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    Vitrine du disque - 14 janvier 2011

    14 janvier 2011 |Le Devoir | Musique
    Classique

    BEETHOVEN
    Les trois dernières sonates. Quatre nouvelles versions: Brautigam (BIS SACD 1613); Feltsman (Nimbus NI 2575), Leonskaïa (MDG 943 1622), Lubimov (Zig Zag ZZT 110103).

    Le massif des trois dernières sonates est enrichi par quatre parutions: deux sur piano moderne (Feltsman, Leonskaïa), deux sur pianoforte (Brautigam et Lubimov). Ce sont ces deux dernières qui attirent l'attention, Feltsman (réédition de 1993) et Leonskaïa triturant le texte pour créer une tension que la musique recèle par elle-même. Brautigam achève son intégrale, la meilleure (et de loin!) sur pianoforte et l'une des plus intéressantes du catalogue par sa force brute et son absence de concessions. Son choix d'instrument est très consensuel et confortable. Celui de Lubimov (un pianoforte Aloïs Graf de 1828) est plus risqué mais, in fine, plus gratifiant. Malmené par les assauts musicaux, ce Graf ouvre des espaces sonores inouïs. Lubimov renouvelle ici le miracle de son CD Erato (Sonates nos 8, 14, 21) de 1994.

    Beethoven Sonate Opus 111, Arietta Lubimov

    Christophe Huss

    Spectacle

    PARIS/ZÉNITH 18.10.2010
    Jacques Higelin
    Capitol - EMI

    Ça commence par la foule du Zénith qui lui sert un «Joyeux anniversaire...». Et puis ça démarre en Coup de foudre et ça finit 77 minutes plus tard avec L'amour sans savoir ce que c'est. Ce qui est peu et beaucoup à la fois. C'est moins que la moitié du show; quiconque était cet été à la PdA sait que l'expérience Higelin se vit dans le dépassement des limites physiques et temporelles. Trois heures minimum. Expérience tronquée? Pourtant pas, l'intégrale existe aussi, on peut comparer. Dans cette version condensée, il y a Jacquot qui jacte, il y a des brèches par lesquelles la vie se jette, entière. Les versions ne sont pas écourtées, les cuivres ont de l'espace et du souffle, ça respire, ça remplit. Qui plus est, rare occurrence, la progéniture est de la fête, l'ami Rodolphe Burger aussi, et ce n'est pas petite félicité que d'entendre Higelin se régaler d'Arthur et s'attendrir d'Izia. Résultat, ça s'écoute sans avoir été là. Intégralement, peut-être pas.

    Sylvain Cormier

    ***
    Musique improvisée

    ALONG THE WAY
    Duo Pipa & Violin
    Liu Fang & Malcolm Goldstein
    Philmultic

    Elle, originaire du Yunnan chinois et joueuse de pipa émérite, maîtrise un répertoire de musiques savantes ou traditionnelles. Lui, violoniste non moins virtuose, est un as de l'improvisation. En apparence, deux mondes aux antipodes et pourtant un seul langage qui leur appartient. Mais ce double CD requiert une écoute attentive. Le premier volet réserve plus de passages en solo. Les deux s'écoutent, se répondent en alternance et jouent parfois ensemble vers la fin des pièces. Elle joue classique, il improvise. Elle sonne chinois, il crée dans une sphère à part entre free jazz et free blues. Puis sur le deuxième CD, la rencontre se précise et tout devient improvisé. L'impro sans frontière avec son impressionnante palette sonore, son flot de petites notes et ses emportements, ses glissandos sur les raclements, ses ombres et lumières émergeant par le contraste. Le disque est déroutant, mais parfaitement créatif.

    Yves Bernard

    ***
    Classique

    BEETHOVEN
    Symphonie no 9. Choeur et Orchestre de la Radio bavaroise, Mariss Jansons. BR Klassik 900 108 (Naxos).

    La Radio bavaroise édite en SACD multicanal (lisible en CD stéréo) la 9e Symphonie de Beethoven jouée au Vatican le 27 octobre 2007 en l'honneur du pape — d'origine bavaroise — élu deux ans auparavant. On notera au passage que le chef Mariss Jansons, considéré par beaucoup de musiciens comme le primus inter pares (le meilleur d'entre eux), n'a pas encore gravé d'intégrale Beethoven. Cette Neuvième excelle plus par le sens des proportions, l'humanité du finale et la qualité de l'exécution que par l'électricité qui la parcourt. La solennité du moment et de l'endroit est quasi impalpable, mais l'expérience montre — entre autres — à quel point le «nouveau tempo», plus vif, du mouvement lent est entré dans les moeurs des plus grandes institutions musicales. Ce troisième volet est le temps fort de ce CD, globalement surpassé par la fulgurante Neuvième de l'intégrale Vänskä chez BIS.

    C. H.

    ***
    Compilation

    COME AND GET IT
    The Best of Apple Records
    Artistes divers
    Apple - EMI

    Apple. Une idée verte comme la pomme du logo: fin 1967, les Beatles semblaient capables de tout. Créer un label différent, ouvert à la création, pourquoi pas? Le «magical mystery tour» d'Apple fut court: en 1970, il n'y avait plus de Beatles, et le méchant Allen Klein avait renvoyé tout le monde sauf Neil Aspinall, copain de la première heure. Aujourd'hui, on constate: Apple était bel et bien d'avant-garde, indie avant le mot, essuyant les plâtres pour les Peter Gabriel et autres artistes-entrepreneurs. Dans le lot des disques de la boîte, à quelques étrangetés près (le Radha Krishna Temple...), rien que de bonnes pommes de toutes variétés: le folk de James Taylor, le gospel-funk de Billy Preston, la pop puissante de Badfinger, le reggae précurseur du Hot Chocolate Band, etc. Il n'y a qu'à cueillir: presque tout le catalogue a été réédité, rematricé, augmenté. Klein est mort, et Apple continue de porter fruit.

    S. C.

    ***
    Bossa Nova

    PUTUMAYO PRESENTS BOSSA NOVA AROUND THE WORLD
    Artistes variés
    Putumayo

    Ce disque fait entendre 11 pièces d'un genre sophistiqué qui a depuis longtemps établi ses lettres de noblesse. À dominante acoustique, le répertoire s'éloigne des nouvelles tendances électro lounge et révèle des artistes qui interprètent la bossa dans plusieurs langues. Qu'importe l'idiome, l'esprit demeure homogène par cette atmosphère de proximité qui se dégage tout au long de la trajectoire. Notre Bïa lance les premières cadences, envoûtantes et doucement rythmées, avec Jardim, rendue célèbre par Monsieur Henri. Apparaît ensuite un doux éclat de légèreté en créole avec Nancy Vieira et Tito Paris, des accents plus proches de la variété de Didier Sustrac et une série de petites voix en allemand, en norvégien ou en... portugais. Parfois plus cancion avec Amanda Martinez ou mâtiné d'accordéon chez Kad Achouri, le voyage se poursuit sans vagues dérangeantes. Plus qu'un album marquant, un bon disque d'ambiance.

    Y. B.












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