Festival d'été de Québec - Rammstein: la démesure
Photo : Agence France-Presse Joerg Koch
Christoph Schneider, Paul Landers et Till Lindemann, du groupe Rammstein, à leur arrivée au MTV Europe Music Awards, à Munich en novembre 2007.
À retenir
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Sur les plaines d'Abraham, dimanche à 19h45. Première partie du groupe finlandais Apocalyptica.
Québec — Québec sera l'hôte dimanche de ce qui sera vraisemblablement la plus grosse production de son histoire avec la présentation du spectacle de stade du groupe de métal allemand Rammstein sur les plaines d'Abraham. Mon Dieu, protégez-nous...
On a beaucoup donné dans les superlatifs au Festival d'été de Québec, mais ceux-ci sont justifiés. Réputé pour ses concerts à grand déploiement (pyrotechnie, lance-flammes, effets spéciaux, etc.), Rammstein devrait mettre le paquet. «Nous allons essayer d'amener avec nous tout le matériel que nous pourrons. On veut que ce soit le plus opulent [sic] possible», nous a dit Paul Landers, l'un des deux guitaristes en entrevue. Pour ce faire, le groupe de métal industriel a même dû faire venir la scène par bateau jusqu'à Québec.
«Ça faisait très longtemps que nous souhaitions venir en Amérique du Nord et l'organisation [du Festival d'été] nous en a donné l'occasion», nous a-t-il expliqué en allemand avec l'aide d'un traducteur anglais.
Le concert, qui est présenté en exclusivité nord-américaine, doit servir de prélude, voire de répétition à une longue tournée mondiale de trois ans qui débuterait en novembre. Après le concert, les six musiciens (le chanteur Till Lindemann, les guitaristes Richard Zven Kruspe et Paul H. Landers, le bassiste Oliver Riedel, le batteur Christoph Schneider et le claviériste Christian Lorenz) laisseront derrière eux la scène afin qu'elle soit récupérée en novembre pour les premières dates de la tournée en Amérique du Sud.
Champ de bataille et défoulement
Créé en 1994, le groupe fait l'objet d'un culte comme seules les formations métal sont capables d'en créer. L'impact de l'annonce du spectacle de Québec sur le Web donne d'ailleurs l'impression que le spectacle fait partie de la grande histoire du groupe avant même d'avoir eu lieu. Quand on lui demande si le fait de jouer sur un champ de bataille l'inspire, Paul Landers rétorque: «Où qu'il se produise, Rammstein joue toujours sur un champ de bataille»... Facile mais efficace.
Évidemment, les ados adorent. «Les jeunes veulent se révolter contre tout et le métal est une façon de le faire parce que c'est très agressif», convient Landers. Dans leur musique comme dans leurs spectacles, «les gars du groupe offrent ce qu'ils aimeraient eux-mêmes voir ou entendre», ajoute-t-il. Bref, le défoulement total.
Musicalement, Rammstein est plus accessible que bien des groupes du genre puisqu'il ne boude pas les mélodies et offre des performances théâtrales qui ne peuvent, dit-on, laisser personne indifférent. D'emblée, le fait qu'il chante en allemand lui confère sans l'ombre d'un doute une sonorité particulière qui le distingue des autres.
Pour le reste, malgré leurs 40 ans bien sonnés, les membres du groupe font beaucoup dans la provocation primaire en se frottant à tout ce qui peut subsister de tabous dans notre société. L'histoire traumatisante mais véridique de cet Allemand qui avait convenu avec son correspondant Internet de le manger leur a notamment inspiré une chanson (Mein Teil) dont le vidéoclip a tous les traits du film d'horreur.
Abonnés aux diktats des censeurs, les gars de Rammstein ont vu leur dernier album Liebe ist für alle da (l'amour est pour tout le monde) être interdit temporairement de vente en Allemagne parce qu'on leur reprochait de glorifier la violence, le sadisme et le sexe non protégé. Or le public en redemande et sur Twitter, par exemple, on peut voir des banlieusards de tous les pays se vanter d'écouter leurs titres dans les écouteurs du bureau pour ne plus entendre le patron.
On a beaucoup donné dans les superlatifs au Festival d'été de Québec, mais ceux-ci sont justifiés. Réputé pour ses concerts à grand déploiement (pyrotechnie, lance-flammes, effets spéciaux, etc.), Rammstein devrait mettre le paquet. «Nous allons essayer d'amener avec nous tout le matériel que nous pourrons. On veut que ce soit le plus opulent [sic] possible», nous a dit Paul Landers, l'un des deux guitaristes en entrevue. Pour ce faire, le groupe de métal industriel a même dû faire venir la scène par bateau jusqu'à Québec.
«Ça faisait très longtemps que nous souhaitions venir en Amérique du Nord et l'organisation [du Festival d'été] nous en a donné l'occasion», nous a-t-il expliqué en allemand avec l'aide d'un traducteur anglais.
Le concert, qui est présenté en exclusivité nord-américaine, doit servir de prélude, voire de répétition à une longue tournée mondiale de trois ans qui débuterait en novembre. Après le concert, les six musiciens (le chanteur Till Lindemann, les guitaristes Richard Zven Kruspe et Paul H. Landers, le bassiste Oliver Riedel, le batteur Christoph Schneider et le claviériste Christian Lorenz) laisseront derrière eux la scène afin qu'elle soit récupérée en novembre pour les premières dates de la tournée en Amérique du Sud.
Champ de bataille et défoulement
Créé en 1994, le groupe fait l'objet d'un culte comme seules les formations métal sont capables d'en créer. L'impact de l'annonce du spectacle de Québec sur le Web donne d'ailleurs l'impression que le spectacle fait partie de la grande histoire du groupe avant même d'avoir eu lieu. Quand on lui demande si le fait de jouer sur un champ de bataille l'inspire, Paul Landers rétorque: «Où qu'il se produise, Rammstein joue toujours sur un champ de bataille»... Facile mais efficace.
Évidemment, les ados adorent. «Les jeunes veulent se révolter contre tout et le métal est une façon de le faire parce que c'est très agressif», convient Landers. Dans leur musique comme dans leurs spectacles, «les gars du groupe offrent ce qu'ils aimeraient eux-mêmes voir ou entendre», ajoute-t-il. Bref, le défoulement total.
Musicalement, Rammstein est plus accessible que bien des groupes du genre puisqu'il ne boude pas les mélodies et offre des performances théâtrales qui ne peuvent, dit-on, laisser personne indifférent. D'emblée, le fait qu'il chante en allemand lui confère sans l'ombre d'un doute une sonorité particulière qui le distingue des autres.
Pour le reste, malgré leurs 40 ans bien sonnés, les membres du groupe font beaucoup dans la provocation primaire en se frottant à tout ce qui peut subsister de tabous dans notre société. L'histoire traumatisante mais véridique de cet Allemand qui avait convenu avec son correspondant Internet de le manger leur a notamment inspiré une chanson (Mein Teil) dont le vidéoclip a tous les traits du film d'horreur.
Abonnés aux diktats des censeurs, les gars de Rammstein ont vu leur dernier album Liebe ist für alle da (l'amour est pour tout le monde) être interdit temporairement de vente en Allemagne parce qu'on leur reprochait de glorifier la violence, le sadisme et le sexe non protégé. Or le public en redemande et sur Twitter, par exemple, on peut voir des banlieusards de tous les pays se vanter d'écouter leurs titres dans les écouteurs du bureau pour ne plus entendre le patron.
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