis une meilleure balance, des attaques plus nettes et des graves plus présents.
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