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    Vitrine du disque - 6 août 2010

    6 août 2010 |Le Devoir | Musique
    Dvorak<br />
    Photo: Dvorak
    Classique
    DVORAK
    Les Poèmes symphoniques.
    Orchestre philharmonique tchèque, Charles Mackerras.
    Supraphon SU 4012-2 (Gillmore)

    La chair de poule dès les premières notes: voici le testament musical du grand Charles Mackerras, mort le 14 juillet dernier. Voici «Charly» dans toute sa grandeur et son humilité, dans toute sa musicalité, avec un orchestre illuminé de l'intérieur, des rythmes acérés, l'ouverture sur des univers sonores dont il avait le secret. Cet adieu musical au monde se fait à la tête de l'Orchestre philharmonique tchèque, à Prague, où Mackerras dans sa vingtaine avait suivi les cours de Vaclav Talich. Cet adieu se fait dans Dvorak... et pas n'importe quel Dvorak. Les Poèmes symphoniques sur des récits de Karel Jaromir Erben sont le sommet aussi absolu qu'inconnu de la production du compositeur. Quatre joyaux au sein desquels trône le plus sublime d'entre eux: le tragique Holoubek (Le Pigeon des bois). Je donne toutes les Symphonies du Nouveau Monde pour ces 20 minutes-là.

    Christophe Huss

    Dvorak Holoubek Charles Mackerras


    ***

    Hip-hop-électro
    /\/\/\Y/\
    M.I.A.
    XL Recordings

    Si /\/\/\Y/\ transpire la provocation, les babillages adulescents de la rappeuse d'origine tamoule M.I.A. — I'm down like my Internet connexion / I crashed again last night — sont toutefois moins percutants que ceux de ses deux premiers opus, Arular (2005) et Kala (2007). Peut-être parce qu'ils sont moins crédibles depuis son mariage avec l'héritier Bronfman — du Warner Music Group — et son embourgeoisement récent. Ce nouvel album est cependant (encore) marqué, du point de vue musical, par une attitude réfractaire et une profonde envie de se dissocier de l'univers esthétisé de la pop. Électro, hip-hop, bien sûr, mais aussi sonorisation industrielle, hardcore dub, rock, world, house; /\/\/\Y/\ s'inscrit logiquement dans la discographie de la militante et artiste multidisciplinaire. Et avec les collaborations des as des tables tournantes que sont Diplo, Rusko, Blaqstarr, Switch et John Hill, le potentiel de danse est à son maximum.

    Émilie Parent-Bouchard

    M.I.A.: Story To Be Told


    ***

    Monde
    LERO-LERO
    Luisa Maita
    Cumbancha

    Saõ Paulo, ville bouillonnante, continue de livrer ses secrets sur la scène internationale et Luisa Maita en est la nouvelle illustration. C'est l'esprit des anciens passé dans la moulinette de la mégapole, mais subtilement, par fragments. Lorsque des rythmes de base comme la samba et la capoeira sont ralentis ou épurés avec des cordes acoustiques et des percussions discrètes, les sons électro, les textures urbaines et les effets atmosphériques remontent à la surface. On libère parfois les percussions, on salit à peine la musique et on se donne un groove de samba funk, mais cela demeure toujours très mélodique. Si Luisa Maita fait souvent couler sa voix sensuelle, elle peut se laisser aller à une sorte de respiration voilée, chanter avec un sentiment d'urgence, susurrer sur une ballade percutée et s'élever au-dessus d'une bossa déconstruite et très ornementée à la guitare. C'est très brésilien, plutôt contemporain et doucement contagieux.

    Yves Bernard

    Lero Lero de Luisa Maita


    ***

    Classique
    DVARIONAS
    Concerto pour violon et orchestre; Pezzo elegiaco (aussi Korngold). Vadim Gluzman (violon), Orchestre de la Résidence de La Haye, Neeme Järvi. BIS 1822.

    Il y a quelques semaines, nous vous présentions la musique du compositeur estonien Eino Tamberg, notamment son phénoménal Concerto grosso opus 5 composé en 1956, grâce à un disque enregistré par Neeme Järvi chez Bis. Voici l'opus suivant de Järvi père, redevenu depuis quelques mois le Stakhanov de l'enregistrement musical qu'il fut il y a quinze ou vingt ans. Cette fois encore, la surprise est de taille. Le Concerto pour violon de Korngold, qui reçoit ici une interprétation aussi magique que celle de Shaham-Previn, est couplé à celui de Balys Dvarionas (1904-1972), compositeur letton totalement inconnu en Occident qui nous apparaît, avec sa veine mélodique folklorisante et inépuisable, comme un Khatchatourian des Pays baltes. On ne se lasse pas d'écouter et de réécouter cette profusion de musique en remerciant interprètes et éditeur pour cette découverte.

    C. H.

    Dvarionas Concerto pour violon


    ***

    Trip-hop
    Blood Like Lemonade
    MORCHEEBA
    [PIAS] Recordings

    On l'avoue, on s'était un peu désintéressé du trio anglais Morcheeba après le congédiement de la voluptueuse chanteuse Skye Edwards, à la suite de querelles intestines subséquentes à la parution de la compilation Part of the Process, en 2003. Si Blood Like Lemonade ne réinvente rien à l'univers éthéré du trip-hop, on s'y glisse toutefois comme dans une vieille paire de pantoufles, content de renouer avec la voix de miss Edwards. Ce retour aux sources révèle un album solide, à la hauteur des attentes et dont les textes reflètent avec cynisme et catharsis les relations houleuses entre la diva et les frères Godfrey. Les dix titres de l'album s'écoulent de façon très fluide. Tellement, qu'on en aurait voulu plus que ce que les 45 minutes de l'album ont à offrir. On aime particulièrement le [trop] court bluegrass downtempo Mandala, mais on ne reste pas indifférent à Easier Said Than Done, à Cut to the Chase ou encore à Self Made Man. Un album-miroir équilibré et mature qui efface sept ans de malheur.

    É. P.-B.

    Morcheeba: Self Made Man



    ***

    Trad
    LA VIOLETTE
    Michèle Choinière
    www.cdbaby.com/cd/choiniere2

    Descendante de la migration canadienne-française en Nouvelle-Angleterre au début du siècle dernier, Michèle Choinière suit les traces de la défunte Martha Pellerin que l'on avait connue avec le groupe Jeter le Pont. Franc-Américaine du Vermont, Choinière porte fièrement un répertoire traditionnel et populaire de chez elle, aussi bien que du Québec, d'Acadie et de France, allant même jusqu'à interpréter une pièce de cabaret des années 1920, deux de Piaf et le classique du country Quand le soleil dit bonjour aux montagnes. Elle chuchote, serpente bellement autour des mélodies, pénètre profondément les silences et les complaintes. Mais elle peut faire swigner le reel et la chanson à répondre, d'autant qu'elle est accompagnée par d'excellents musiciens, dont Sabin Jacques à l'accordéon ou aux percussions et Rachel Aucoin au piano impressionniste, dramatique ou rythmique. Un regard unique et senti sur notre histoire.

    Y. B.

    Michèle Choinière: Sur le pont de Londres


    Dvorak<br />
M.I.A.<br />
Luisa Maita Dvarionas<br />
Morcheeba<br />
Michèle Choinière












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