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Armistice, le temps d'une paix

11 février 2011 | Philippe Papineau | Musique
Béatrice Martin et son amoureux Jay Malinowski se sont partagé la plume.<br />
Photo : Melanie Swerdan Béatrice Martin et son amoureux Jay Malinowski se sont partagé la plume.
Quel mélange impromptu qu'Armistice. Un très joli mélange, mais franchement inopiné. Dans le coin gauche, Béatrice Martin, alias Cœur de pirate. Dans le coin droit, son amoureux, Jay Malinowski, chanteur du groupe Bedouin Soundclash. Au milieu du ring? Les musiciens de Mariachi El Bronx, le projet «tex-mex» des gros rockeurs bruts du groupe The Bronx. Le temps d'un minialbum de cinq chansons, ces trois entités sont devenues Armistice. Le temps d'une paix, quoi!

Armistice est donc bourré de soleil. Dur de faire autrement avec les violons, les trompettes, les percussions et les guitares des mariachis. Outre un titre, Jeb Rand, une reprise de Bedouin Soundclash, Martin et Malinowski se sont partagé la plume pour accoucher de quatre autres morceaux, tous chantés à deux, en anglais dans le texte.

«L'été dernier, à Montréal, Béatrice me faisait écouter de la musique, des duos beaucoup, raconte Jay Malinowski, vêtu d'une chemise aux manches roulées, les cheveux bien lissés, façon un brin rétro. Elle me refilait du Lee Hazelwood et Nancy Sinatra, du Serge Gainsbourg...» À ses côtés, Béatrice approuve. «Lui m'a proposé qu'on travaille avec les Mariachi El Bronx. Je lui ai dit: "Ben ouais, pourquoi pas", croyant que ça serait infaisable!»

Pour le couple, le projet Armistice a été un défi de taille. D'abord, il fallait trouver le temps, entre les études et la carrière de la pianiste et les tournées et les enregistrements du guitariste, qui a lancé un album solo et un avec son groupe en 2010. «C'est aussi le genre de disque qui te permet d'aller de l'avant dans la vie, raconte la flibustière. Ça nous a certainement fait avancer comme auteur et compositeur, parce qu'on n'écrivait plus tout seul, mais avec quelqu'un d'autre. À la fin, ça me fait penser un peu à Coeur de pirate, où l'amour ne fait mal qu'à moi, sauf que là, les deux parties parlent et ont une vision différente. Ça devient une conversation dans la chanson.»

On imagine un couple qui marcherait côte à côte sur le bord de la route, sous un soleil de plomb. Grâce à la musique, on sent aussi beaucoup d'air, d'espace. «J'adore le désert, raconte Malinowski, pourtant natif de la Colombie-Britannique. J'aime juste la grandeur, l'espace, c'est... spirituel. Il n'y a rien sauf ce sable. En tout cas, Armistice n'a clairement pas un son typiquement montréalais!»

Advienne que pourra

Est-ce que la trêve est là pour de bon? Tout a été fait de manière très sérieuse, mais qui sait ce qui adviendra du projet Armistice. «Si les gens aiment ça, on en fera peut-être un autre», répond prudemment le chanteur à la voix étouffée. «Moi, j'ai appris avec le temps que tu peux pousser un projet avec beaucoup d'énergie, mais que tu ne peux pas forcer les gens à l'aimer, dit Béatrice. Alors, si les gens l'aiment tant mieux, mais on l'a surtout fait pour le faire.»

Ce qui ferait plaisir à Martin et à Malinowski, c'est de réussir à reproduire la musique d'Armistice sur scène. «J'aimerais qu'on fasse quelques concerts avec The Bronx, les sept, avoue Jay. J'aimerais ça voir au moins un show comme ça à Montréal!» Quelqu'un a-t-il dit Festival de jazz?
 
 
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