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    Musique classique - Ludovic Morlot, nouveau visage à l'OSM

    3 avril 2010 |Christophe Huss | Musique
    Le chef français Ludovic Morlot et la pianiste chinoise Yuja Wang seront à Montréal dans un programme Debussy, Ravel, Rachmaninov.
    Photo: Sussie Ahlburg Le chef français Ludovic Morlot et la pianiste chinoise Yuja Wang seront à Montréal dans un programme Debussy, Ravel, Rachmaninov.
    • LUDOVIC MORLOT À L'OSM
    • Debussy, Ravel, Rachmaninov. À la salle Wilfrid-Pelletier, mardi 6 avril à 20h. 514 842-9951
    C'est d'assez loin l'affiche la plus fraîche et la plus excitante de l'année à l'Orchestre symphonique de Montréal: le chef français Ludovic Morlot et la pianiste chinoise Yuja Wang dans un programme Debussy, Ravel, Rachmaninov. Cela se passe mardi, pour un soir seulement, à la Place des Arts.

    Une fois n'est pas coutume: l'OSM a flairé l'air du temps. Certes, Montréal découvrira Ludovic Morlot après Toronto et Ottawa. Cela, on en a l'habitude. Mais contrairement à d'autres jeunes étoiles de la direction d'orchestre — James Gaffigan et Robin Ticciati cette saison — lui, au moins, on pourra l'entendre dans la métropole!

    À Montréal, il rencontrera pour la première fois la soliste Yuja Wang, dont on attend fin avril le second disque chez Deutsche Grammophon. Wang est d'ailleurs désormais la tête de pont de l'étiquette jaune vers la Chine, puisque, en quelques mois, Yundi Li a filé chez EMI et Lang Lang s'est fait débaucher par Sony.

    Le programme de la soirée fera se succéder Nuages et Fêtes de Debussy, le Concerto en sol de Ravel, les Danses symphoniques de Rachmaninov et La Valse de Ravel. Notre ultime voeu pieux sera que Morlot puisse disposer des répétitions nécessaires pour partager sa vision des oeuvres, chose rien moins qu'évidente puisque, dès le lendemain, l'orchestre donne un concert en matinée avec un autre chef et un autre programme!

    Parcours fulgurant

    La première fois que le monde musical a entendu parler de ce musicien natif de Lyon, c'était au printemps 2007, lorsqu'il fut appelé par le Philharmonique de New York à remplacer au pied levé Christoph von Dohnanyi. Il était alors chef assistant de James Levine à Boston et venait de travailler la Sinfonia d'Eliott Carter, dont l'un des mouvements faisait partie du programme de Dohnanyi à New York.

    En entrevue au Devoir, Ludovic Morlot qualifie ce concours de circonstances de «transition idéale» entre un poste d'assistant et un début de carrière. «Cela a ouvert beaucoup de portes», confirme-t-il, d'autant que, quelques mois après, le Symphonique de Chicago l'appelait pour remplacer Riccardo Muti. «Cela m'a permis d'être plus en vue en Amérique du Nord et de nouer des relations avec des orchestres», se réjouit le chef, tempérant toute tentative de généralisation en précisant: «C'est facile de dire que c'était idéal, maintenant que l'on sait que cela s'est bien passé et que j'ai été réinvité!»

    Aujourd'hui, Ludovic Morlot, qui se ménage des périodes d'étude en juillet et en décembre, consacre huit à neuf semaines par année à l'Amérique du Nord, occupe les deux tiers de son temps par des engagements en Europe et fait un voyage annuel en Asie.

    Il sera de toute évidence l'un des prochains jeunes chefs à décrocher un poste intéressant. Il considère d'ailleurs que c'est «assez imminent» et, en tout cas, un objectif des «trois ou quatre prochaines années». Cela l'allégera d'un poids important: «Lors de la première rencontre avec un orchestre, les vingt premières minutes, c'est beaucoup plus de psychologie que de musique.» «Pouvoir songer que la semaine suivante on ne recommence pas tout de zéro parce qu'on retrouve des musiciens que l'on connaît» est l'un de ses rêves les plus chers. Il souhaite aussi pouvoir travailler à la programmation et à la vision artistique d'un orchestre.

    Ouverture d'esprit

    Dans cette vision artistique, Ludovic Morlot inclut, plus que d'autres, le répertoire contemporain, lui qui cultive une relation suivie avec l'Ensemble intercontemporain à Paris. «C'est très important pour moi. J'ai besoin de ces défis, j'ai besoin de faire une recherche sur des répertoires que je ne connais pas, de sonder mes goûts par rapport à des langages et vocabulaires nouveaux. Le contraste dans la programmation fait partie de mon profil. Ainsi, lors de ma troisième présence au Philharmonique de New York, j'ai ouvert le concert avec une pièce de Tristan Murail.»

    Ludovic Morlot tient à préciser ceci: «Parmi nos missions en tant qu'artistes, il y a celle de trouver la musique qu'on a envie de défendre. Il nous faut chercher le jeune artiste qui sera encore joué dans cent ans.»

    Parmi les patriarches de la musique de notre temps, Morlot cite spontanément Kurtag et Dutilleux. Dans les générations suivantes, le chef précise que ce ne sont pas forcément des compositeurs qu'il s'agit de défendre en bloc, mais qu'il lui arrive souvent d'éprouver des coups de coeur pour certaines oeuvres en particulier.

    Parmi les noms de créateurs dont on entend trop peu parler, selon lui, on trouve l'Anglais Julian Anderson, pour son «vocabulaire extraordinaire», les Américains Nico Muhly et Arlene Sierra, l'Italien Marco Stroppa, le Danois Poul Ruders, l'Allemand Matthias Pintscher et l'Écossais Oliver Knussen.

    Un maître mot dans sa quête du meilleur de notre temps? Identité! «Quand je lis une partition, je cherche une identité dans l'écriture.» Alors, apprécie-t-il Oswaldo Golijov? «J'ai dirigé son Concerto pour violoncelle. On aime ou on n'aime pas, mais c'est certainement plus atypique, plus nouveau.»

    ***

    LUDOVIC MORLOT À L'OSM
    Debussy, Ravel, Rachmaninov. À la salle Wilfrid-Pelletier, mardi 6 avril à 20h. 514 842-9951












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