Le village U2 surgit dans la ville
Le producteur a organisé un Fan Jam en bordure de l'amphithéâtre, un mini-Woodstock de la consommation, où l'on passait le temps en attendant le spectacle
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
180 000 personnes étaient attendues pour les spectacles du célèbre groupe irlandais présentés hier soir et ce soir à Montréal.
C'est un véritable village qui a surgi hier dans un secteur un peu perdu de Montréal, le long de l'autoroute Décarie. Le village U2, un mélange de commerce, de bonnes œuvres et de gigantisme.
Le gigantisme, c'est l'ampleur du projet, bien sûr, devant lequel tous les médias s'extasient depuis quelques jours. Un amphithéâtre temporaire de 80 000 places a été construit sur le site de l'Hippodrome, l'ancien Blue Bonnets, et 180 000 personnes étaient attendues pour les spectacles du célèbre groupe irlandais présentés hier soir et ce soir.
Dès la sortie du métro, à dix minutes de marche, les fans convergeaient vers «The Claw» (la griffe), une énorme structure de 90 pieds de haut, avec des pylônes atteignant 150 pieds, qui enserre la scène où se produit U2. Un clocher qu'on voit de loin, pour la religion du groupe rock le plus populaire de la planète.
Pour faire patienter tous ces fans, le producteur Evenko avait organisé un Fan Jam, un tailgate de 200 000 pieds carrés en bordure de l'amphithéâtre.
Kiosques de nourriture et de boissons, fruits frais et rhum, jeux de PlayStation, jeunes filles blondes qui dansent sur une estrade de Budweiser, bref, c'était un peu un mini-Woodstock de la consommation, où l'on passait le temps en attendant le spectacle.
Ce Fan Jam avait ouvert ses portes à midi, et, après le spectacle, à 23h, il était prévu que les fans continuent à y faire la fête.
Aligner des chiffres
On pourrait aligner les statistiques pour démontrer que ce spectacle est «le» spectacle de l'année à Montréal, avec cet amphithéâtre surgi du sol et de la poussière en deux mois (une folie!) et toutes ces rues fermées à un kilomètre à la ronde.
On pourrait additionner les 109 semi-remorques pour la scène, les 900 camions des divers fournisseurs locaux, l'écran vidéo cylindrique de 54 tonnes et ainsi de suite.
Il faudrait surtout rappeler que, avec plus de 700 millions de beaux dollars, l'actuelle tournée «360» de U2, qui a débuté il y a deux ans à Barcelone, est maintenant la plus lucrative de l'histoire, devant les tournées des Rolling Stones, de Madonna et de Céline Dion des dix dernières années. Dix-huit villes au Canada et aux États-Unis sont prévues cet été.
Mais ce gigantisme laisse place, de temps en temps, aux bonnes oeuvres. Solène, rencontrée à l'entrée de l'amphithéâtre, faisait signer une pétition pour sauver le delta du Niger pollué par le pétrole.
Elle portait le t-shirt officiel d'Amnistie internationale et de la tournée. «C'est un partenariat entre Bono et Amnistie», expliquait-elle. Tous ceux qui signent reçoivent un petit macaron «pour ne pas qu'on les sollicite encore», ajoute-t-elle.
En guise de récompense, ils étaient 30 bénévoles hier soir, et ils sont 30 autres ce soir, à assister au spectacle dans la section VIP.
Assister à un spectacle de U2, c'est aussi pouvoir vivre avec ce genre de contradictions. Dans le Fan Jam, la bière et les sandwiches étaient hors de prix, les 80 000 spectateurs laisseront évidemment des montagnes de déchets, mais en même temps on vous explique que 16 arbres matures ont été minutieusement relocalisés sur le site l'année dernière et se portent à merveille aujourd'hui (le spectacle devait d'abord se tenir en juillet 2010, mais il avait été annulé à cause des problèmes de dos de Bono).
