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La complainte du vide intérieur

Une anthropologue se penche sur le côté sombre de la chanson actuelle

Frédérique Doyon   23 mars 2010  Musique
L’anthropologue Isabelle Matte constate que la chanson québécoise actuelle semble exprimer une perte du lien social, du sentiment d’appartenance.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
L’anthropologue Isabelle Matte constate que la chanson québécoise actuelle semble exprimer une perte du lien social, du sentiment d’appartenance.
Sous des airs souvent joyeux, nos artistes chantent la perte de sens et le cul-de-sac de la surconsommation, des Colocs à Loco Locass. Une critique en forme de nostalgie du lien social évacué avec notre héritage religieux. Saine complainte, juge l'anthropologue Isabelle Matte.

Les punks marginaux du «No Future» l'ont clamé. Les intellectuels l'ont annoncé aussi. Voici que la critique du capitalisme et d'un monde qui tourne à vide est rentrée dans le discours dominant et populaire. En témoigne la chanson québécoise actuelle, dont les textes regorgent de références apocalyptiques en forme de quête de sens, L'Échec du matériel de Daniel Bélanger en tête de liste.

C'est un constat que pose Isabelle Matte dans un chapitre de Modernité et religion au Québec. Où en sommes-nous?, ouvrage collectif tout juste paru aux Presses de l'Université Laval sous la direction de Robert Mager et de Serge Cantin.

«L'idée que le monde court à sa perte a quitté les marges du social et fait désormais partie de la trame narrative du discours normatif populaire», écrit la doctorante en anthropologie, qui a étudié la scène hardcore montréalaise à la maîtrise.

Comme l'écologisme, la chanson d'ici est un vecteur important de ce discours post-apocalyptique ambiant, car depuis La Rue principale des Colocs, l'anthropologue constate que, sur des airs musicaux souvent joyeux, nos auteurs-compositeurs-interprètes cultivent un pessimisme ravageur, où l'idéologie du marché a remplacé l'humanisme et la spiritualité.

«La critique sociale a toujours fait partie de la jeunesse contestataire, reconnaît celle qui enseigne aussi à l'Université Laval. La différence que je perçois dans la chanson québécoise contemporaine, c'est qu'il ne semble pas y avoir d'espoir. Ce n'est pas "un nouveau monde est possible" [comme le chantait la génération du baby-boom], c'est "le monde court à sa perte".» Seule issue: la fuite, l'épuisement dans le présent. D'où les musiques festives et entraînantes des Cowboys Fringants, des Colocs, de Mes Aïeux...

Ce changement radical des visions du monde, Isabelle Matte l'attribue à l'«inversion structurelle» qui s'est opérée avec la Révolution tranquille. «Nous parlons du passage d'un catholicisme englobant une bonne partie de la réalité sociale et existentielle des Québécois à une religion qui se doit d'être choisie par l'individu. Le passage, donc, d'une société largement traditionnelle à une société de consommation post-industrielle», écrit-elle, un peu à contre-courant de ses collègues-auteurs qui tentent plutôt de relativiser l'impact de la Révolution tranquille pour montrer la persistance d'un sens religieux qui s'est simplement diversifié.

Loin de plaider un retour au religieux, la chanson actuelle exprime surtout un vide, un manque, que la religion a longtemps comblé, précise Isabelle Matte, qui s'intéresse depuis six ans aux impacts culturels de la sécularisation, en comparant l'après-Révolution tranquille et l'après-Celtic Tiger irlandais.

«J'ai l'impression qu'il y a une espèce d'idéalisation du passé sans vouloir du tout y retourner, affirme-t-elle. Les jeunes ne sont pas fous. Le problème n'est pas le rejet de la religion comme telle, mais ils sentent une sorte de perte, moins du mode de vie que du lien social, du sentiment d'appartenance.» Elle rappelle le sens étymologique du mot religion, qui signifie relier, pour illustrer à quel point le catholicisme québécois unifiait toutes les sphères de la vie.

