Gonzales: le faux dilemme entre l'art et le commerce
Photo : Agence France-Presse Patrick Kovarik
Chaque pièce de l’œuvre de Gonzales, de son vrai nom Jason Beck, fait partie d’un plus grand tout, quasiment d’une «performance».
D'une manière simpliste, on pourrait qualifier Chilly Gonzales de musicien, mais le Montréalais exilé en Europe est pas mal plus que ça. Déjà détenteur du record Guinness du concert solo le plus long (27 heures!), son nouveau disque Ivory Tower vient de pair avec un film qu'il a coscénarisé et dans lequel il porte même le chapeau de comédien.
C'est ce qui nous fait constamment penser que chaque pièce de l'oeuvre de Gonzales, de son vrai nom Jason Beck, fait partie d'un plus grand tout, quasiment d'une «performance». C'est que son parcours est déstabilisant. Après son disque Solo Piano à la touche Satie, qui l'a révélé au grand public après plusieurs années de création, Gonzales a offert Soft Power, à la limite du kitsch disco. Le revoici avec un album réalisé par Boys Noize, à mi-chemin entre ses deux derniers univers, et qui grâce à ses thèmes velcro joue efficacement le rôle de bande originale.
Les nouveaux projets du pianiste sont nés à la suite de sa prestation pour l'obtention du record Guinness, qui lui a en quelque sorte donné les moyens et le courage de ses ambitions. «Je savais qu'en m'autotraumatisant, qu'en faisant ce concert de 27 heures, quoi qu'il se passe je ressortirais un nouvel homme, nous raconte Gonzales au bout du fil, à la sortie d'un studio. Ça a bousculé l'existence un peu confortable que j'avais à Paris, où j'étais un peu dans une tour d'ivoire.»
Gonzales insiste sur ce long concert diffusé en temps réel sur Internet et où il n'a pas joué une seule fois la même pièce. «C'était uniquement une expression de ma marque, lance celui qui travaille de manière indépendante depuis 2009. La marque de Gonzales, c'est quoi: génie musical, égocentrisme et compétition. Et en rentrant dans le Guinness, je mariais mon univers méconnu à quelque chose de totalement connu.»
Pas du tout gêné de parler de sa propre «marque», Gonzales explique que l'inverse serait de l'hypocrisie. «L'idée qu'il y ait une bataille entre l'art et le commerce est fausse... Et je crois que si je suis autant inspiré par les rapeurs, c'est qu'ils ont compris ça dès le début, explique celui qui réalisera le prochain disque d'Abd al Malik. C'est comme de dire qu'il y a une guerre entre l'amour et le sexe. Tu choisis pas un contre l'autre, tu essaies que les deux soit réunis.»
Perception, réaction
Le public, explique Gonzales, a perçu son dernier disque Soft Power comme étant «plus humoristique, plus kitschy... et ce n'était pas le cas. J'avais fait un album très, très sincère. Mais je suis Canadien, alors "the customer is always right", et je suis retourné au laboratoire avec plus d'aide, celle de Boys Noize. Il a amené une nouvelle couleur, qui est très moderne par rapport à Soft Power.»
L'album Ivory Tower était déjà à moitié entamé quand le projet de film est né, mais les pièces subséquentes ont été faites en harmonie avec le long-métrage qui met en vedette les musiciens Tiga et Peaches. «Avec Boys Noize, on a travaillé à distance pendant un an et à la fin, on s'est vu une douzaine de jours dans son studio à Berlin pour finir le tout.»
Gonzales sera à Montréal au Cabaret du Mile-End le 17 septembre pour défendre son disque, alors que son film sera diffusé au Festival du nouveau cinéma en octobre.
C'est ce qui nous fait constamment penser que chaque pièce de l'oeuvre de Gonzales, de son vrai nom Jason Beck, fait partie d'un plus grand tout, quasiment d'une «performance». C'est que son parcours est déstabilisant. Après son disque Solo Piano à la touche Satie, qui l'a révélé au grand public après plusieurs années de création, Gonzales a offert Soft Power, à la limite du kitsch disco. Le revoici avec un album réalisé par Boys Noize, à mi-chemin entre ses deux derniers univers, et qui grâce à ses thèmes velcro joue efficacement le rôle de bande originale.
Les nouveaux projets du pianiste sont nés à la suite de sa prestation pour l'obtention du record Guinness, qui lui a en quelque sorte donné les moyens et le courage de ses ambitions. «Je savais qu'en m'autotraumatisant, qu'en faisant ce concert de 27 heures, quoi qu'il se passe je ressortirais un nouvel homme, nous raconte Gonzales au bout du fil, à la sortie d'un studio. Ça a bousculé l'existence un peu confortable que j'avais à Paris, où j'étais un peu dans une tour d'ivoire.»
Gonzales insiste sur ce long concert diffusé en temps réel sur Internet et où il n'a pas joué une seule fois la même pièce. «C'était uniquement une expression de ma marque, lance celui qui travaille de manière indépendante depuis 2009. La marque de Gonzales, c'est quoi: génie musical, égocentrisme et compétition. Et en rentrant dans le Guinness, je mariais mon univers méconnu à quelque chose de totalement connu.»
Pas du tout gêné de parler de sa propre «marque», Gonzales explique que l'inverse serait de l'hypocrisie. «L'idée qu'il y ait une bataille entre l'art et le commerce est fausse... Et je crois que si je suis autant inspiré par les rapeurs, c'est qu'ils ont compris ça dès le début, explique celui qui réalisera le prochain disque d'Abd al Malik. C'est comme de dire qu'il y a une guerre entre l'amour et le sexe. Tu choisis pas un contre l'autre, tu essaies que les deux soit réunis.»
Perception, réaction
Le public, explique Gonzales, a perçu son dernier disque Soft Power comme étant «plus humoristique, plus kitschy... et ce n'était pas le cas. J'avais fait un album très, très sincère. Mais je suis Canadien, alors "the customer is always right", et je suis retourné au laboratoire avec plus d'aide, celle de Boys Noize. Il a amené une nouvelle couleur, qui est très moderne par rapport à Soft Power.»
L'album Ivory Tower était déjà à moitié entamé quand le projet de film est né, mais les pièces subséquentes ont été faites en harmonie avec le long-métrage qui met en vedette les musiciens Tiga et Peaches. «Avec Boys Noize, on a travaillé à distance pendant un an et à la fin, on s'est vu une douzaine de jours dans son studio à Berlin pour finir le tout.»
Gonzales sera à Montréal au Cabaret du Mile-End le 17 septembre pour défendre son disque, alors que son film sera diffusé au Festival du nouveau cinéma en octobre.
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