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Libre opinion - Rocker à vie

Philippe Laguë - Journaliste  21 juillet 2011  Musique
Cher Jean «Elvis» Laberge, le hasard a voulu que j'écoute du vieux Charlebois en lisant votre lettre teintée de mépris («100 000 Elvis Gratton») publiée mardi dans Le Devoir. C'est ce qui jouait dans le restaurant où je dînais bien tranquillement, en lisant mon journal. Et cela m'a donné envie de vous répondre — ce que je n'ai jamais fait puisque d'habitude, je suis payé pour écrire dans un journal.

Je n'étais pas au show de Metallica sur les plaines d'Abraham, parce que ma journée de travail commence aux aurores ces jours-ci. Mais j'ai vu les parrains du heavy metal lors de leurs deux derniers passages au Centre Bell, à Montréal. J'ai donc fait mes devoirs de rocker.

U2, par contre, j'y étais et croyez-moi, ce spectacle grandiose — si, si! — valait chaque sou noir que j'ai déboursé pour ma paire de billets (à 250 $ pièce, ça fait beaucoup de «cennes»). C'était d'ailleurs la quatrième fois que je les voyais en spectacle; la première fois, c'était en 1985. Autre spectacle inoubliable.

Loin de moi l'intention de me lancer dans le pétage de bretelles, mais j'ai vu au moins 200 «shows rock», peut-être même 300, depuis mon tout premier, en 1977 (Kiss au Forum, avec Cheap Trick en première partie). J'ai vu des artistes québécois dans le lot, aussi: Offenbach au Forum à trois reprises, Pagliaro, Charlebois, Éric Lapointe... et même, je le confesse, Céliiiine. Trois fois, en plus!

Or, je n'ai jamais eu l'impression, encore moins l'intention, de poser un geste politique. J'aime le rock à toutes les sauces, qu'il soit pesant, planant, léger ou carrément frivole; je l'aime même quand il est un peu sale. Mais je ne revendique absolument rien d'autre que l'amour de ce genre musical, que ce soit lorsque je vais voir les Rolling Stones à 300 $ le billet ou Plume à 45 $ au Métropolis.

Un colonisé?


J'aime le rock et il se trouve, malheureusement, que c'est un genre qui se conjugue plus souvent en anglais qu'en français. À part Lapointe, le rock dit «classique», celui de ma génération, se meurt au Québec, depuis la fin d'Offenbach et Corbeau, depuis que Charlebois ne rocke plus, depuis que Pagliaro ne fait plus de disques... Est-ce que cela fait de moi un colonisé? Un suppôt de l'impérialisme culturel anglo-saxon? Un Elvis Gratton?

Désolé, mais je refuse ces étiquettes. Et cela n'a rien à voir avec mes couleurs politiques, que je me garde bien de révéler, par pudeur (et éthique professionnelle, aussi). Vous en avez, M. Laberge, contre Metallica? Contre McCartney? Contre Elton John? Visiblement, vous avez un problème avec les monuments. Or, quels monuments avons-nous au Québec, à part Céline? Félix et Léveillée sont morts, Vigneault, Ferland et Charlebois ne sont pas éternels.

Pourquoi irais-je au spectacle de la Saint-Jean si aucun des artistes présents ne m'inspire? Pour poser un geste politique? Désolé, je ne mélange pas l'amour et la politique. Et j'aime la musique (rock, surtout), plus que n'importe quoi. Si c'est c'est ça, un Elvis Gratton, hé bien dans ce cas, je m'autoproclame Elvis Laguë.

Rock'n Roll!

***

Philippe Laguë - Journaliste
 
 
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  • lectrice assidue du devoir - Inscrite
    21 juillet 2011 07 h 34
    @Philippe
    salut Gratton
    il reste quand même que McCarthy n'aurait jamais dû être sur les plaines d'Abraham le jour du 400 ième de la ville de notre Capitale nationale, Québec.
    Jacinthe
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    21 juillet 2011 09 h 31
    Les super concerts extérieurs
    Ça fait du bien d'aller en voir un de temps en temps. Dans mon temps, c'était un "happening". Pour moi, ça l'est encore de nos jours.

    J'ai vu les Stones pour la premiére fois à Stuttgart en 1975. En 2003, j'ai "forcé" mes enfants à "participer", avec 450,000 autres fans, à leur concert SARS à Toronto, Ils m'en remercient aujourd'hui
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  • Jean Laberge - Abonné
    21 juillet 2011 10 h 07
    Cher «Elvis» Laguë
    Pour lire ma réplique, rendez-vous sur mon blogue à:
    http://enquetedesensjl.blogspot.com/2011/07/cher-m
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  • Gilles Théberge - Abonné
    21 juillet 2011 10 h 50
    Bof!
    C'est intéressant le texte d'Elvis Laguë. il commence en disant qu'il est tout à fait d'accord avec la vertu. Mon hasard à moi c'est que je lisais son texte tout en écoutant d'une oreille, Fred Pellerin répondre à l'anglophone de service chez Franco Nuovo, qu'il ne connaissaait pas un mot d'anglais ni aucun anglais. Sauf une madame à St-Élie.

    Elvis Laguë se confesse : «J'aime le rock et il se trouve, malheureusement, que c'est un genre qui se conjugue plus souvent en anglais qu'en français» écrit le journaliste. Et il ajoute «Et j'aime la musique (rock, surtout), plus que n'importe quoi. ».

    De son côté Elvis Laberge ne fait que dire que ce qu'il n'apprécie pas c'est «celui qui dénigre systématiquement ce qui est québécois parce que c’est petit et minable comparativement à tout ce qui est anglophone - les «Amaricains» comme dirait si savoureusement Elvis Gratton.».

