Entente in extremis à l'OSM

L'Orchestre symphonique de Montréal et l'association des musiciens sont parvenus hier à une entente sur le renouvellement de la convention collective.

On pensait que cela ne se voyait que dans les films hollywoodiens: la direction de l'OSM et ses musiciens se sont entendus 24 heures avant le concert inaugural de la nouvelle salle de concert. Le volet pécuniaire a été tranché en faveur d'un compromis suggéré par le médiateur, à mi-chemin entre la dernière proposition de chacune des deux parties: l'augmentation salariale sera de 10,5 % sur quatre ans.

La surprise principale tient à la durée de l'entente. Celle-ci, de quatre ans, couvre donc l'ensemble du mandat en cours de Kent Nagano, soit jusqu'en août 2014. Initialement, il était question d'une période de deux années à partir de l'échéance d'août 2010. Cette convention, transitoire, aurait permis dans un premier temps de voir quelle influence le rythme de concerts dans la nouvelle salle aurait sur la charge de travail des musiciens.

Ces derniers obtiennent toutefois la définition d'un garde-fou: une durée de travail hebdomadaire maximale, soit 30 heures en répétition, concert et enregistrement. Il faut évidemment ajouter à cette charge collective le travail de préparation de chacun à domicile.

Serge Desgagné, représentant des musiciens, interrogé par Le Devoir, semblait soulagé par la fin du bras de fer: «On espère que cela se passera bien. Il faut nous concentrer sur le travail et consacrer toutes nos énergies à la pratique de notre art.» Il voit la durée de l'entente comme un «élément positif» et emploie en cela les mêmes termes que Madeleine Careau, chef de la direction de l'OSM.

Cette dernière souligne que le nouveau schéma de travail engendré par le déménagement de salle n'est pas destiné à changer à court terme: «Il n'y aura pas de surprises: nous planifions déjà la saison 2013-2014 et le plan de travail ne bougera pas.» Mme Careau se félicite que les deux parties se soient entendues pour une «négociation accélérée» sur «trois ou quatre points essentiels» mis en avant par les musiciens et autant par l'administration. «Tous ces points sont réglés», se réjouit-elle.

Tout le monde pourra donc avoir le coeur à la fête ce soir pour l'inauguration de la nouvelle salle.
2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 7 septembre 2011 09 h 27

    Et la musique d'aujourd'hui ?

    Frank Zappa soulignait souvent que la syndicalisation des musiciens pénalise la musique contemporaine. Comme les coût des répétition est astronomique avec un orchestre symphonique, on choisit de vieilles pièces connues du répertoire (Beethoven...)pour diminuer le nombre de pratiques nécessaires..ou alors on joue des pièces contemporaines mais sans assez les pratiquer...

    Frank Zappa a vécu à maintes reprises ce problème et a donné amplement d'exemples le démontrant..dont des enregistrement avec son ami M.Nagano. Le problème n'étant pas M.Nagano, mais les syndicats de musiciens qui protégeait des paresseux..dont certains avec parfois un verre dans le nez..

    Il y a cependant des exceptions comme le Modern Ensemble d'Allemagne , dont les membres ont à leurs frais voyagé jusqu'à Los Angeles pour pratiquer avec M.Zappa...par amour de la musique plus que du fric. Sans ce type de musicien qui va au-delà de la paye, il n'y aura pas de futur pour la musique classique d'aujourd'hui..

  • amaranta - Inscrit 8 septembre 2011 02 h 48

    @ André Michaud

    Encore Franck Zappa! Franck Zappa était probablement assez riche pour ne pas se préoccuper d'argent.