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Dans le village U2

8 juillet 2011 18h17 | Paul Cauchon | Musique
Des fans attendent l'ouverture des portes pour le spectacle de U2, ce soir à Montréal. <br />
Photo : Jacques Nadeau -Le Devoir Des fans attendent l'ouverture des portes pour le spectacle de U2, ce soir à Montréal.
C'est le village U2, un mélange de commerce, de bonnes oeuvres et de gigantisme. A l'ombre de l'énorme structure de 90 pieds de haut, avec des pylônes qui atteignent 150 pieds, des milliers de fans attendaient avec impatience cet après-midi que commence le spectacle du célèbre groupe irlandais.

Pour les faire patienter, le producteur Evenko avait organisé un Fan Jam, un «tailgate» de 200 000 pieds carrés en bordure de l'amphithéâtre.

Kiosques de nourriture et de boissons, fruits frais et rhum, jeux de PlayStation, jeunes filles blondes qui dansent sur une estrade de Budweiser, bref c'est un peu le cirque bon enfant, où l'on consomme en attendant le spectacle.

Ce Fan Jam a ouvert ses portes à midi, et après le spectacle, à 23h, les fans pourront encore y faire la fête.

Le gigantisme, c'est l'ampleur du projet, bien sûr, pour lequel tous les médias s'extasient depuis quelques jours. Un amphithéâtre temporaire de 80 000 places construit sur le site de l'Hippodrome, l'ancien Blue Bonnets, et 180 000 personnes attendues pour les spectacles de ce soir et demain.

On pourrait aligner les statistiques pour démontrer que ce spectacle est sans contredit le spectacle de l'année à Montréal, avec cet amphithéâtre surgit du sol et de la poussière en deux mois, une folie, et toutes ces rues fermées à un kilomètre à la ronde. On pourrait additionner  les 109 semi-remorques pour la scène, les 900 camions de divers fournisseurs locaux, l'écran vidéo cylindrique de 54 tonnes, et ainsi de suite.

On peut aussi rappeler qu'avec plus de 700 millions de beaux dollars, l'actuelle tournée 360 de U2 est la plus lucrative de l'histoire, devant les tournées des Rolling Stones, de Madonna ou de Céline Dion.

Mais ce gigantisme laisse place, de temps en temps, aux bonnes oeuvres. Solène, rencontrée à l'entrée de l'amphithéâtre, fait signer une pétition pour sauver le delta du Niger pollué par le pétrole.

Elle porte le t-shirt officiel de Aministie internationale et de la tournée. «C'est un partenariat entre Bono (le chanteur de U2) et Amnistie», dit-elle. Tous ceux qui signent reçoivent un petit macaron «pour ne pas qu'on les sollicite encore».

En guise de récompense, ils seront 30 bénévoles ce soir, et 30 autres demain, à assister au spectacle dans la section V.I.P.

Devant l'entrée de l'amphithéâtre, sous le chaud soleil de juillet, ils sont quelques milliers à attendre l'ouverture des portes. Ce sont 40 000 fans qui ont des billets pour un siège dans les gradins, mais 40 000 qui ont un billet pour une «entrée générale» sur l'immense parterre autour de l'énorme structure centrale dite «The Claw» (la griffe). Certains sont arrivés depuis 2 jours, et même trois.

De façon étonnante, il ne semble pas y avoir de cohue. Les fans purs et durs de U2 sont très policés. Un noyau de fans a organisé un système pour gérer l'attente, en prenant le nom de chaque personne et en leur accordant un numéro inscrit sur la main, afin que soit respecté le principe du premier arrivé, premier servi. «C'est l'autogestion du chaos par les fans» remarque Nathalie, bien placée parmi les 200 premiers.


 
 
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