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Chanson française - Made in France

Josée Boileau   9 mars 2010  Musique
Quand on s'est ému de la faible place du français lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Vancouver, il y avait de quoi rester bouche bée, samedi, devant le gala des Victoires de la musique. À Paris, c'est l'anglais qui a la cote et la note. De quoi déconcerter.

C'est Charles Aznavour, président d'honneur de la soirée des Victoires, récompensé pour l'ensemble de sa carrière, qui a eu le mot le plus surprenant samedi. Il a salué la relève qui fait «avancer la chanson française comme elle ne l'avait plus fait depuis les Souchon, Cabrel et autres».

Vu d'un salon québécois, c'était à se pincer. Car de français, il y en avait eu bien peu dans ce gala, 25e de son histoire, qui devait pourtant lui être consacré. En fait, 45 % des prestations d'artistes s'étaient faites en anglais, selon le relevé de l'animatrice de Radio-Canada et amoureuse de la chanson en français, Monique Giroux, présente sur les lieux du gala.

Que ce soit une Québécoise qui ait cru bon de faire ce décompte ne tient évidemment pas du hasard. En France, le débat autour de la place du français est soit non avenu, soit déjà réglé.

En janvier dernier, Le Nouvel Observateur consacrait un dossier à l'évasion fiscale qui amène certains Français bien nantis à s'établir à Bruxelles, coeur de l'Europe, à la fois pour sa taxation moins lourde, mais aussi pour son système d'éducation où l'anglais a la part belle. Comme disait l'un des interviewés: «À Bruxelles, mes enfants ont une éducation multilingue. À Paris, ils seraient dans un établissement franco-français. Qui travaillera encore en français en 2025-2030?»

En France, c'est le genre de petite phrase qui ne fait sourciller personne: il ne manque déjà pas de milieux de travail à Paris où tout se passe in english only. Les Victoires de samedi en étaient le reflet: pas un titre français dans la catégorie «Musique électronique ou Dance [sic]»; au rayon «Révélation scène de l'année», trois des quatre nommés chantaient en anglais — l'exception étant... la très Québécoise Ariane Moffatt! Trois sur quatre aussi pour l'anglais dans la catégorie «Révélation de l'année», choix de l'industrie.

L'ironie, c'est que le français retrouvait sa place dans la catégorie «musiques urbaines», curieux vocable regroupant des néo-Français, aux racines marocaines, maliennes ou haïtiennes... Ajouté au fait que la «Chanson originale de l'année» (que les règles obligent encore à être en français: ouf!) fut remportée par la Québécoise Coeur de pirate, il y a de quoi s'interroger. Le français n'est-il bon que pour ceux venus d'ailleurs? Des rejetons du Poitou et de la Bretagne, eux, ont préféré l'anglais: réunis sous le nom Pony Pony Run Run, ils ont aussi gagné comme Révélation du public de l'année.

Seul Philippe Gildas, présentateur bien connu en France, meublant un temps mort du (très long) gala, a osé s'étonner à haute voix: «Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à chanter en anglais?» La jeunesse — la relève! — qui occupait alors la scène ne fit qu'accentuer le côté vieux croulant de l'exclamation...

Pour nous qui avons déjà du mal à résister à l'envahisseur (n'y a-t-il pas recours quasi exclusif aux chansons anglaises dans les téléséries québécoises?), cette situation doit nous inquiéter. Si la France n'est plus une référence, que nous restera-t-il? Seuls à vouloir étudier en français, travailler en français, chanter en français... Mais c'est le folklore qui guette! Et l'américanisation du monde qui se poursuit.

*****

jboileau@ledevoir.ca











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  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 01h38
    Et nous, nous avons les Simple Plan, Pascale Picard...
    Que des chanteurs ou groupes français chantent en anglais (on est loin de Moustaki et Ferrat !) est désolant, mais ils ne sont pas les seuls. Des artistes d'autres pays d'Europe le font aussi.

    Et nous, nous avons les Simple Plan, Pascale Picard (en passant, ça fait déjà un moment qu'on en entend plus parler !) et d'autres... Sans compter, des artistes comme Sylvain Cossette qui (probablement parce qu'ils sont en panne d'inspiration) reprennent des tubes des Stones !

