Un «Mur du son» réussi à Québec
Son concepteur Olivier Dufour nous en a mis plein les yeux, au sens propre comme au sens figuré, avec ce spectacle à grand déploiement qui sera par ailleurs repris ce dimanche soir. L’évènement dans lequel la ville et le ministère de la Culture ont investi 200 000 $ et des partenaires privées 315 000 $ repose sur un dispositif scénique inusité: un immense mur transparent de cinq étages avec, à chaque niveau, des musiciens et choristes.
Tantôt on mise sur la transparence en montrant les chanteurs, tantôt on projette des images sur l’ensemble, le tout au service d’une immense fresque en hommage à la ville. Dès lors, on comprendra que tous se demandent si on n’a pas affaire à un nouveau Moulin à Images…
Contenu revu
Le Mur du son avait déjà été présenté, l’an dernier, au Festival Juste pour Rire où il a récolté le prix du public pour le meilleur spectacle de rue. Or son contenu a été complètement revu pour le spectacle de Québec avec un nouveau choix de chansons et des images de la ville. Son concepteur, Olivier Dufour qui dirige une compagnie d’organisations d’événements internationaux depuis Québec n’en est pas à son premier contrat avec la ville puisqu’il a notamment créé le méga spectacle « Le Chemin qui marche » présenté à la Baie de Beauport dans le cadre du 400e.
Fait inusité, la performance du Mur du son repose sur la présence d’une chorale féminine flamande – la Scala – dont les interprètes sont néerlandophones et ne parlent pas le français. Elles ont dont dû apprendre par cœur, sans en comprendre le sens, Dégénération de Mes Aïeux comme Le tour de l’île de Félix Leclerc.
Pour cette dernière pièce, elles étaient accompagnées à l’avant par Yan Perreau; la chanteuse Paule-Andrée Cassidy a pour sa part interprété «Si Dieu existe» de Claude Dubois. Ici et là, des feux d’artifices venaient appuyer certaines chansons depuis les murs des remparts de la vieille ville.
Ballades connues
Pour rendre hommage à Québec, Dufour a opté pour un répertoire de ballades connues (d’Yves Duteil, Francis Cabrel, Barbara, etc.) et demandé à des réalisateurs de s’en inspirer pour filmer la ville. En ont résulté de petits bijoux comme ce portrait d’un harmoniciste de rue filmé dans son quotidien de performances entrecoupées de pauses café. Le tout avec comme bande sonore «Voir un ami pleure » de Jacques Brel.
On l’aura compris, cela donne à l’ensemble un style très romantique, voire sucré par moments. Des pièces comme «Le vent l’emportera» de Noir Désir, par exemple, n’étaient pas nécessairement bien servies par le recours à la chorale.
Or le public semblait tout simplement ravi et les feux d’artifices époustouflants de la finale ont sûrement su gagner les quelques sceptiques qui pouvaient subsister. Seul tension de la soirée, un échanges d’insultes absurde en début de spectacle entre partisans de la chaise pliante et partisans du «debout»: les uns, hurlant pour qu’on leur laisse plus de place, les autres répondant «assis» pour qu’on ne les cache pas. On n’a pas frôlé l’émeute mais c’est tout juste…
Les gens se sont massés par milliers jusqu’aux portes du parlement pour assister à ce spectacle gratuit, accessible et résolument grand public. On disait pouvoir accueillir 15 000 personnes dans la zone séparant l’Assemblée nationale des remparts et, le beau temps aidant, l’objectif a été atteint sans mal.
Avec cet évènement à la hauteur des attentes, la ville de Québec impose un nouveau grand spectacle «signatur » qui vient s’ajouter au Moulin à Images et au spectacle de rue conçu par le Cirque du Soleil pour le quartier St-Roch. Bref, elle se dote d’un atout de plus afin de se positionner comme une ville «festive» que vend depuis deux ans le maire Régis Labeaume. Ce dernier n’était par ailleurs pas présent samedi soir en raison d’un mal de dos contracté lors d’un voyage à Bordeaux.
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