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    Elvis Costello & The Imposters à la PdA - Heureux le chanteur

    4 juillet 2003 |Sylvain Cormier | Musique
    Cinq minutes avant l'entrée d'Elvis Costello et ses Imposters, Claudia la relationniste est revenue de l'arrière-scène avec ce que tout journaliste veut: la conduite du spectacle, c'est-à-dire la liste des chansons prévues, dans l'ordre prévu. Liste de dernière minute, déduisai-je de sa provenance.

    Pensai-je! Elvis s'est amené et, au cinquième titre, Elvis étant Elvis, la liste ne tenait plus. Et elle ne tint plus de tout le spectacle. C'était l'Elvis qu'on aime: depuis la fois où, fin 1977 à Saturday Night Live, il interrompit Less Than Zero après quelques accords pour lancer l'interdite Radio Radio, Elvis Costello n'en fait qu'à sa tête. Qu'il a pleine d'idées et de mélodies.

    Hier, il s'est promené dans sa liste de chansons comme un type qui, à mesure, décidait de ce qui conviendrait bien après. Plus fort encore, il a semblé changer son répertoire en fonction de ce qu'il constatait du lieu, à savoir: une fort belle réverbération naturelle. Ce Wilfrid-Pelletier lui donnait visiblement le goût de chanter, et pourquoi pas hors-micro, alors il a chanté guitare-voix, loin du micro, la finale d'In The Darkest Place, titre éminemment lyrique de l'album-duo avec Burt Bacharach, Painted From Memory. Et personne n'a fait de bruit et c'était un moment de grâce. Souvent, comme inspiré par la direction du vent, il indiquait à ses Imposters — ses vieux potes Steve Nieve (claviers) et Pete Thomas (batterie), avec Davey Faragher à la basse — de baisser le volume, ce qu'ils faisaient, et seule la voix du Londonien émergeait, belle et forte. C'était franchement fascinant.

    Dans un tel contexte, ce sont les mélodies les plus ambitieuses du canon Costello qui tenaient le haut du pavé, My Dark Life, Either Side Of The Same Town, Man Out Of Time: les airs étaient révélés comme autant de morceaux d'une sorte de comédie musicale pour homme seul, les textes résonnant comme autant de brillants monologues enfin audibles. Certes, le rock reprenait ça et là ses droits et Elvis, Fender Telecaster ou grosse Gibson semi-acoustique en main, plaquait presque furieusement Pump It Up, (I Don't Want To Go To) Chelsea ou I Hope You're Happy Now. On ne se refait pas à ce point.

    Tout était possible dans ce spectacle, et tout est arrivé, y compris une reprise absolument inattendue de You Really Got A Hold On Me (lancée au beau milieu de Deep Dark Truthful Mirror!), le fabuleux blues à la Motown de Smokey Robinson & The Miracles, donné à la manière Beatles: Costello prenait la foule à partie avec le plus évident plaisir. Et c'est avec le même bonheur, jouant la comédie comme s'il était à Broadway, qu'Elvis a offert l'inédite North, chanson-titre de l'album à paraître en septembre, dédiée — en français — aux gens du nord que nous sommes. À croire que sa fiancée Diana Krall, chérie du FIJM, lui a tellement vanté l'événemet qu'il s'y est senti libre. Libre d'être imprévible à s'en étonner lui-même.












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