Nuits d'Afrique Sound System: le phénomène de la World 2.0
Photo : Productions Nuits d’Afrique
Valeo, Jeune Premier et Bendude, les trois DJ de Masala
À retenir
- Nuits d'Afrique Sound System à la SAT à 22h. Ce soir: Uproot Andy, Boogat, Dos Mundos Radio DJ, Masala Dj et le VJ Jérôme Delapierre.
- Demain soir: Mr OK, Poirier + Face T, DJ Kyabu et ses danseurs de kuduro, les DJ Masala et Jérôme Delapierre. Renseignements: 514 844-2033, 514 499-FINA,
- www.festivalnuitsdafrique.com
Pour son 25e anniversaire, le Festival international Nuits d'Afrique (FINA) célèbre les pointures qui ont marqué les époques, mais accorde également une importante tribune à l'innovation. À preuve, cette nouvelle série Nuits d'Afrique Sound System conçue avec l'équipe de Masala, figure de proue montréalaise de la scène World 2.0.
À la Société des arts technologiques (SAT), un lieu parfaitement équipé pour accueillir les DJ, on offre ce soir une prestation à tendance latino avec Uproot Andy, Boogat en direct et Dos Mundos Radio DJs, alors que demain, Mr OK, Poirier + Face T et DJ Kyabu et ses danseurs de kuduro pimenteront la soirée de rythmes africains et caribéens.
Incarnation d'une nouvelle musique urbaine internationale, le phénomène de la World 2.0 est en pleine ébullition: «On a souvent tendance à chercher l'exotisme des musiques faites ailleurs en pensant que tout le monde vit dans l'imagerie du tambour du village, alors qu'en réalité, la plupart des jeunes de la planète font aujourd'hui leur musique sur des PC», affirme Guillaume Decouflet, alias Valeo, l'un des trois DJ de Masala qui seront aussi des deux soirées.
Et comment Valeo explique-t-il ce phénomène? «Les ordis sont de plus en plus diffusés partout et plusieurs y ont accès par les moyens communautaires. Par exemple, dans chaque favela brésilienne, tu trouves des centres communautaires équipés de trois ou quatre PC et les jeunes piratent des logiciels de création de musique. Je pense que c'est plus démocratique que l'on pense et c'est relié plus directement du producteur au consommateur, sans le filtre des grosses compagnies et tous les intermédiaires. Les jeunes font preuve de beaucoup d'imagination et retirent une forte identité des traditions locales, tout en les renouvelant.»
Dorénavant, une partie de la planète bat au rythme de la machine et les genres urbains se développent à une vitesse effarante: dancehall jamaïcain, baile funk brésilien, nu-cumbia argentine ou colombienne, reggaeton latino, coupé décalé ivoirien, kwaito sud-africain, house de Durban, balani malien, kuduro angolais... La liste est encore longue et toutes ces tendances sont diffusées à CISM par l'équipe de Masala qui alimente aussi un blogue, anime des soirées et gère Malasacism Records, l'étiquette digitale qui a lancé depuis un an des créations de MaSuper Star, A Tribe Called Red et Mr OK, qui sera demain ce soir à la SAT.
«Il fait un rap créole très inspiré par le konpa et le rara, en plus d'ajouter une bonne dose de dubstep et d'autres styles électro», raconte Valeo. Le rappeur de Port-au-Prince qui est maintenant installé à Montréal partagera la scène avec DJ Kyabu, un Torontois de souche angolaise qui proposera un set comprenant beaucoup de house africaine et du kuduro avec deux danseurs de ce genre très acrobatique.
Et il y a Poirier + Face T. «Poirier travaille de façon plus jamaïcaine en ne se contentant pas d'enchaîner les morceaux sans que tu t'en rendes compte comme dans un rave. Dans la manière jamaïcaine, un chanteur-rapeur improvise sur les beats du DJ», explique Valeo. Face T, un adepte du dancehall, occupera ce rôle.