Cette nostalgie, Mme Matte la perçoit comme saine et positive. D'une part, elle reflète l'intensité toute particulière avec laquelle a été vécue la Révolution tranquille au Québec, période de contestation politique, de révolution sexuelle doublée d'un mouvement de sécularisation en mode accéléré. D'autre part, elle dénote une curiosité nouvelle, un «désir de se lier à ce passé [longtemps évacué et que les jeunes connaissent souvent mal, note-t-elle], de jeter un pont, de faire partie d'une continuité.»

L'anthropologue s'explique ainsi le retour en force de musiques d'allégeance plus folklorique, comme celle de Mes Aïeux, et l'émergence de phénomènes comme les Commandos Trad, ces musiciens qui prennent d'assaut les stations de métro (surtout celles aux noms liés à notre histoire comme Papineau, Lionel-Groulx) pour redonner vie aux airs hérités d'une riche tradition orale.

«Il y a des choses qui n'ont pas été digérées. Et là, ça ressort, sous des formes diverses. Il y a encore beaucoup d'éléments un peu pré-modernes ou traditionnels dans la société québécoise. Il faut les voir, les connaître mieux, pour pouvoir vivre avec ou s'en défaire.»

La doctorante s'intéresse depuis six ans au catholicisme, mais d'un point de vue anthropologique, hors de l'institution, donc, pour comprendre «comment ça se vivait». Son sujet de thèse porte sur le processus de sécularisation post-Révolution tranquille, qu'elle compare aux effets de la Celtic Tiger en Irlande. C'est aussi à titre de fan (et forte de sa maîtrise) qu'elle a choisi de fixer sa lorgnette anthropologique sur la musique québécoise.

«Dans les productions culturelles d'ici, il y a un réel souci d'où on s'en va, dit-elle en citant notamment la trilogie du cinéaste Bernard Émond sur les vertus théologales. Je trouve nos artistes intelligents, ils ont un discours sur le monde qu'on se doit d'entendre. Il faut les écouter...»
L’anthropologue Isabelle Matte constate que la chanson québécoise actuelle semble exprimer une perte du lien social, du sentiment d’appartenance. «Plus je m’assure sur la vie et sur les choses/ Je me réveille chaque jour plus angoissé/ [...] /Devant l’échec du matériel, devant l’échec»  — Daniel Bélanger, L’Échec du matériel, tiré de l’album du même nom, Audiogram, 2007 «Le vide, je vais le remplir avant que mon âme s’assèche et que je craque/ Je veux tout, tout de suite et ici»  — Ariane Moffatt, Je veux tout, tiré de l’album Tous les sens, Audiogram 2008 «Dieu est mort, faut bien qu’on le remplace/ Qu’on remplisse le vide qui prend toute la place»  — Loco Locass Groove Grave, tiré de l’album Amour oral, Audiogram 2004
 
 
 
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  • Yves Petit - Inscrit
    23 mars 2010 07 h 08
    individualisme
    Cette perte d'espoir dans la vie se manifeste particulièrement dans notre incapacité à nous reproduire et dans notre individualisme extrême. Les centres d'achats et la mode ne sont pas les solutions...
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  • France Marcotte - Abonnée
    23 mars 2010 08 h 45
    Et demain?
    L'art a la fonction d'anticiper en plus de celle de traduire nos états d'esprits. Maintenant qu'on a bien regardé ce qu'on voyait jusque là du coin de l'oeil dans le rétroviseur, on pourrait pas imaginer le tracé de la route, les paysages qui ne manqueront pas de se présenter au détour, ceux que nous inventerons? Plus difficile, en effet, mais c'est un excellent moyen de faire passer le mouron.
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  • michel lebel - Inscrit
    23 mars 2010 09 h 42
    Ténèbres et lumière
    La société québécoise est éclatée, atomisée. La religion ne fait plus le lien entre les personnes et les générations. Situation relativement nouvelle, mais aussi généralisée en Occident. Est-ce un signe de décadence, de fin de civilisation? Je ne l'affirmerais pas catégoriquement, mais je serais porté à répondre oui. C'est un temps extrêmement difficile pour plusieurs, particulièrement chez les jeunes, je crois.