    Beaucoup de jeunes chanteurs non anglophones rêvent de singer les Américains dans le but - n'ayons pas peur des mots - de faire beaucoup de de fric. Si, au moins, ce qu'ils font était intéressant, mais c'est loin d'être évident. Bien souvent, c'est du vite écouté, vite oublié !

    Triste à dire, mais on dirait que la musique populaire occidentale (Amérique du Nord et Europe) actuelle (en anglais, français, italien ou autre langue) n'a plus rien à dire !

  • Daniel Creusot
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 04h51
    Mais dîne France!
    Bon appétit... et l'année prochaine rendez-vous aux Victory Music Awards.
    Ps. Marianne sera enterrée en toute intimité au cimetière de Father The Chair près la tombe de Jim Morison.

  • Claude Desjardins
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 07h27
    On n’est pas sortie de l’auberge
    À voir avec quel acharnement les français militent pour la laïcité de l'État, la dégradation de l'utilisation du français a de quoi laisser pantois.

    Le manque de prosélytisme linguistique des français fait en sorte que le poids de la défense du français repose sur nos épaules déjà bien fragile à Montréal.

    On n’est pas sortie de l’auberge.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 07h43
    Je crois que le combat pour le français est déjà perdu...
    Nous nous sommes mobilisés pour faire remarquer au monde entier que le français n'avait pas eu sa juste place lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Vancouver. Nous avons obtenu quelques résultats, ici, mais ça n'a pas soulevé beaucoup d'émotions en France. Car comme vous le dites si bien, c'est le folklore qui guette le français utilisé au Québec et ailleurs au Canada.

    Voici un exemple qui illustre ce phénomène. Pour nous, Charles Hamelin est un patineur de vitesse, courte piste. Les chroniqueurs et amateurs francophones, patout au canada, ont utilisé cette expression, mais en France dans les grands quotidiens. Charles Hamelin est un parineur de vitesse "short track".

    J'ai fait remaquer cela à quelques Français qui se sont étonnés de mon étonnement. Pour eux, il n'y a rien là d'étonnant. La France est moderne, mon cher... Elle ne tient pas à faire parti du folklore québécois.

    Nous avons là un début de réponse. La modernité est Outre-Atlantique. Les Canadiens, les Français et presque tous les habitants de la planète seront, au moins bilingues, il n'y aura que les Québécois à ne parler que le français...

  • Jean-Yvan Nadeau
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 08h56
    MERCI D'ÉCRIRE CE QUE JE RESSENS
    Votre article est merveilleux, d'un réalisme et d'une lucidité incontestable. SVP, ne vous lassez pas décrire et de parler sur le sujet. Moi et un grand nombre d'amis québécois et français sommes entièrement du même avis que vous. Continuez. Les personnalités les plus terriblement contagieuses et avides de la langue US ne sont pas américaines mais bien françaises et surtout du milieu des medias français (TV, RADIO, CINÉMA, MILIEU SOI-DISANT ARTISTIQUE, ETC.). J'ai souvent l'impression que la mère-patrie est en train de nous abandonner pour une deuxième fois, cette fois-ci "pour quelques arpents de soi-disant culture (chewing gum)américaine".

    J.Y. Nadeau

  • d.lauzon
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 09h02
    Les français se pensent "cool" à parler et chanter en anglais
    J'ai été aussi très surprise et choquée de voir tous ces chanteurs et chanteuses français(es) qui se sont exécutés à chanter en anglais au gala des Victoires à Paris. La fierté de "réussir" à ressembler à des pop star américaines était palpable. C'est clair qu'ils (elles) visent le marché anglophone et leurs ailes sont toute déployées pour tenter de voler vers les États-Unis ou l'Angleterre pour y faire du fric. Dans quelques années, quand l'anglais se sera fortement implanté dans la société française et qu'ils commenceront à avoir de la difficulté à se faire servir dans leur propre langue dans certains commerces, eh bien à ce moment-là, ils comprendront le combat que nous québécois francophones avons à mener chez nous.

    Je suis d'accord avec vous Mme Boileau que l'américanisation se poursuit et les jeunes surtout y contribuent activement.

