Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Disques - Oui ! aux notes et aux sons

    27 novembre 2010 |Philippe Papineau | Musique
    C'est toujours un sale temps pour l'industrie de la musique, qui se débat pour garder la tête hors de l'eau — surtout les plus petits joueurs, davantage fragiles devant les aléas du marché. Mais c'est en même temps un sacré beau temps pour la musique elle-même. Les notes, les airs, les timbres. Les styles qui se croisent, les paroles qui émeuvent, les envolées qui donnent le frisson. Les claviers qui crachent des sons triturés ou les guitares acoustiques qui nous murmurent leurs mélodies à l'oreille.

    Que ce soit pour fêter un ami, remercier un proche ou donner un cadeau de Noël — le cas qui nous intéresse ici — offrir de la musique reste une idée géniale. Parce que, contrairement au nouveau bidule branché pour la cuisine ou au gadget éphémère qui prendra la poussière dans un tiroir, le disque peut nous changer, nous émouvoir, et ce, pendant des années. Bien choisi, l'album devient le compagnon de nos évolutions. Ce à quoi ne peut pas prétendre la nouvelle râpe à parmesan tendance.

    Deux albums «clé en main»


    Deux albums d'autant de groupes montréalais sont parmi les incontournables de l'année: Les Chemins de verre, de Karkwa, ainsi que The Suburbs, d'Arcade Fire. Ce sont deux disques qu'on pourrait qualifier de «clé en main», qui sauront plaire non seulement à un public jeune et initié, mais aussi à tous ceux qui ont ne serait-ce qu'une toute petite sensibilité au folk-rock.

    Karkwa a remporté, avec son quatrième disque, le prix Polaris remis au meilleur album canadien. Le chanteur et parolier Louis-Jean Cormier y a composé de très belles mélodies, qui séduisent parfois instantanément (Marie tu pleures), parfois après un peu de travail (Le Vrai Bonheur). Quant à Arcade Fire, on reconnaît, sur leur dernier-né à la thématique banlieusarde, leur touche — le piano-bar, les envolées de cordes — et on sent aussi une présence accrue de l'esthétique synthétique de la fin des années 1970 et du début des années 1980.

    Belle mélancolie


    Dans la catégorie «disque sombre qui fait du bien», les derniers mois nous ont apporté quelques champions. À commencer par The National et leur plus récent disque, High Violet, bijou mélancolique. Ils sont américains, mais ont une touche britannique, un quelque chose de Joy Division sans l'électro. Parlant de la Grande-Bretagne, il faut souligner le talent du trio anglais The xx, dont la carrière a explosé en 2010. Leur disque xx, paru en 2009, les a menés à deux reprises sur des scènes montréalaises. Musicalement plus discret que The National, The xx offre des airs feutrés, aux influences des années 1980.

    Du côté du rock, les fans de Neil Young aimeront le travail que le vieux routier a effectué sur Le Noise, réalisé par Daniel Lanois. On est à des kilomètres de Heart of Gold. Young a branché sa guitare électrique et l'a vissée sur une pédale de fuzz et d'écho: c'est à la fois brut et doux, mélodique et trash. Pour du rock plus «bluesé», on vous suggère le duo The Black Keys, dont le disque Brothers est fort agréable. On les compare souvent aux White Stripes, mais ils en sont davantage un complément qu'une copie. Juste pour le titre Tighten Up, hyperaccrocheur, on aime. Et aussi parce que le disque change de couleur quand on le fait jouer! Pour les amateurs de punk-rock, l'hyperactif groupe Hollerado ramènera l'auditeur aux alentours des années 1995 avec les petites bombes de son Record In a Bag.

    Près de chez nous

    Les talents québécois n'ont rien à envier aux artistes d'ailleurs au pays ou venus de partout dans le monde. À commencer par Jérôme Minière, avec son disque Le Vrai le faux, qui peut rivaliser avec la meilleure pop-électro du moment. C'est intelligent, touchant, un brin cynique et ça s'écoute tout seul. Plusieurs seront aussi tentés par le premier disque de Bernard Adamus, élu Révélation de l'année au dernier gala de l'ADISQ. On le conseille vivement aux amateurs de folk bien gras qui aiment autant Plume que Les Colocs.

    De lune à l'aube, premier enregistrement d'Alex Nevsky, fera plaisir aux amoureux de la pop bonbon. Le protégé de Yann Perreau — dont on vous suggère également le disque Un serpent sous les fleurs — sait chanter la pomme avec brio et avec un esprit crooner et un fond de rappeur. Moins diffusé mais encore meilleur que Nevsky, le chanteur Jimmy Hunt a fait paraître récemment un premier disque éponyme qui crée la dépendance. Ses airs simples enrobés de cordes frappent en plein dans le mille.

    Du côté des Français, si l'être cher a l'esprit un peu (beaucoup) décalé, optez pour le plus récent disque de Katerine, intitulé Philippe Katerine, délire de 24 courtes chansons aussi étranges qu'accrocheuses. Une chanson basée sur le thème de fermeture de Windows? Pourquoi pas! Plus sérieusement, le disque Ginger, de Gaëtan Roussel, est une valeur sûre. Le chanteur de Louise Attaque combine, dans ce projet solo, des bombes pop dansantes et de belles ballades, dans l'esprit de son autre groupe, Tarmac.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.