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Duran Duran au National - Retour aux sources

27 avril 2011 | Julie Carpentier | Musique
John Taylor et Simon Le Bon lors d’un spectacle en Californie le 17 avril dernier.<br />
Photo : Agence Reuters Mike Blake John Taylor et Simon Le Bon lors d’un spectacle en Californie le 17 avril dernier.
Duran Duran signe avec son 13e album studio All You Need Is Now une renaissance qu'on attendait depuis quelques années déjà. Hier, au National, le groupe britannique, icône de la musique pop, a prouvé sa pertinence en 2011. Après un détour plus rock au cours des années 1990-2000, voici les membres fondateurs Simon Le Bon, John Taylor, Roger Taylor et Nick Rhodes de retour aux sources.

Ce n'est pas un incident de son, complètement disparu au tiers de la première chanson Planet Earth, qui allait déstabiliser le chanteur. Il se l'est joué a capella, enterré par la foule qui a repris le deuxième tiers pendant que les techniciens couraient derrière la scène. Puis, le son de la batterie est revenu, Simon Le Bon a repris son micro dans la poche arrière de son jean noir, et la soirée était lancée.

«Bonsoir, we are here for your pleasure», a susurré à la foule déjà conquise un suave Simon Le Bon qui porte dorénavant la barbe.

Pour rappel, Duran Duran, c'est plus de 80 millions d'albums vendus et quelques-uns des plus mémorables hits des années 1980. Et le groupe n'est pas de ceux qui opiniâtrement ne jouent que le matériel nouveau. Hungry Like the Wolf en deuxième chanson a fait exploser de joie la foule bigarrée.

Puis, le groupe nous a offert son nouveau CD, en magasin depuis un mois. Produit par Mark Ronson (Lily Allen, Amy Winehouse, Adele), fan de la première heure, ce dernier a en quelque sorte ressuscité le son Duran Duran. En fait, son idée était d'imaginer All You Need Is Now comme la suite de l'incontournable Rio, sorti en 1982. D'où le retour à la pop saturée de synthétiseurs, un son léché mais bourré d'émotion et de sensibilité nostalgique.

Il y a donc du Save a Prayer dans la très belle ballade Leave a Light On, des réminiscences de The Reflex dans l'hypnotique Girl Panic!, qui devrait être un succès.

Habitués aux stades et arénas, les membres du «Fab Five» — moins le guitariste Andy Taylor, qui n'a pas voulu revenir aux sources... — avaient l'air un peu à l'étroit sur la petite scène du National. Puis, le mélange de souvenirs (Notorious, Ordinary World, Friends of Mine et The Chauffeur) et de nouvelles chansons (Being Followed, Safe (In the Heat of the Moment), Blame the Machines — vintage et contemporaine à la fois) a pris toute la place.

Durant Reach Up for the Sunrise, on pouvait vraiment croire que Duran Duran avait décroché le soleil tellement il faisait chaud dans la salle. Et Simon Le Bon, toujours en voix, atteignant des aiguës qu'on ne lui soupçonnait plus.

Puis, paroxysme, Wild Boys est venu clore le spectacle en une vague d'énergie. Au moment d'écrire ces lignes, le premier rappel avait lieu, avec sans doute The Reflex, «la chanson qui a changé nos vies» comme l'a déjà qualifiée John.
 
 
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