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    Les meilleurs disques québécois de 2010 - L'industrie se meurt, la chanson resplendit

    21 décembre 2010 |Sylvain Cormier | Musique
    Douze hommes rapaillés, vol. 2
    Photo: Douze hommes rapaillés, vol. 2
    Sylvain Cormier et Philippe Papineau partagent leurs palmarès



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    D'accord, je me répète. Pas grave. Réitérons, puisque l'année achève et que la décennie finit: la chanson québécoise des dernières années a rarement affiché une telle santé. Créativement parlant. À croire que le péril stimule. Oui, le métier déjà précaire vit dans l'alarme une sorte de seuil critique — le projet de loi C-32 menaçant de sonner le glas — mais, en ces derniers jours de 2010, je constate: au rayon des disques, téléchargés ou pas, c'est encore l'abondance. Puissent les artistes en récolter le juste usufruit.

    1. Douze hommes rapaillés, vol. 2. Douze autres poèmes de Gaston Miron couchés sur des musiques du même Gilles Bélanger, chantés par les mêmes douze gars, Plume en moins et Yves Lambert en plus. À la réalisation, le même Louis-Jean Cormier, de Karkwa. Continuation, donc. En plus... bruyant. Façon Cormier, façon Karkwa. On gagne en contrastes, et Miron était homme de contrastes. Fallait risquer, exacerber, on l'a osé. À moins, Miron eût été trahi. Une réussite après la réussite, qui fait du maudit beau bruit.

    Miron: La corneille, par Michel Faubert


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    2. Martin Léon, Les Atomes. Quel ramdam faudra-t-il faire pour que ça se sache? Martin Léon est notre champion de la chimie chanson. À partir des composantes élémentaires, il reconstruit un monde, le sien, le nôtre. Vaste planète où il se promène en liberté, fin observateur, humaniste zen et homme d'instinct, en prise directe avec l'époque et la vie. Et ça groove, en plus.

    Martin Léon: Je te prends par les cheveux


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    3. Karkwa, Les Chemins de verre. Ce que les gars ont fait? Changer, explorer, mais sans perdre de vue les paramètres du son Karkwa. Ça module encore de l'intime à l'immense: la différence vient des voix, plus présentes; des harmonies, plus riches. Pareil, pas pareil. L'inconnu côtoie le connu, et l'aventure continue. Passionnante.

    Karkwa: Marie tu pleures


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    4. Jimmy Hunt, Jimmy Hunt. De la déprime à gogo à l'ère de l'iPod. De la pop 1967 au service de la douleur en dedans et au présent. Les Merseys version néo-yéyé (Motocross), les Stones country blues (Tes yeux) et le Christophe des Mots bleus (Si j'avais su) en un seul morceau de Chocolat (le groupe de Jimmy) pour parler des vraies affaires sans emmerder les gens.

    Jimmy Hunt: Motocross


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    5. Maryse Letarte, Ni le feu, ni le vent. Après Des pas dans la neige, disque de Noël qui n'en était pas un, cette suite qui n'en est pas une. La jeune femme n'en finit plus d'affiner son art, un art de l'épuration, de la clarté, de la beauté à petites touches. Elle sait ce qu'elle fait, fait presque tout, et tout bien: réalisation, arrangements, prise de son, l'essentiel de l'instrumentation. Tout sans forcer. L'écoute aussi.

    Maryse Letarte: Ni Le Feu, Ni Le Vent


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    6. Toutes les filles. Une leçon de proximité heureuse. Sept filles unies, souveraines, attentives et attentionnées: Catherine Durand, Gaële, Ginette, Amélie Veille, Sylvie Paquette, Marie-Annick Lépine, Magnolia. Chaque chanson aux petits oignons, profitant de l'occasion. Des fois, elles en font le moins possible, ailleurs, se lâchent «lousse». Tact et sensibilité, tout le temps. Des filles ensemble, pour un monde meilleur.

    Toutes les filles: Aujourd'hui


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    7. François Guy, Je préfère le bonheur. François le Sinner n'a jamais été plus émotionnellement transparent qu'à travers les 11 admirables chansons et les 34 intemporelles minutes de cet album, qui paraît un bon quart de siècle après l'album d'avant. On ne l'attendait plus, il ne s'attendait plus lui non plus. Ravissement, il sait encore fignoler sa pop et son folk-rock, le bougre. With a little help from ses amis paroliers.

    François Guy: Je préfère le bonheur


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    8. Laurence Hélie, Laurence Hélie. Écrivons-le en pesant sur le crayon: ce premier disque de la choriste de Catherine Durand vaut de l'or. Onze pépites dans le tamis. À peines nettoyées. Du country-folk américain comme on l'aime, country cru et folk tendre, chanté par une enfant d'Alison Krauss et de Hank Williams III. Angélique et enraciné.

    Laurence Hélie: Un pont


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    9. Rendez-vous, Rendez-vous. À François Lalonde ce qu'Antonio est au guitariste David Brunet: un projet chéri dans lequel il a entraîné des aventuriers de haut vol — le très volontaire Mario Légaré à la contrebasse, Martin Lizotte au piano — et une aventurière: la chanteuse Aurelia O'Leary. Pour faire quoi? En gros, du groove. Pensez drum'n'bass, trip-hop, tout ça. Mais sans les machines. Sans électricité, même. Stupéfiant. Drogue sans drogue.

    Rendez-vous: Les saisons


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    10. Jordan Officer, Jordan Officer. C'est un discret, Jordan. Officier derrière Susie Arioli, c'était son lot. Le voilà sous son seul nom, abhorrant l'esbroufe toujours, mesurée même quand ses doigts partent en peur. Onze titres sur douze sont les siens: sa sorte de blues, de ragtime, de country, son jazz à lui, son Bob Wills dans les phalanges. Ce type ne le criera pas sur les toits, alors crions: c'est un as!

    Jordan Officer: Small Four


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    Douze hommes rapaillés, vol. 2 Toutes les filles<br />
Maryse Letarte<br />
Rendez-vous<br />
Martin Léon<br />












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