Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Vanessa Paradis à la PdA - Moiteur de star

    21 février 2011 |Sylvain Cormier | Musique
    Le contraste était notable, pour qui se souvenait de la dernière fois au Métropolis, voire du happening psychédélique au Saint-Denis il y a dix-huit ans: l’éternelle enfant-fleur de la chanson française s’offrait hier la solennité de la salle Wilfrid-Pelletier pour son troisième passage en ville. Il s’agissait, il est vrai, du concert acoustique aux arrangements délicats et divins que Vanessa Paradis, ses musiciens, son quatuor de cordes et son directeur musical, Albin de la Simone, avaient présenté en juillet dernier au... château de Versailles. Royauté pop oblige?<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le contraste était notable, pour qui se souvenait de la dernière fois au Métropolis, voire du happening psychédélique au Saint-Denis il y a dix-huit ans: l’éternelle enfant-fleur de la chanson française s’offrait hier la solennité de la salle Wilfrid-Pelletier pour son troisième passage en ville. Il s’agissait, il est vrai, du concert acoustique aux arrangements délicats et divins que Vanessa Paradis, ses musiciens, son quatuor de cordes et son directeur musical, Albin de la Simone, avaient présenté en juillet dernier au... château de Versailles. Royauté pop oblige?
    Il y a eu un moment, à peu près à la mi-spectacle, où les éclairages jusque là très étudiés — plus qu'étudiés, cinématographiques: par derrière, par le côté, en clair-obscur, en tout bleuté ou en tout orangé — ont fait la pause syndicale: tout est devenu très clair, jusqu'au fin fond de Wilfrid. Vanessa Paradis regardait les gens, souriait, ravie comme tout, on voyait la petite fente entre ses incisives, c'était très me voici me voilà, on va bien s'amuser ensemble ce soir. Vanessa telle quelle. Nature, quoi. Eh bien pas du tout. D'où j'étais, rangée A siège 1, (merci Montréal en lumière!), je l'avais en pleine face, j'ai vu qu'elle avait l'aisselle gauche moite (elle tient son micro du bras droit), et pourtant, sudation humaine ou pas, je vous jure, cette femme de 38 ans née à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne, de parents comme les miens ou les vôtres, n'est pas de ce monde.

    Vanessa Paradis, je ne l'avais jamais à ce point compris, peut-être parce qu'il s'agit précisément de son spectacle le plus humainement accessible, acoustique et tout, est une star. Avec une aisselle gauche moite de star. Quand elle se déhanche, elle ne se déhanche pas normalement, même si ça lui vient sans préméditation: elle se déhanche comme ça se peut pas. Quand elle s'assied sur son tabouret, la gestuelle est impossiblement érotique. Elle s'assied comme une star qui ne le fait pas exprès mais n'y peut rien: on est ébahi, on n'en revient pas, on se répand. Belle? Elle n'est pas que belle. Elle est belle comme une star qui est belle. En elle, tout simplement parce que les attributs ne sont pas attribués également ici-bas, il y a le charme des stars, la sexualité des stars, le port de la ceinture de cuir et du chandail à franges pailletées des stars: elle exsude la star de toutes pores, c'en est affolant. Elle est Drew Barrymore, Marlene Dietrich et Bardot période Harley-Davidson. Et ça ne lui fait pas un pli.

    En plus, elle a cette voix impossible de fillette-femme. En plus, elle chante juste. En plus, elle sue de l'aisselle gauche. Excusez, je dérape, là. Je voulais dire: en plus, elle a du goût. En plus, elle ne travaille qu'avec des génies de l'arrangement, c'est vrai depuis Gainsbourg et Lenny Kravitz et -M-, et ça se vérifie encore avec Albin de la Simone. Impossible de réinventer le répertoire de la belle plus brillamment qu'à la manière d'Albin hier soir à Wilfrid, ce quatuor à cordes qui joue parfois tout seul avec elle (notamment à la fin de Hallelujah, renouvelant comme si c'était encore possible la chanson de Cohen), ce ukulélé qui suffit à Sunday Mondays, ce Joe le taxi... à l'africaine! Avec solo de flûte à bec! Musiciens exceptionnels, arrangeur hors du commun, elle a tout, Vanessa Paradis. Elle a même Johnny (Depp). Et elle nous a. Oh qu'elle nous a. Quand elle frappait comme une folle la cymbale crash de Raphaël Chassin à la fin de L'Incendie, je n'ai pas pu m'empêcher d'envier la cymbale.

    Je suis sorti alors qu'elle revenait en premier rappel et s'asseyait sur scène, en face d'Albin. Truc de mise en scène que j'aurais tout juste trouvé marrant chez n'importe qui d'autre. Là, parce que c'était Vanessa Paradis, j'étais totalement fasciné. Star struck. Comme au cinéma. Et encore plus moite qu'elle.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.