    Mais c'est aussi une période exhaltante, où chacun est amené à trouver son chemin, le sens de sa vie. Ce chemin n'est plus tracé automatiquement par une grande institution, telle l'Église. La démarche est d'abord personnelle, donc ardue, pleine d'embûches et de tâtonnements. Mais c'est un chemin, une route, une plus ou moins longue et difficile marche. Ce n'est pas par hasard que le chemin de Compostelle soit si populaire de nos jours. Ou les rencontres de Taizé(France) pour les jeunes du monde.

    Les artistes disent à leur façon ce mal de vivre. Il faut souvent passer par là pour percevoir enfin le rayon de lumière. Rares sont ceux qui peuvent se passer d'une période de ténèbres. La lumière poindra nécessairement aussi un jour pour les artistes, ces prophètes des temps modernes. Car la lumière est vitale!

    Michel Lebel
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  • Normand Parisien - Inscrit
    23 mars 2010 10 h 02
    D'une génération à une autre.
    Ces chansons sont destinées à un public formé majoritairement de jeunes. Ce sont eux qui vont assister aux spectacles ou acheter/télécharger les CD. Les jeunes ont toujours eu de la difficulté à trouver leur place dans la société ce qui provoque une certaine morosité de leur part. Les problèmes économiques que nous traversons n'aident pas à garder le moral pour ceux qui pensent avoir un avenir incertain. L'aspect religieux de ce phénomène ne me semble pas évident. Quand j'avais 20 ans, je n'étais pas très optimiste et l'avenir me semblait aussi incertain avec un 12 % comme taux officiel du chômage.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    23 mars 2010 11 h 26
    Au-delà des religions
    Il faut un changement de paradigme: au lieu de chercher le sens de sa vie dans un au-delà incertain prôné par de multiples religions, chercher le sens de sa vie en soi-même, dans sa famille, dans notre société, dans l’Humanité toute entière.