Certains fans étaient arrivés depuis deux ou trois jours. Un noyau de fans avaient même organisé un système pour gérer l'attente, en prenant le nom de chaque personne et en lui accordant un numéro inscrit sur la main, afin que soit respecté le principe du premier arrivé, premier servi. «C'est l'autogestion du chaos par les fans», faisait remarquer Nathalie, qui était bien placée parmi les 200 premiers.
Le gigantisme, c'est l'ampleur du projet, bien sûr, devant lequel tous les médias s'extasient depuis quelques jours. Un amphithéâtre temporaire de 80 000 places a été construit sur le site de l'Hippodrome, l'ancien Blue Bonnets, et 180 000 personnes étaient attendues pour les spectacles du célèbre groupe irlandais présentés hier soir et ce soir.
Dès la sortie du métro, à dix minutes de marche, les fans convergeaient vers «The Claw» (la griffe), une énorme structure de 90 pieds de haut, avec des pylônes atteignant 150 pieds, qui enserre la scène où se produit U2. Un clocher qu'on voit de loin, pour la religion du groupe rock le plus populaire de la planète.
Pour faire patienter tous ces fans, le producteur Evenko avait organisé un Fan Jam, un tailgate de 200 000 pieds carrés en bordure de l'amphithéâtre.
Kiosques de nourriture et de boissons, fruits frais et rhum, jeux de PlayStation, jeunes filles blondes qui dansent sur une estrade de Budweiser, bref, c'était un peu un mini-Woodstock de la consommation, où l'on passait le temps en attendant le spectacle.
Ce Fan Jam avait ouvert ses portes à midi, et, après le spectacle, à 23h, il était prévu que les fans continuent à y faire la fête.
Aligner des chiffres
On pourrait aligner les statistiques pour démontrer que ce spectacle est «le» spectacle de l'année à Montréal, avec cet amphithéâtre surgi du sol et de la poussière en deux mois (une folie!) et toutes ces rues fermées à un kilomètre à la ronde.
On pourrait additionner les 109 semi-remorques pour la scène, les 900 camions des divers fournisseurs locaux, l'écran vidéo cylindrique de 54 tonnes et ainsi de suite.
Il faudrait surtout rappeler que, avec plus de 700 millions de beaux dollars, l'actuelle tournée «360» de U2, qui a débuté il y a deux ans à Barcelone, est maintenant la plus lucrative de l'histoire, devant les tournées des Rolling Stones, de Madonna et de Céline Dion des dix dernières années. Dix-huit villes au Canada et aux États-Unis sont prévues cet été.
Mais ce gigantisme laisse place, de temps en temps, aux bonnes oeuvres. Solène, rencontrée à l'entrée de l'amphithéâtre, faisait signer une pétition pour sauver le delta du Niger pollué par le pétrole.
Elle portait le t-shirt officiel d'Amnistie internationale et de la tournée. «C'est un partenariat entre Bono et Amnistie», expliquait-elle. Tous ceux qui signent reçoivent un petit macaron «pour ne pas qu'on les sollicite encore», ajoute-t-elle.
En guise de récompense, ils étaient 30 bénévoles hier soir, et ils sont 30 autres ce soir, à assister au spectacle dans la section VIP.
Assister à un spectacle de U2, c'est aussi pouvoir vivre avec ce genre de contradictions. Dans le Fan Jam, la bière et les sandwiches étaient hors de prix, les 80 000 spectateurs laisseront évidemment des montagnes de déchets, mais en même temps on vous explique que 16 arbres matures ont été minutieusement relocalisés sur le site l'année dernière et se portent à merveille aujourd'hui (le spectacle devait d'abord se tenir en juillet 2010, mais il avait été annulé à cause des problèmes de dos de Bono).
Certains fans étaient arrivés depuis deux ou trois jours. Un noyau de fans avaient même organisé un système pour gérer l'attente, en prenant le nom de chaque personne et en lui accordant un numéro inscrit sur la main, afin que soit respecté le principe du premier arrivé, premier servi. «C'est l'autogestion du chaos par les fans», faisait remarquer Nathalie, qui était bien placée parmi les 200 premiers.
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