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    Concerts classiques - Révélation double

    20 octobre 2010 |Christophe Huss | Musique
    LES GRANDS CONCERTS

    • Webern: Im Sommerwind.
    • Haydn: Concerto pour piano en ré.
    • Mahler: Symphonie n° 6.
    • Emanuel Ax (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano.
    • Salle Wilfrid-Pelletier, 19 octobre 2010.
    • Reprise ce soir.
    Mémorable date, que ce 19 octobre 2010. À la troisième étape du mini-festival Mahler de Kent Nagano et de l'OSM, nous avons enfin eu un grand moment mahlérien: une Sixième d'une poignante intensité et concentration.

    Mais ce concert était avant tout celui de deux révélations, deux trouvailles témoignant de justes remises en question de la part de Kent Nagano en ce qui concerne le positionnement de l'orchestre sur scène.

    Dans Mahler, Nagano a enfin trouvé l'emplacement idéal pour les cors, à droite de la scène. Le son, projetté à courte distance contre la paroi est ainsi équilibré avec celui des trombones et des trompettes, d'autant que Paul Merkelo (trompette 1) a été avancé d'un rang, afin de ne pas «planer» sur l'orchestre. Tout cela a l'air de détails, mais change tout en termes d'impact sonore et de complémentarité des couleurs. Du coup, tout le monde s'y est mis: même le timbalier tapait d'aplomb!

    Cet embrasement collectif a servi une Sixième engagée, aux deux premiers mouvements quasiment idéaux. Assurément Kent Nagano a digéré l'oeuvre. Il prend les bonnes décisions sur l'ordre des mouvements (le Scherzo en II), le nombre de coups de marteaux (2) du Finale, le tempo de I, etc. La complémentarité harpe-célesta s'opère à merveille; le mouvement lent ne chante pas beaucoup au début, mais s'embrase magnifiquement.

    J'ai, pour ma part, une vision beaucoup plus sombre du Finale, notamment dans le poids des épisodes marqués schwer (lourd), dans l'outrance de la caricature des coloris ou la véritable déchirure qui ouvre le mouvement. Cela dit, dans un genre tiraillé mais pas trop plombé, l'approche de Nagano était cohérente.

    Le dernier quart d'heure s'est un peu ressenti d'une soirée à nouveau longue, mais on ne s'en plaindra pas, car après un convaincant Im Sommerwind de Webern nous était arrivée la première révélation du concert: un concerto pour piano de Haydn où le positionnement du piano à l'intérieur de l'orchestre permettait un échange plus intime et des nuances subtiles et feutrées, tout en étant magistralement articulées.

    Emmanuel Ax a joué le jeu, contenant les dynamiques et en usant parcimonieusement de la pédale. L'admirable 2e mouvement devenait soudain le plus bel air d'opéra jamais écrit par Haydn. Hélas, la fabuleuse cadence de Landowska, jouée l'an passé par Hamelin et Labadie, manquait à l'appel.












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