Ce soir, Nuits d'Afrique Sound System met en évidence Dos Mundos DJ Radio, pendant torontois de Masala en plus latino et plus activiste à la fibre vibrante, de même que le Montréalais Boogat, en formule plus proche de la chanson, accompagné par Poirier en DJ et Kiko Osorio aux percussions. En tête d'affiche, Uproot Andy le DJ, producteur-mixeur empreint entre autres de nu-cumbia et considéré comme le chef de file de la World 2.0 latina à l'extérieur des pays latino-américains: «Toutes ses musiques sont émotionnelles et vachement mélodiques», conclut Valeo. Voilà qui devrait nourrir les 25 prochaines années du FINA.
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Collaborateur du Devoir
À la Société des arts technologiques (SAT), un lieu parfaitement équipé pour accueillir les DJ, on offre ce soir une prestation à tendance latino avec Uproot Andy, Boogat en direct et Dos Mundos Radio DJs, alors que demain, Mr OK, Poirier + Face T et DJ Kyabu et ses danseurs de kuduro pimenteront la soirée de rythmes africains et caribéens.
Incarnation d'une nouvelle musique urbaine internationale, le phénomène de la World 2.0 est en pleine ébullition: «On a souvent tendance à chercher l'exotisme des musiques faites ailleurs en pensant que tout le monde vit dans l'imagerie du tambour du village, alors qu'en réalité, la plupart des jeunes de la planète font aujourd'hui leur musique sur des PC», affirme Guillaume Decouflet, alias Valeo, l'un des trois DJ de Masala qui seront aussi des deux soirées.
Et comment Valeo explique-t-il ce phénomène? «Les ordis sont de plus en plus diffusés partout et plusieurs y ont accès par les moyens communautaires. Par exemple, dans chaque favela brésilienne, tu trouves des centres communautaires équipés de trois ou quatre PC et les jeunes piratent des logiciels de création de musique. Je pense que c'est plus démocratique que l'on pense et c'est relié plus directement du producteur au consommateur, sans le filtre des grosses compagnies et tous les intermédiaires. Les jeunes font preuve de beaucoup d'imagination et retirent une forte identité des traditions locales, tout en les renouvelant.»
Dorénavant, une partie de la planète bat au rythme de la machine et les genres urbains se développent à une vitesse effarante: dancehall jamaïcain, baile funk brésilien, nu-cumbia argentine ou colombienne, reggaeton latino, coupé décalé ivoirien, kwaito sud-africain, house de Durban, balani malien, kuduro angolais... La liste est encore longue et toutes ces tendances sont diffusées à CISM par l'équipe de Masala qui alimente aussi un blogue, anime des soirées et gère Malasacism Records, l'étiquette digitale qui a lancé depuis un an des créations de MaSuper Star, A Tribe Called Red et Mr OK, qui sera demain ce soir à la SAT.
«Il fait un rap créole très inspiré par le konpa et le rara, en plus d'ajouter une bonne dose de dubstep et d'autres styles électro», raconte Valeo. Le rappeur de Port-au-Prince qui est maintenant installé à Montréal partagera la scène avec DJ Kyabu, un Torontois de souche angolaise qui proposera un set comprenant beaucoup de house africaine et du kuduro avec deux danseurs de ce genre très acrobatique.
Et il y a Poirier + Face T. «Poirier travaille de façon plus jamaïcaine en ne se contentant pas d'enchaîner les morceaux sans que tu t'en rendes compte comme dans un rave. Dans la manière jamaïcaine, un chanteur-rapeur improvise sur les beats du DJ», explique Valeo. Face T, un adepte du dancehall, occupera ce rôle.
Ce soir, Nuits d'Afrique Sound System met en évidence Dos Mundos DJ Radio, pendant torontois de Masala en plus latino et plus activiste à la fibre vibrante, de même que le Montréalais Boogat, en formule plus proche de la chanson, accompagné par Poirier en DJ et Kiko Osorio aux percussions. En tête d'affiche, Uproot Andy le DJ, producteur-mixeur empreint entre autres de nu-cumbia et considéré comme le chef de file de la World 2.0 latina à l'extérieur des pays latino-américains: «Toutes ses musiques sont émotionnelles et vachement mélodiques», conclut Valeo. Voilà qui devrait nourrir les 25 prochaines années du FINA.
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