    Les philosophes gréco-romains (surtout les stoïciens) l’avaient compris, en proposant une conduite de vie appuyée sur les principes cardinaux de vertu, basés sur la maîtrise de soi (i.e. la modération et le contrôle de ses pulsions animales), la prudence dans les décisions et dans l’action, la justice et le respect des autres, le courage à défendre ce qui est vrai, juste et bon, et le service du bien public. L’homme peut atteindre, par sa raison et son coeur, des sommets inégalés.
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  • Denis Miron - Inscrit
    23 mars 2010 11 h 34
    Le marché total
    La révolution tranquille a ouvert la voie à une très grande liberté d’expression, ce qui a permis de reformuler l’identité d’un point de vue beaucoup plus personnel qu’institutionnel. En même temps que les églises vont se vider, les temples de la consommation vont se remplir. Ce que la culture du sacré perdra comme terrain sera conquis par la culture du marché. Si le joug du religieux a été perçu comme une forme de dictature, attention à celui du marché total qui se dessine à l’horizon. Si vous n’avez pas encore visionnez le film de Carole Poliquin :«Le bien commun, l’assaut final»( 62 min. réalisé en 2002) disponible dans les bibliothèque de CÉGEP et d’université, c’est à inscrire à votre agenda …à visionner en groupe si possible pour ensuite en discuter. et se sentir moins seul devant la logique inhumaine du marché total, ce qui permettra peut-être de se sentir moins seul en temps que Québécois. En bref, je décrirais ce film comme une transposition de la Genèse, i.e. les 7 jours de la Création, appliquée au monde des affaires… «et Dieu vit que cela était bon»…devient… «et l’homme d’affaire vit que cela était bon pour les actionnaires» Je souhaite que ce vide de sens puisse se remplir de colère et d’indignation.
    «Que c’est triste l’Amérique quand y a Dieu et le fric main dans la main» (Je m’excuse auprès de l’auteur de cette petite phrase qui en dit long sur ce vide, car j’oublie son nom.)
    L’identité n’est pas seulement post révolution tranquille, elle est aussi post Union Soviétique , elle est aussi post 11septembre 2001 avec les guerre qui s’en suivent et qui perdurent malgré le désaccord généralisé de l’opinion publique mondiale et elle est présentement en pleine crise égonomique qui remet sévèrement en cause non seulement les structures religieuses mais aussi les institutions démocratiques.Le chaos est à l’oeuvre et la civilisation en voie d’effondrement, et le Québec aussi est emporté par ce grand tourbillon. Le brevetabilité du vivant est une fraude intellectuele au zénith de l’absurde.L’espoir est avare de signes.
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  • Roland Berger - Abonné
    23 mars 2010 11 h 57
    Apprentissage de la liberté
    Le peuple québécois s'est débarrassée de l'autorité religieuse qui lui a dicté sa conduite et sa pensée pendant plus d'un siècle. Plus de réponses toutes faites, plus de références codifiées pour toutes occasions. Un demi-siècle, c'est court pour faire l'apprentissage de la liberté personnelle et collective. La patience s'impose et les artistes le disent à leur manière aux jeunes qui voudraient la chose faite une fois pour toutes. Cette impatience est sans doute porteuse d'un nouvel élan vers la souveraineté politique du peuple dont ces jeunes font partie. Laissons-leur le temps.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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  • Ano Nyme - Inscrit
    23 mars 2010 13 h 47
    Chaque chose en son temps
    Voilà M. Berger, le temps et la patience fera inévitablement avancer les choses. Cela dit je crois que le discours artistique est mûr pour un virage. La vague pessimiste et dénonciatrice qui image plus souvent qu'autrement une société victime de son époque pourrait faire place à l'expression d'une volonté réelle de changement à travers un questionnement plus profond des réalités de notre temps et des voies futures possibles à emprunter, tout cela en allant au-delà de l'imputation chronique qui n'offre que peu de solutions. Je crois assurément en un tel virage ne pourra qu'inspirer les générations qui ont perdu confiance en l'avenir, en la démocratie (oui) et en la vertu humaine.
    Une utopiste qui fait de la musique.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    23 mars 2010 14 h 20
    Le labyrinthe.
    Il n'y a pas que les artistes dont elles parlent qui évoquent l'apocalypse. Il y a aussi les lucides pour d'autres raisons. Nous avons besoin de nouveaux défis à relever. Parmi ceux-ci, il faudrait apprendre à apprivoiser la décroissance économique. Et croyez-moi, ce ne sont pas les lucides qui seraient d'accord avec moi.

    Les lucides, ils me font penser à la religion, c'est-à-dire très accrocher au passé, prêt à sortir le fouet pour nous faire produire davantage. La religion fait aussi un peu la même chose pour les principes qu'elle défend. Les lucides comme la religion baignent dans l'eau stagnante. Je sais que mes propos risquent d'en faire rire plusieurs, mais ça m'importe peu. Ça ne m'empêche pas de respecter tout le monde dans tout ça, et aussi dans son cheminement propre à chacun.

    Nous sommes comme dans un labyrinthe et c'est à chacun de trouver sa propre porte de sortie. Non pas pour devenir individualiste mais tout au contraire pour se rapprocher des autres. C'est à peu près ainsi que je sens l'époque dans lequel nous vivons. Soit dit en passant, trop d'autorité est comme une caricature de l'intelligence.
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  • Kevin Ouellet - Inscrit
    23 mars 2010 15 h 00
    L'isolement par la sphère privée
    Par simple constatation, il ne me semblerait pas que ce soit la dissolution de l'autorité religieuse dans les modes de vie autant que le vide laissé à la fois par le développement d'une sphère sociale dite privée et la perte d'un modèle d'union collective (comme le suggérait Michel Lebel).

