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La Bohème à l'Opéra de Montréal - Marianne Fiset et le rôle de ses rêves

Christophe Huss   20 mai 2011  Musique
Marianne Fiset fera, dans le rôle de Mimi, ses premiers pas de vedette sur la scène de l’Opéra de Montréal. À sa gauche, Antoine Bélanger interprétera Rodolfo.<br />
Photo : Photo Yves Renaud
Marianne Fiset fera, dans le rôle de Mimi, ses premiers pas de vedette sur la scène de l’Opéra de Montréal. À sa gauche, Antoine Bélanger interprétera Rodolfo.

À retenir

L'Opéra de Montréal termine sa saison 2010-2011, à partir de demain soir, avec une nouvelle production de La Bohème de Puccini. Caractéristique notable: la distribution est entièrement canadienne.

Marianne Fiset, lauréate du Concours musical international de Montréal (CMIM) en 2007, fera, dans le rôle de Mimi, ses premiers pas de vedette sur la scène de l'Opéra de Montréal, une scène qu'elle connaît bien pour avoir été membre de l'Atelier lyrique. Depuis sa victoire au CMIM, elle n'y a chanté que le rôle de Lauretta dans la production de Gianni Schicchi.

Son amoureux, Rodolfo, sera Antoine Bélanger, alors que Lara Ciekiewicz incarnera Musetta. Parmi les comparses de Rodolfo, on trouvera Étienne Dupuis en Marcello, Pierre Rancourt en Schaunard et Alexandre Sylvestre en Colline.

Une carrière patiente


L'écart temporel entre la victoire au concours de Montréal en 2007 et le fait de se retrouver dans un premier rôle à l'Opéra en 2011 est tout à fait normal compte tenu des délais de planification en cours dans le métier. Après avoir glané son

trophée, puis le titre de révélation des Radios francophones publiques en 2008, Marianne Fiset a enchaîné tout d'abord les concerts et les récitals.

Chanter le rôle de Mimi dans La Bohème, à Montréal, est l'accomplissement d'un rêve: «C'est le premier grand rôle qu'on me propose ici. Or, depuis que j'ai commencé, j'ai toujours voulu chanter ce rôle. Imaginez: mon rôle préféré, à la maison, avec, dans la distribution, ceux qui sont mes amis dans la vraie vie. Cela ne m'arrivera qu'une fois dans ma vie!», dit Marianne Fiset au Devoir.

L'ingratitude acoustique de la salle Wilfrid-Pelletier ne fait pas trop peur à la soprano: «Oui, certes, la dernière personne au balcon doit tout entendre. Mais il ne faut pas paniquer, nous avons été formés pour cela. Wilfrid-Pelletier n'est pas la salle dans laquelle la voix est le mieux servie, mais on peut faire avec.»

Après La Bohème, Marianne Fiset aimerait chanter Suor Angelica et Madame Butterfly, mais pas avant cinq ans. Parmi les rôles qu'elle travaille, elle évoque deux opéras, La Traviata et Eugène Onéguine: «Peut-être que dans deux ans ma Violetta sera prête. Je travaille aussi Tatiana; dans un an, cela devrait aller.» Un jour Marianne rêve de chanter Aida, «même s'il faut attendre l'âge de 50 ans».

Cet été, Marianne Fiset participera au Vampire de Marschner au Festival de Lanaudière et prendra ensuite quelques semaines pour perfectionner le rôle-titre de Manon de Massenet, puisqu'elle sera à Paris de novembre à février dans la seconde distribution de l'Opéra de Paris-Bastille. Huit des dix représentations seront assurées par Natalie Dessay, les deux restantes par Marianne Fiset, qui officiera aussi en tant que doublure de la soprano-vedette française.

Par la suite, Marianne Fiset envisage un développement plutôt européen de sa carrière, pour des raisons très pragmatiques d'ailleurs: «Les maisons américaines sont souvent si grandes qu'elles demandent des voix beaucoup plus charnues pour des rôles que je pourrais très bien tenir dans une maison européenne.»

La Bohème de Montréal sera dirigée par Giuseppe Pietraroia à la tête de l'Orchestre métropolitain et mise en scène par Alain Gauthier dans des décors d'Olivier Landreville éclairés par Claude Accolas.

 
 
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