    On dira ce qu'on voudra, mais «dans mon livre», l'impression persiste : c'est exactement, avec un peu de vernis, ce que fait Elvis Laguë.

    Elvis Laberge 1 Elvis Laguë 0
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  • Annie Beatrice - Inscrit
    21 juillet 2011 11 h 26
    Bravo!
    Bien dit!
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  • camelot - Inscrit
    21 juillet 2011 11 h 50
    Déplacé
    Je n'ai rien contre le rock, au contraire, mais ces spectacles n'ont pas leur place sur les Plaines. N'importe qui, n'importe où n'importe quand peut engager, produire et présenter ces groupes américains ou anglais. Le festival de Québec a perdu son âme. Ce n'est plus qu'un événement commercial, sans intérêt artistique ou créatif.
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  • ElPuerco - Inscrit
    21 juillet 2011 12 h 10
    À quand le métal en français au Québec???
    Encore une fois cet exemple consternant de logique binaire (que j'estime quant à moi très primaire) : "Si tu aimes un artiste/groupe d'expression anglaise, tu es donc un anti-Québécois/anti-francophone/colonisé culturel." Ça m'énaaaaaarve!!!

    Pourquoi faudrait-il voir une dimension politique à un engouement pour un artiste, qu'il soit Québécois ou étranger??? Parce qu'un passionné d'art lyrique américain ou canadien idolâtre Luciano Pavarotti, cela fait-il de lui un partisan de Berlusconi? Ce genre de réflexion est bien plus un symptôme de cette mentalité d'assiégé, de l'insécurité culturelle des "nationaleux" de chez nous qu'un argument politique rationnel.

    Les groupes de hard rock/métal québécois d'expression française existent (Les Ékorchés en sont un exemple rare, mais éloquent). Le jour où les médias québécois oseront s'aventurer hors de leur zone de confort "matantisant" et auront assez de couilles pour diffuser et promouvoir ces artistes du décibel rebelle, on pourra espérer un effet d'entrainement parmi les métalleux francophones à travers tout le Québec.

    Qui sait, peut-être un jour assisterons-nous à un mégaconcert Heavy QC sur les Plaines d'Abraham... dans la langue de Molière. On peut rêver...

    D'ici là, je veux bien encourager la relève québécoise... mais Pierre Lapointe, très peu pour moi.

    Kick ass!!!
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    21 juillet 2011 13 h 58
    Rock et politique
    La distinction entre art et politique est intéressante. Il ne faut pas tout confondre. Personnellement, je n'apprécie pas beaucoup la musique rock. Mon éducation ne m'a pas initié à tout le raffinement et toute la subtilité de cette musique... J'en suis encore, je m'en confesse, à Mozart, Schubert et Beethoven. Toutefois, il faut reconnaître que cette musique est envoutante pour la majorité de nos concitoyens.

    De là à dire qu'il n'y a aucun lien entre art et politique, il y a un pas que je n'ose franchir. Pensez-vous que les ennemis de la langue française et de la nation québécoise ne se réjouissent pas de voir ces derniers se précipiter en masse pour écouter en anglais cette musique rassembleuse et jusqu'à un certain point assimilatrice? Que ce soit U2 ou Offenback, que ce soit Metallica ou Erick Lapointe, il s'agit du même genre de musique qui touche des instincts et des sentiments très profondément enracinés dans la n’autre humaine. Cependant, lorsque ces sentiments et instincts sont exprimés surtout en anglais, ce n'est peut-être pas tout à fait sans conséquence. Cela contribue à renforcer l'idéologie de la mondialisation et de la globalisation: nous sommes tous des fédéralistes et des anglophones.

    Toutefois, la situation n'est peut-être pas désespérée. Les Félix Leclerc, Gille Vignault, Claude Léveillée sont apparus en réaction à tout le mouvement d'aliénation des Québécois des années 50 et 60 envoutés par les Elvis Presley, Paul Anka et autres Beach Boys...

    Bernard Dupuis, Berthierville
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  • Ginette Bertrand - Inscrite
    21 juillet 2011 20 h 27
    Aliénation
    Qu'est-ce que j'en ai marre qu'on traite d'aliénés et de colonisés les gens (dont je suis) qui aimaient et aiment encore des Elvis Presley, Paul Anka et autres Beach Boys; Pink Floyd, McCartney, Metallica, U2, name it. Est-ce que les Australiens, les Japonais, les Hollandais, bref, le monde entier, qui aiment Céline Dion sont aussi des colonisés et des aliénés? Je renonce à comprendre.
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  • Rémi Bourget - Inscrit
    21 juillet 2011 22 h 29
    bien envoyé, M. Lagüe!
    Malheureusement, j'ai manqué le spectacle de Metallica à Québec, ainsi que le dernier de U2, à Montréal. Mais l'article rempli de mépris auquel vous avez répondu m'avait moi aussi interpellé (peut-être parce que je suis amèrement déçu de ne pas avoir assisté à ces spectacles historiques).

    Quel snobisme et quelle dérive identitaire! Maintenant, pour répondre au premier texte, deux raisons expliquent qu'il y avait moins de monde à la St-Jean à Québec: 1) le mauvais temps; 2)La répression de Labeaume contre la bière en haute ville. C'est tout.

    Finalement, il faut vraiment être borné pour croire qu'il est impossible d'apprécier les monuments de la musique rock internationale comme Métallica, U2 et McCartney ainsi que la musique Québécoise. J'ai du Metallica dans mon Ipod. J'ai aussi du Karkwa, du Malajube, Yann Perreau, Galaxie, Radio Radio, etc.
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  • Rémi Bourget - Inscrit
    21 juillet 2011 22 h 31
    @lectrice assidue du devoir
    Vous faites une faute dans McCartney. Mais la façon dont vous l'épelez donne un lapsus tout à fait savoureux!
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