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Rêveur de pays et d'amour absolu

18 juin 2011 | Monique Giroux - Animatrice à Espace Musique | Musique
Claude, je n'ai pas l'habitude de parler aux morts. Mais toi, c'est pas pareil. Je te reparle enfin.

Qu'en voilà une drôle d'idée de ne pas être mort sur scène, seulement presque. Toi qui y as mis toutes tes tripes, tes mots, tes maux, tes monts et tes merveilles, tes rêves de pays et d'amour absolu, toi, tout seul, tu aurais bien pu nous faire ce coup-là.

Mais tu as attendu, isolé de toi-même. Pas une fois, pendant ces sept années, je ne t'ai vu prisonnier de ta paralysante carcasse. Juste imaginé. Pas même parlé. Plus de démonstration de tracteur ou de patates à couper, plus de plan de jardin ou de léchouilles des chiens. C'est comme ça. Sans doute qu'il ne fallait pas. Tout de même, on se savait exister, donc il y avait de l'espoir.

Toi tout cru, cultivateur d'extraordinaire, inquiet toujours parce qu'autrement ça ne vaut pas le coup, tu as continué d'imaginer musiques et spectacles, peut-être même «La légende du cheval noir». Et puis... rien.

La vie, c'est pas comme les chansons, ça finit toujours mal.

Je serai à Paris samedi quand on te rendra hommage. Décidément, je n'aurai pas connu tes plus mauvais jours. C'est comme ça. Sans doute qu'il ne fallait pas.

Léveillée, tu étais l'idole de mon père. S'il te plaît, embrasse-le pour moi.

Je t'aime.

Salut.

***

Monique Giroux - Animatrice à Espace Musique
 
 
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