    Pour expliciter le concept de «sphère privée», le mieux est de faire ressortir un problème bien connu que je nommerais: «l'idéalisme amoureux». Il semblerait ces dernières années comme l'a indiqué le sociologue Peter L. Berger que le mariage, contrairement à la pensée populaire selon laquelle il serait en dégradation à cause du manque d'intérêt que l'on porte aux relations durables, soit, inversement, en dégradation à cause de l'intérêt surévalué que l'on accorde aux relations. En effet, l'organisation sociale propre à l'ère post-industrielle induirait non seulement l'organisation d'une sphère privée, cristallisée et de plus en plus détachée des institutions publiques (économiques, politiques, etc), mais aussi une faille dans la vie sociale individuelle via le détachement précoce des jeunes du cadre familial. Ils sont rapidement laissés à eux-mêmes, détachés de la famille par le travail, les études ainsi que l'horaire de vie de leurs parents. Ils recherchent donc la formation d'un monde personnel qui leur est propre assez tôt. Le malaise généralisé face à l'altérité (la vraie et non l'accord entre les moutons blancs et les moutons noirs de nos sociétés) ainsi que les difficultés d'arriver à développer une intimité véritable a poussé les dernières générations vers un profond désespoir vis-à-vis de leurs idéaux dans les relations et, ultimement, dans la socialisation. Le gros hit des médias dits libres tels qu'Internet où l'on peut avoir accès à des relations de consommations contrôlées de l'extérieur (sites de rencontres, facebook, msn, etc.) démontre un certain type d'attitude par rapport à la socialisation qui pourrait se traduire en un désir de manipuler le désir, de fuir la difficulté inhérente de la communication, de laisser le soin aux techniques de règler nos problèmes relationnels.

    De se consacrer à ses passions et de les faire fructifier dans la sagesse, la connaissance de soi, l'intimité personnelle et le développement de son potentiel individuel est effectivement l'objectif à atteindre, selon moi, mais la vertu des toréadors stoïcs ne peut suffir (et ne serait souhaitable...) à recréer l'ouverture et le désir de sortir de soi dans la sphère privée.

    Les artistes crient le vide par espoir qu'on les écoute mieux.

    Kevin Ouellet
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  • François Beaulé - Abonné
    23 mars 2010 16 h 41
    La religion au delà du principe d'autorité
    Les Québécois se sont débarassés, il y a quelques décennies, d'une Église autoritaire. Ils ont ressenti une exaltation de la liberté individuelle. Mais la perte de sens consécutive à l'abandon de toute religion place les individus dans un vide désagréable. Un vide spirituel et moral qui ne peut être comblé par l'hyperconsommation des biens matériels.

    Il faut donc secouer les préjugés anti-religion et fonder une ou des religions dégagées du principe d'autorité.
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    23 mars 2010 16 h 41
    FÉLICITATIONS (JOURNALISTE ET L'ANTHROPOLOGUE)
    Un texte simple et doux pour l'âme qui révèle des vérités profondes.
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  • Kevin Ouellet - Inscrit
    23 mars 2010 17 h 27
    Perplexité face à un problème moderne
    Questionnement par rapport à l'intervention de M. Francois Beaulé:

    1- Qu'est-ce qu'une religion?
    2- Qu'elle place occupe le sens dans la religion?
    3- En quoi la religion est la seule solution au besoin de sens?
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  • Yves Petit - Inscrit
    23 mars 2010 20 h 36
    Le coeur a ses raisons..
    Raymond Saint-Arnaud écrit "L’homme peut atteindre, par sa raison et son coeur, des sommets inégalés".

    Vous avez bien raison. Hitler, Staline, Mao, Saddam Hussein et compagnie nous l'ont prouvé éloquemment!
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  • Geoffroi - Abonné
    23 mars 2010 21 h 59
    Pertinent
    Votre texte est pertinent.

    Personnellement, je ne crois pas que le rassurant passé catho et capitaliste dominateurs étaient le "Bon vieux temps". Le présent est prometteur pour beaucoup plus de personnnes et l'avenir...personne ne le connaît.

