Entrevue avec Félix B. Desfossés, alias DJ Pâté - Un premier 45-tours en orbite pour les disques Pluton
Ça fait drôle. Là, devant moi, c'est moi à 27 ans. J'exagère. Disons plutôt: une sorte de fils spirituel avec une barbe et dix chapeaux. J'ai nommé Felix B. Desfossés, alias DJ Pâté, d'origine et d'allégeance rouynorandiennes, diplômé en «journalisme avec spécialisation en histoire de la musique», recherchiste et coordinateur de production à l'émission Bande à part, membre en règle du groupe garage-punk Les Prostiputes (depuis 2000) et du groupe «country-folk-psychédélique» Les Revenants (depuis peu), cofondateur du label rouynorandien Méga-Fiable, etc. Ce soir au Divan orange, il met en orbite Pluton, une nouvelle étiquette de disques fomentée avec sa copine Mélanie (alias Sweet Mélo), et lance une véritable soucoupe volante: un 45-tours.
Si, si. Une rondelle de vinyle avec un gros trou au milieu. Avec une aiguille et une table tournante, ça joue de la musique, de la fichue de bonne musique, en l'occurrence trois titres de fabuleux soul-funk québécois de la fin des années 1960 tels qu'enregistrés par un certain Donald Seward. Je vous le donne en mille: l'un des Romains de César. Le claviériste. Pas manchot. Un champion d'orgue soul, Seward, véritable Booker T. de chez nous. Après la chute de Rome, Seward brandit son glaive. Quelques 45-tours, deux albums et puis plus rien. Coups dans l'eau. «Pas parce que c'était pas bon, soutient Desfossés. C'était un précurseur, il reprenait du Sly & The Family Stone quand personne ne connaissait ça, mais il est passé complètement sous le radar. Injustement.»
Il fallait un DJ Pâté pour redécouvrir Donald Seward. Entre autres méconnus et mésestimés. «C'est ma récompense pour les centaines d'heures passées à écouter des piles de 45-tours d'inconnus, trouvés à dix cents par le collectionneur compulsif que je suis dans les ventes de garage et les bazars.» Il aurait pu jouir de ses trouvailles jalousement, en collectionneur-écureuil, mais non. Desfossés est de la nouvelle génération de tripeux de musique des années vinyle: un propagateur multimédia. Belle évolution. Les pionniers Richard Baillargeon et autres Léo Roy, témoins de l'époque, ont écrit des livres de référence essentiels. Le collègue Philippe Rezzonico et moi, de la génération suivante, avons infiltré les grands quotidiens. Un Jean-Christophe Laurence, en plus d'écrire à La Presse, a tenté l'aventure de la réédition avec l'étiquette Mucho Gusto. Desfossés, lui, oeuvre sur tous les fronts simultanément. Avec pour base de diffusion le blogue et la baladodiffusion: depuis deux ans, avec Sweet Mélo, il révèle rareté après rareté sur le site Vente de garage - podcast rock'n'roll (ventedegaragepodcast.blogspot.com).
«La musique des années 60 au Québec est une science qui n'est pas finie. Il y a encore énormément à découvrir. Et on est plusieurs à chercher.» Les sites amis sont en effet nombreux, formant communauté: Psychébélique (avec un «b»), Patrimoine PQ, À la carte, le blogue de Mimi la twisteuse, etc. «On a tous le même but: exposer ces musiques-là, créer des événements autour de leur redécouverte.» Nouvelle logique de dissémination, les trois pièces de Seward, la «mythique improvisation» Studio "B" Funk, Mongo's Boolagoo et Do-ré-mi-fa-soul, passent outre au CD, format décrété sans intérêt propre. Oui au 45-tours, «bel objet au son incomparable», oui au téléchargement (donald
seward.bandcamp.com): «Le mode le plus tactile, et le mode le plus intangible. C'est logique.» D'autres disques suivront. «C'est pas le choix qui manque», salive Desfossés. «Ni la passion.» Permettez une certaine fierté paternelle.
Si, si. Une rondelle de vinyle avec un gros trou au milieu. Avec une aiguille et une table tournante, ça joue de la musique, de la fichue de bonne musique, en l'occurrence trois titres de fabuleux soul-funk québécois de la fin des années 1960 tels qu'enregistrés par un certain Donald Seward. Je vous le donne en mille: l'un des Romains de César. Le claviériste. Pas manchot. Un champion d'orgue soul, Seward, véritable Booker T. de chez nous. Après la chute de Rome, Seward brandit son glaive. Quelques 45-tours, deux albums et puis plus rien. Coups dans l'eau. «Pas parce que c'était pas bon, soutient Desfossés. C'était un précurseur, il reprenait du Sly & The Family Stone quand personne ne connaissait ça, mais il est passé complètement sous le radar. Injustement.»
Il fallait un DJ Pâté pour redécouvrir Donald Seward. Entre autres méconnus et mésestimés. «C'est ma récompense pour les centaines d'heures passées à écouter des piles de 45-tours d'inconnus, trouvés à dix cents par le collectionneur compulsif que je suis dans les ventes de garage et les bazars.» Il aurait pu jouir de ses trouvailles jalousement, en collectionneur-écureuil, mais non. Desfossés est de la nouvelle génération de tripeux de musique des années vinyle: un propagateur multimédia. Belle évolution. Les pionniers Richard Baillargeon et autres Léo Roy, témoins de l'époque, ont écrit des livres de référence essentiels. Le collègue Philippe Rezzonico et moi, de la génération suivante, avons infiltré les grands quotidiens. Un Jean-Christophe Laurence, en plus d'écrire à La Presse, a tenté l'aventure de la réédition avec l'étiquette Mucho Gusto. Desfossés, lui, oeuvre sur tous les fronts simultanément. Avec pour base de diffusion le blogue et la baladodiffusion: depuis deux ans, avec Sweet Mélo, il révèle rareté après rareté sur le site Vente de garage - podcast rock'n'roll (ventedegaragepodcast.blogspot.com).
«La musique des années 60 au Québec est une science qui n'est pas finie. Il y a encore énormément à découvrir. Et on est plusieurs à chercher.» Les sites amis sont en effet nombreux, formant communauté: Psychébélique (avec un «b»), Patrimoine PQ, À la carte, le blogue de Mimi la twisteuse, etc. «On a tous le même but: exposer ces musiques-là, créer des événements autour de leur redécouverte.» Nouvelle logique de dissémination, les trois pièces de Seward, la «mythique improvisation» Studio "B" Funk, Mongo's Boolagoo et Do-ré-mi-fa-soul, passent outre au CD, format décrété sans intérêt propre. Oui au 45-tours, «bel objet au son incomparable», oui au téléchargement (donald
seward.bandcamp.com): «Le mode le plus tactile, et le mode le plus intangible. C'est logique.» D'autres disques suivront. «C'est pas le choix qui manque», salive Desfossés. «Ni la passion.» Permettez une certaine fierté paternelle.
Disques Pluton: Studio B Funk
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