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    The Moody Blues à la salle Wilfrid-Pelletier - La magnificence, encore et toujours

    7 juillet 2010 00h58 |Sylvain Cormier | Musique
    Même au temps de leur gloire, la transposition sur scène de leurs savantes inventions pop avait tout du pari fou, disais-je l’autre à Graeme Edge en entrevue. Le batteur des Moodies a eu ce commentaire: «C’est plus facile à reproduire maintenant, on est moins seuls avec nos machines, la technologie est mieux contrôlée. Et on a deux musiciens et deux musiciennes pour faire ce qu’on ne peut pas faire nous-mêmes.» Hier soir à Wilfrid, force était de donner raison au bon barbu: la machine à musique des Moody Blues fonctionnait à la perfection.

    Et les trois gars encore actifs des Moodies de la grande époque — l’affable Graeme, le noble Justin Hayward à la principale voix et aux guitares, le meneur de claques John Lodge à la voix secondaire et à la basse — tenaient la forme que la machine exigeait. Graeme bénéficiait bel et bien d’un batteur d’appoint, mais quand celui-ci faisait des percussions, le cher homme retrouvait tout naturellement ses roulements. Hayward et Lodge, eux, étaient impeccables, irréprochables: pas une version des classiques du groupe n’était déficitaire, pas plus les frénétiques I’m Just A Singer (In A Rock’n’roll Band) et Ride My See-Saw que les merveilles pop psychédéliques Gypsy (Of A Strange And Distant Time) et Isn’t Life Strange. Et l’obligatoire flûte de Ray Thomas le retraité? Jouée expertement par une certaine Norda Mullen.

    La barre était encore plus haute pour les chansons de l’album Days Of Future Passed, leur chef-d’œuvre, l’un des albums «parfaits» des années 60. Eh ben chiche! Tuesday Afternoon, Peak Hour, le poème Late Lament et la suprême ballade Nights In White Satin étaient dûment immenses et magnifiques.

    Un tel niveau d’exécution ne laissait pas beaucoup de place à l’improvisation: tout était casé, prévu, y compris les rares présentations, et jusqu’à la séquence de gags bon enfant de Graeme Edge sur les affres de l’âge. John Lodge a dit «Take care and keep smiling!» à la fin comme dans tous les spectacles récents, c’était tout juste si Justin et lui ne se regardaient pas «on cue». Le naturel de l’affaire en pâtissait un brin, mais c’était le prix à payer pour cette concentration de tous les instants. Peut-on taquiner ainsi la perfection et vraiment s’amuser en même temps?

    Les fans y trouvaient certainement leur compte: il y a eu au moins une ovation debout aux deux chansons, acclamant les succès des années 80 — The Voice, Your Wildest Dreams, The Other Side Of Life, I Know You’re Out There Somewhere — autant que les morceaux de bravoure des heures épiques. Une soirée idéale et prévisible avec un groupe supérieur et bien-aimé? Difficile de demander plus.












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