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Nuits gainsbouriennes de CEA - Planète Gainsbourg

Frédérique Doyon   20 mai 2010  Musique
Nuits gainsbouriennes vise à doter CEA d’une carte de visite pour la France, où le groupe a déjà circulé un peu.
Photo : www.pierrewtzel.com
Nuits gainsbouriennes vise à doter CEA d’une carte de visite pour la France, où le groupe a déjà circulé un peu.
CEA aime faire durer le plaisir. Après le bel accueil de leur album Coin Strasbourg l'an dernier, le groupe hip-hop de Québec prolonge en quelque sorte l'aventure avec un maxi Nuits gainsbouriennes.

«On voulait donner un deuxième souffle à Coin Strasbourg, expliquer, démystifier le projet, explique au Devoir Lou, MC et chanteur de CEA. Nos influences étaient très subtiles et on a voulu les mettre de l'avant.»

Serge Gainsbourg était déjà en germe dans l'opus précédent. Le petit dernier ouvre donc les vannes gainsbouriennes à fond, sur une note très légère et festive qui caractérisait les débuts du groupe. Ça s'écoute presque trop bien.

«Il [Gainsbourg] nous a aspirés dans son univers d'éternel ado, irrévérencieux, de poète rebelle, toujours pertinent», confie Lou.

Cela dit, le minialbum de huit pièces n'en compte que deux repiquées au bohème de la chanson française: Laisse tomber les filles, que Lou voyait interprété par la chanteuse Marième, et Initiales B. B., irrésistible vu le nom prédestiné d'un des membres de CEA, Bob Bouchard.

«Il y a quelque chose d'épique dans cette chanson, note Lou. Ça nous rappelait le genre d'échantillons qui se faisaient dans les années 1990, par Notorious B.I.G., Wu-Tang Clan, Public Ennemy.»

Pour le reste, le quatuor (complété par Lwazo) a remixé la pièce C'est beau comme on s'aime de Yann Perreau et deux des morceaux de Coin Strasbourg et adapté Africain à Paris de Tiken Jah Fakoly — elle-même repiquée à Sting (Englishman in New York) — à leur réalité géographique: Africaine à Qc.

À quoi bon s'empêcher de produire du nouveau matériel si les outils permettent désormais le chouette vice de la boulimie musicale? D'ailleurs, un troisième volet du projet Coin Strasbourg, «plus soul» cette fois, selon Lou, viendra à l'automne.

CEA ne voit pas de mal non plus à surfer la petite vague d'engouement actuel pour la pop française. Toute célébration de la musique francophone fait du bien à notre petite industrie, selon le quatuor qui a d'ailleurs été renversé par l'ampleur et la richesse du répertoire francophone de Gainsbourg.

Nuits gainsbouriennes vise aussi à doter CEA d'une carte de visite pour la France, où le groupe a déjà circulé un peu, et où il cherche maintenant à commercialiser sa musique. D'ailleurs, le minialbum se recentre autour de ses quatre membres (Lou, Marième, Bob Bouchard et Lwazo) pour mieux les distinguer des nombreux collaborateurs qui ont toujours gravité autour d'eux.

Pour avoir le son juste, il faudra se rendre au Cercle à Québec le 11 juin, qui marquera le lancement officiel de Nuits gainsbouriennes, déjà offert en téléchargement gratuit.
 
 
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