La francophonie au pluriel
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Le groupe H’Sao
Ils sont d'Amérique française et de France sans frontières. Ils viennent de Madagascar, du Mali ou du Montréal immigrant. Ils nous ont tous fait vibrer.
- Le moment pour l'éternité: Salif Keita. Le roi Salif offrira-t-il un jour un concert banal? Il semble que non. C'était la haute voltige, le souffle profond, incandescent, soutenu, tournoyant, mandingue, universel, intemporel, tout de transe. Comme d'habitude!
- Le moment coup de coeur: Bassekou Kouyate. On attendait ce maître des ngonis en véritable révélation et il en fut. Un groove fulgurant, des attaques dévastatrices, des mélopées puissantes, un imaginaire traditionnel et moderne en même temps.
- Le moment de la liberté réinventée: Lo'Jo. Des chansons de libre circulation sonore et textuelle. Des artistes qui jouent de tout dans toutes les époques et des voix de l'au-delà: on en conserve l'impression que s'engendre devant nous le Nouveau Monde.
- Le moment des libations créatrices: Rachid Taha. Du Rachid comme on attend Rachid, un brin échevelé, mais avec toujours cette densité punk qui ne se dément pas. La voix égratignée, il scandait «Fuck BP!» C'était très rock dans la casbah du Métropolis.
- Le moment des errances joyeuses: Rupa & The April Fishes. La Californienne francophile d'ascendance indienne et de coeur latino faisait nager ses poissons d'avril sur des acoustiques foraines et volontairement déglinguées. Une vraie bouffée d'air frais celle-là.
- Le moment des zaricots: Cedric Watson. Un splendide Louisianais texan qui plonge le blues dans la valse lente, fait jaillir le vieux style créole des cordes de son violon, ressent l'Afrique au bout de ses congas et, surtout, pimente fortement ses zydecos pas salés.
- Le moment du reel à quatre temps: Le Bébert Orchestra, Mauvais Sort, Nicolas Pellerin et les Tireux d'Roches: quatre façons énergiques, progressives, intimes, subtiles, engagées et pas seulement festives d'exprimer la richesse du trad en 2010.
- Un autre moment précieux: Celui de se rappeler le coup de soleil en rumba métisse de Labess sous l'averse, la complicité contagieuse de Bïa avec Yves Desrosiers en chansons frissons, les voix bouleversantes d'H'Sao, le sens de la fête de Bombolessé et d'Élage Diouf. Enfin, le moment de célébrer le rap fédérateur à la mémoire vive de Didier Awadi, la conscience sensible de Razia Said et la déclaration d'amour d'Angélique Kidjo au Québec. À quand la résidence?
***
Collaborateur du Devoir
- Le moment pour l'éternité: Salif Keita. Le roi Salif offrira-t-il un jour un concert banal? Il semble que non. C'était la haute voltige, le souffle profond, incandescent, soutenu, tournoyant, mandingue, universel, intemporel, tout de transe. Comme d'habitude!
- Le moment coup de coeur: Bassekou Kouyate. On attendait ce maître des ngonis en véritable révélation et il en fut. Un groove fulgurant, des attaques dévastatrices, des mélopées puissantes, un imaginaire traditionnel et moderne en même temps.
- Le moment de la liberté réinventée: Lo'Jo. Des chansons de libre circulation sonore et textuelle. Des artistes qui jouent de tout dans toutes les époques et des voix de l'au-delà: on en conserve l'impression que s'engendre devant nous le Nouveau Monde.
- Le moment des libations créatrices: Rachid Taha. Du Rachid comme on attend Rachid, un brin échevelé, mais avec toujours cette densité punk qui ne se dément pas. La voix égratignée, il scandait «Fuck BP!» C'était très rock dans la casbah du Métropolis.
- Le moment des errances joyeuses: Rupa & The April Fishes. La Californienne francophile d'ascendance indienne et de coeur latino faisait nager ses poissons d'avril sur des acoustiques foraines et volontairement déglinguées. Une vraie bouffée d'air frais celle-là.
- Le moment des zaricots: Cedric Watson. Un splendide Louisianais texan qui plonge le blues dans la valse lente, fait jaillir le vieux style créole des cordes de son violon, ressent l'Afrique au bout de ses congas et, surtout, pimente fortement ses zydecos pas salés.
- Le moment du reel à quatre temps: Le Bébert Orchestra, Mauvais Sort, Nicolas Pellerin et les Tireux d'Roches: quatre façons énergiques, progressives, intimes, subtiles, engagées et pas seulement festives d'exprimer la richesse du trad en 2010.
- Un autre moment précieux: Celui de se rappeler le coup de soleil en rumba métisse de Labess sous l'averse, la complicité contagieuse de Bïa avec Yves Desrosiers en chansons frissons, les voix bouleversantes d'H'Sao, le sens de la fête de Bombolessé et d'Élage Diouf. Enfin, le moment de célébrer le rap fédérateur à la mémoire vive de Didier Awadi, la conscience sensible de Razia Said et la déclaration d'amour d'Angélique Kidjo au Québec. À quand la résidence?
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