Vitrine du disque
Il faut absolument se mettre dans l'oreille ce mini-LP des Montréalais The Stills. Pas seulement parce que le magazine Rolling Stone a placé ces derniers dans son top-10 des prochains groupes à surveiller, mais aussi parce que le RS a sans aucun doute raison d'avoir sélectionné ces quatre Montréalais en cavale à New York. De mouture lo-fi, la pop mélancolique et un brin sombre de The Stills peut rappeler Joy Division, New Order ou avec un sens de la composition proche de Echo and the Bunnymen. Elle ne rebutera pas les amateurs d'Interpol, avec qui The Stills a d'ailleurs déjà tourné (et les Yeah Yeah Yeah's).
Avant d'avoir entre les mains le premier album complet, Logic Will Break Your Heart, qui devrait paraître le 7 octobre sur Vice Records, ce mini-album de trois titres est parfaitement alléchant. Tim Fletcher (chant), Dave Hamelin (batterie), Greg Paquet (guitare) et Oliver Crow (bassiste) puisent dans le côté sombre des années 80 pour aboutir avec un autre de ces disques issus de New York qui vont permettre de repositionner quelque peu le rock d'aujourd'hui. Avec le refrain de Still In love Song et son clin d'oeil parfaitement assumé à This Is Not A Love Song de P.I.L., les ambiances recherchées et acoustiques de Talk To Me ou encore la plus nerveuse Killer Bees, ces trois pièces sont une réussite complète.
Bernard Lamarche
DE LOUSED IN THE COMATORIUM
The Mars Volta
(Universal)
Après Relationship Of Command, c'était déjà la fin pour At The Drive In. L'un des meilleurs groupes rock de la dernière décennie venait de s'écrouler sous la pression du business. Alors que Ward, Hajjar et Honojos se réfugiaient de manière peu convaincante autour de Sparta, Cedric Bixler ainsi qu'Omar Rodriguez avaient déjà une meilleure idée en tête. Après un maxi plutôt brouillon, The Mars Volta arrive enfin avec un premier album qui suit de près un triste épisode. Le mois dernier, le manipulateur sonore du groupe, Jeremy Ward, succombait à une surdose d'héroïne juste avant la parution de ce De Loused In The Comatorium. Que dire alors de ce projet-concept qui chevauche à la fois le hard rock, le free-jazz, l'ambiant, ainsi que le dub? On a affaire sans aucun doute à l'une des sorties les plus ambitieuses de 2003 jusqu'à maintenant. Avec l'aide d'un bon nombre de copains, Cedric et Omar viennent de donner naissance à leur Kid A à eux. À l'apogée du succès en 2000 (on parlait d'At The Drive à l'époque comme du prochain Nirvana), le mieux est peut-être de tout foutre en l'air désormais. Les longues pièces de De Loused flirtent avec un rock expansif (pour ne pas dire progressif) qui va dans les nombreuses directions possibles. On sent les influences de Miles Davis, de Led Zeppelin, de Fugazi, voire de Pink Floyd. Avec Rick Rubin à la réalisation, on a affaire à quelque chose d'aussi baroque que grandiose. Une oeuvre instinctive et imprévisible.
David Cantin
***
Francophone
DEUX HOT DOGS MOUTARDE CHOU
Les Georges Leningrad
(Blow The Fuse-Fusion III)
L'ovni musical le plus étrange de la scène indépendante montréalaise est de retour. Enfin, presque. Chez Blow The Fuse, on relance l'un des albums les plus déroutants (dans le bon sens du terme) de 2002 avec un petit extra: Deux Hot Dogs Moutarde Chou du «monstre à quatre têtes» Les Georges Leningrad. Plus audacieux que jamais, ce groupe de «rock pétrochimique» prêche les vertus d'un dadaïsme électro-cheap-absurde impossible à décrire. De plus, on n'est pas les seuls à adorer le résultat irrévérencieux: le très réputé label anglais Rough Trade vient d'inclure l'anti-succès Georges V sur sa compilation Post Punk 01. Un honneur fort mérité pour ce quatuor qui s'inspire de l'héritage des Nina Hagen, Butthole Surfers ou encore Half Man Half Biscuit. Ce mélange de new wave eighties crasseux et de punk terroriste a tout pour effrayer le commun des mortels. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil à la pochette aussi indescriptible que son contenu. Toutefois, il faut aussi savoir apprivoiser l'humour corrosif du quatuor. À haut volume, Bad Smell, Prince R. et Cocktail Vampire ne manqueront sûrement pas de déplaire aux voisins. Longue vie (on l'espère) aux Georges Leningrad!
D. C.
***
Électro
Café Lounge
Artistes variés
Coeur de Lion (Select)
«Tiens, c'est l'heure de la soupe!» L'amie Anouk est intraitable lorsqu'il est question de musique électronique et d'assemblages à saveur lounge. Radicale aussi. Mais peut-être, cette fois ci, à juste titre... Car Café Lounge, de la maison de disque Coeur de Lion (spécialiste de la musique populaire en tout genre) n'apporte rien de bien excitant dans cet univers de sonorités latino jazzy électroniques, si ce n'est un peu plus de continuité ou de redondance, comme disent plusieurs.
Avec un sous-titre sans ambages «Le meilleur de la Musique des Bars et Restaurants», le public n'est pas trompé sur la marchandise et sait immédiatement à quoi s'attendre: 75 minutes de compositions sans grande envergure, faciles à écouter et surtout idéales pour ne pas déranger les soirées de jasette autour d'une bonne bouffe ou d'un potage aux légumes. À preuve: les partitions d'Alberto Vicente y sont sirupeuses avec ses inspirations un brin manouches, les évocations jazzy de Sa Trincha flirtent avec les sonorités «pop-FM», tout comme d'ailleurs l'ensemble des 14 pièces qui composent «l'oeuvre». Certains aiment, d'autres, beaucoup moins.