    La nature a horreur du vide. Il nous faut de nouvelles références comme un cathéchisme et autres documents laïques - comme une constituion québécoise -.
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  • Liliane - Abonnée
    23 mars 2010 22 h 28
    Anomie sociale
    Intéressante étude
    Je ne crois pas que ce soit la religion qui nous manque mais bien davantage la spiritualité. Ce n'est pas la même chose. Mais là ne serait pas la seule cause de cette anomie et de ce scepticisme importants. Le manque de confiance en notre structure sociale dans son ensemble, l'irresponsabilité de nos gouvernants, le non sens du capitalisme... tout cela pèse trop lourd, c'est malsain. Nous devenons des abusés ... on nous abuse ! quoi d'étonnant que nous recevions de plus en plus des messages illustrant notre désabusement. L'abus est devenu culturel, une sorte d'état d'esprit que nous avons adopté, faute de développer notre conscience, notre valeur, notre confiance... Notre conscience collective s'étiole alors qu'elle devrait être un peu plus éveillée... Je ne blâme personne moi non plus mais ça presse, il faut se réveiller et agir en conséquence, avancer vers notre lumière préférée et allumée au bout du tunnel... Il faut recommencer à espérer comme gang habitant le même territoire et se prendre en main. On a pas fini le travail d'évoluer et il faut le dire à nos gouvernants... Leur lâcheté me sidère. Quant à notre spiritualité, on peur agir, puisqu'elle nous est personnelle et qu'elle nous nourrit pour agir. Qu'attendons-nous ?
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  • Danielle Cote - Inscrit
    31 mars 2010 00 h 18
    Un jeune de 16 ans s'est pendu hier
    Un jeune me faisait écouter ses compositions de rap qu'il a fait lors d'un projet scolaire. Toutes ses chansons parlées sur fond de beat triste criaient une souffrance, un vide, un no future. Aucun espoir, j'en ai écouté 8 et je n'en pouvais plus. Je lui ai dit c'est très déprimant tes tounes, j'en conviens que tes mots décrivent la réalité mais derrière les plus lourds nuages il y a toujours des rayons de soleil qui finissent par se pointer.. Il m'a dit que dans sa classe, hier, il avait appris qu'un gars de 16 ans avait été retrouvé pendu dans le garage chez son père. Il n'acceptait pas le divorce de ses parents et sa blonde venait de le fluscher aussi. Le pauvre gars n'avait pas d'autres solutions dans ce monde de merde. (c'est ce que le jeune me disait). Je lui ai demandé quand est-ce qu'il avait composé ses tounes de rap, (je me demandais si cela avait un rapport avec la tragédie du jeune suicidé), non, il avait écrit ses chansons depuis quelques mois. Et il ne connaissait pas personnellement le jeune suicidé.

    Il m'a aussi dit : madame, moi je ne crois en rien, et le jour où tout ira de travers la seule solution c'est de partir d'icitte. Jamais que je ne me marierai et j'veux pas faire des enfants qui seront garochés d'une semaine à l'autre.

    Durant la journée j'ai été bouleversée. Je pensais aux jeunes en général. Je me rappelais ma jeunesse insouciante et heureuse, nous, nous avions des chansons rythmées, j'écoutais les Beatles et je dansais le rock'n roll. Il me semblait que le monde était de mieux en mieux. Je rêvais d'une famille etc. Je n'avais jamais des idées morbides.

    Moi, je suis plutôt de nature optimiste, je me dis que demain sera mieux, je demande l'aide de Dieu pour voir le bon côté des choses, et je garde l'espoir que tout peut s'arranger.

    Mais j'avoue que de nos jours, c'est pénible pour nos jeunes. Leurs familles sont déchirées, ils ont peur de ne pas trouver d'emploi. Tout leur parait pourri. Ont-ils raison ? Sommes-nous au point d'un non retour. Est-ce un mur devant nous ? J'ose espérer quand même en un monde qui peut changer vers le mieux.
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