Concerts classiques - La leçon de français
À retenir
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Les grands concerts
Beethoven: Concerto pour piano n° 5, «Empereur». Debussy: La Mer. Stravinski: L'Oiseau de feu (suite, 1919). Anton Kuerti (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Rafael Frühbeck de Burgos. Salle Wilfrid Pelletier, mardi 12 avril. Reprise ce soir.
Les spectateurs qui ont assisté, dimanche, au concert de l'Orchestre national de France, puis, hier, à celui de l'OSM ont probablement eu le choc esthétique de leur vie. On ne peut en effet imaginer plus opposés que l'épais naufrage debussyste de l'orchestre français et la fluide et lumineuse interprétation de La Mer sous la direction de Rafael Frühbeck de Burgos.
Le répertoire du très éphémère ancien directeur musical tourne un peu sur lui-même, mais on ne peut reprocher au chef de 77 ans de ne pas aller au coeur de la musique qu'il dirige. Il a su dépeindre une Mer en perpétuel mouvement, plus allante que dans l'interprétation de Charles Dutoit, et dont le spectre sonore soignait les fréquences aiguës et les couleurs scintillantes, avec un sens rare des alliages et de la transparence.
Précis et méticuleux, Rafael Frühbeck de Burgos ne s'attarde jamais, ce qui donne à sa musique - que ce soit dans Debussy ou Stravinski - une grande force. L'esthétique sonore des deux oeuvres devient proche, avec une manière admirable de ciseler les nuances et d'articuler le discours. L'orchestre s'est surpassé pour servir ces visions, reposant sur ses vedettes habituelles, Hutchins et Baskin, mais aussi sur le bassoniste, sublime dans la Berceuse de L'oiseau de feu, et sur une section de cordes emmenée par un Andrew Wan se démenant comme un forcené.
Avec Anton Kuerti, le pianiste beethovénien du pays, ce sont 150 ans d'expérience qui se trouvaient sur scène pour un Empereur plus poétique que pugnace, aux traits jamais appuyés. Les quelques erreurs de Kuerti ne comptent pas par rapport à la tenue élégante de son jeu splendidement phrasé et accompagné avec patience et attention.
Le répertoire du très éphémère ancien directeur musical tourne un peu sur lui-même, mais on ne peut reprocher au chef de 77 ans de ne pas aller au coeur de la musique qu'il dirige. Il a su dépeindre une Mer en perpétuel mouvement, plus allante que dans l'interprétation de Charles Dutoit, et dont le spectre sonore soignait les fréquences aiguës et les couleurs scintillantes, avec un sens rare des alliages et de la transparence.
Précis et méticuleux, Rafael Frühbeck de Burgos ne s'attarde jamais, ce qui donne à sa musique - que ce soit dans Debussy ou Stravinski - une grande force. L'esthétique sonore des deux oeuvres devient proche, avec une manière admirable de ciseler les nuances et d'articuler le discours. L'orchestre s'est surpassé pour servir ces visions, reposant sur ses vedettes habituelles, Hutchins et Baskin, mais aussi sur le bassoniste, sublime dans la Berceuse de L'oiseau de feu, et sur une section de cordes emmenée par un Andrew Wan se démenant comme un forcené.
Avec Anton Kuerti, le pianiste beethovénien du pays, ce sont 150 ans d'expérience qui se trouvaient sur scène pour un Empereur plus poétique que pugnace, aux traits jamais appuyés. Les quelques erreurs de Kuerti ne comptent pas par rapport à la tenue élégante de son jeu splendidement phrasé et accompagné avec patience et attention.
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