Fabien Deglise
Avant d'avoir entre les mains le premier album complet, Logic Will Break Your Heart, qui devrait paraître le 7 octobre sur Vice Records, ce mini-album de trois titres est parfaitement alléchant. Tim Fletcher (chant), Dave Hamelin (batterie), Greg Paquet (guitare) et Oliver Crow (bassiste) puisent dans le côté sombre des années 80 pour aboutir avec un autre de ces disques issus de New York qui vont permettre de repositionner quelque peu le rock d'aujourd'hui. Avec le refrain de Still In love Song et son clin d'oeil parfaitement assumé à This Is Not A Love Song de P.I.L., les ambiances recherchées et acoustiques de Talk To Me ou encore la plus nerveuse Killer Bees, ces trois pièces sont une réussite complète.
Bernard Lamarche
DE LOUSED IN THE COMATORIUM
The Mars Volta
(Universal)
Après Relationship Of Command, c'était déjà la fin pour At The Drive In. L'un des meilleurs groupes rock de la dernière décennie venait de s'écrouler sous la pression du business. Alors que Ward, Hajjar et Honojos se réfugiaient de manière peu convaincante autour de Sparta, Cedric Bixler ainsi qu'Omar Rodriguez avaient déjà une meilleure idée en tête. Après un maxi plutôt brouillon, The Mars Volta arrive enfin avec un premier album qui suit de près un triste épisode. Le mois dernier, le manipulateur sonore du groupe, Jeremy Ward, succombait à une surdose d'héroïne juste avant la parution de ce De Loused In The Comatorium. Que dire alors de ce projet-concept qui chevauche à la fois le hard rock, le free-jazz, l'ambiant, ainsi que le dub? On a affaire sans aucun doute à l'une des sorties les plus ambitieuses de 2003 jusqu'à maintenant. Avec l'aide d'un bon nombre de copains, Cedric et Omar viennent de donner naissance à leur Kid A à eux. À l'apogée du succès en 2000 (on parlait d'At The Drive à l'époque comme du prochain Nirvana), le mieux est peut-être de tout foutre en l'air désormais. Les longues pièces de De Loused flirtent avec un rock expansif (pour ne pas dire progressif) qui va dans les nombreuses directions possibles. On sent les influences de Miles Davis, de Led Zeppelin, de Fugazi, voire de Pink Floyd. Avec Rick Rubin à la réalisation, on a affaire à quelque chose d'aussi baroque que grandiose. Une oeuvre instinctive et imprévisible.
David Cantin
***
Francophone
DEUX HOT DOGS MOUTARDE CHOU
Les Georges Leningrad
(Blow The Fuse-Fusion III)
L'ovni musical le plus étrange de la scène indépendante montréalaise est de retour. Enfin, presque. Chez Blow The Fuse, on relance l'un des albums les plus déroutants (dans le bon sens du terme) de 2002 avec un petit extra: Deux Hot Dogs Moutarde Chou du «monstre à quatre têtes» Les Georges Leningrad. Plus audacieux que jamais, ce groupe de «rock pétrochimique» prêche les vertus d'un dadaïsme électro-cheap-absurde impossible à décrire. De plus, on n'est pas les seuls à adorer le résultat irrévérencieux: le très réputé label anglais Rough Trade vient d'inclure l'anti-succès Georges V sur sa compilation Post Punk 01. Un honneur fort mérité pour ce quatuor qui s'inspire de l'héritage des Nina Hagen, Butthole Surfers ou encore Half Man Half Biscuit. Ce mélange de new wave eighties crasseux et de punk terroriste a tout pour effrayer le commun des mortels. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil à la pochette aussi indescriptible que son contenu. Toutefois, il faut aussi savoir apprivoiser l'humour corrosif du quatuor. À haut volume, Bad Smell, Prince R. et Cocktail Vampire ne manqueront sûrement pas de déplaire aux voisins. Longue vie (on l'espère) aux Georges Leningrad!
D. C.
***
Électro
Café Lounge
Artistes variés
Coeur de Lion (Select)
«Tiens, c'est l'heure de la soupe!» L'amie Anouk est intraitable lorsqu'il est question de musique électronique et d'assemblages à saveur lounge. Radicale aussi. Mais peut-être, cette fois ci, à juste titre... Car Café Lounge, de la maison de disque Coeur de Lion (spécialiste de la musique populaire en tout genre) n'apporte rien de bien excitant dans cet univers de sonorités latino jazzy électroniques, si ce n'est un peu plus de continuité ou de redondance, comme disent plusieurs.
Avec un sous-titre sans ambages «Le meilleur de la Musique des Bars et Restaurants», le public n'est pas trompé sur la marchandise et sait immédiatement à quoi s'attendre: 75 minutes de compositions sans grande envergure, faciles à écouter et surtout idéales pour ne pas déranger les soirées de jasette autour d'une bonne bouffe ou d'un potage aux légumes. À preuve: les partitions d'Alberto Vicente y sont sirupeuses avec ses inspirations un brin manouches, les évocations jazzy de Sa Trincha flirtent avec les sonorités «pop-FM», tout comme d'ailleurs l'ensemble des 14 pièces qui composent «l'oeuvre». Certains aiment, d'autres, beaucoup moins.
Fabien Deglise
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