    Disons que j'étais très fière d'Ariane Moffatt qui a bien fait bougé la foule par ses rythmes endiablés ainsi que Coeur de Pirate qui a brillé dans sa magnifique prestation. Tout ça en français.

  • Andre Vallee
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 09h15
    Un exemple vécu
    J'étais au Maroc pour le travail. Lors d'une réunion sociale, une parisienne m'a demandé pourquoi nous n'adoptions pas, au Québec, le parler parisien. Ma réponse: “À l'avenir nous dirons: le manager a sponsorisé un charter pour le weekend et il a payé cash avec des travelers.” Tout comme ce “speaker” qui parlait des forages offshore au large de la Bretagne.
    Il est urgent que la France donne l'exemple au lieu de critiquer notre “parlure”.

  • Guy Archambault
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 09h27
    Le Français sera une langue morte d'ici 50 ans.
    L'hypothèse que la langue française disparaisse comme a disparu le latin doit être prise en considération dans les discussions sur l'opportunité de l'accession à la souveraineté du Québec.

    D'un côté devant l'américanisation inévitable de la culture, ne serait-il pas plus d'avant-garde d'abandonner immédiatement l'enseignement en français et d'obliger tout le monde à s'angliciser le plus rapidement possible au Québec ?

    Par contre, si on tient vraiment, parce que tous les Québécois s'y sentent bien, à maintenir une culture française attirante et vibrante, il faudra chercher à travers le monde les peuples qui réussissent massivement à maintenir leur culture, les peuples qui détestent profondément l'américanisation, qui y sont imperméables, pour découvrir leurs secrets.

    Quels sont ces peuples ? Que font-ils pour ignorer et abhorrer l'américanisme ?

    A défaut de trouver une raison exaltante de vivre en culture française, la question à poser au peuple québécois sur son avenir lors du prochain référendum devrait être une des deux suivantes :

    - " Voulez-vous continuer à vivre en français ? "

    ou

    - "Êtes-vous d'accord pour que le Québec adopte officiellement comme sienne la culture américaine ? "

    Guy Archambault

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 09h31
    De la chanson jetable !
    J'ai beau faire un effort pour l'apprécier, mais je n'y parviens pas. La chanson populaire actuelle (d'ici, des États-Unis, de France ou d'ailleurs) présente peu d'intérêt. Comme on dit parfois, la Muse n'est pas au rendez-vous.

    Faute d'inspiration, on cherche souvent à imiter ce qui a été fait dans les années 60, 70 et 80. De plus tout est formaté. Peu importe les mélodies qu'on entend, on a l'impression d'entendre la même chose. Les paroles sont souvent les mêmes ! D'ailleurs, vaut-il vraiment la peine de leur porter attention ?

    Et ce n'est certainement pas parce ce qu'ils chantent en anglais et ont gagné des prix que de nouveaux chanteurs anglophones ou pas sont plus intéressants !

    Pony Pony Run Run (ce groupe nantais qui chante en anglais probablement pour l'unique raison de faire plus de fric !) ? Gageons que, d'ici quelques mois, on en entendra même plus parler !

    Et dire que nos chroniqueurs de musique d'ici et d'ailleurs donnent souvent des 4 ou 5 étoiles à des nouveaux disques qui, peu de mois après, sont déjà complètement oubliés !

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 09h45
    À M. Georges Paquet
    Vous dites : « Les Canadiens, les Français et presque tous les habitants de la planète seront, au moins bilingues, il n'y aura que les Québécois à ne parler que le français... »
    Vous tapez en plein dans le mille. Les Québécois (du moins les « de souche ») ne doivent pas rater le bateau en rejetant l'anglais et en s'enfermant dans leur coquille, sinon ils seront les laissés pour compte de la mondialisation.
    Il est possible de prendre le train en marche et d'apprendre l'anglais sans pour autant négliger le français qui, de toute façon, se casse et se cassera la gueule au Québec, comme en France.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 9 mars 2010 09h53
    Petite planète disent-ils...
    Déconcertant en effet de constater que le français ne compte pas plus pour la France. Ils nous diront sans doute que leur identité se porte très bien sans lui. Mais l'américanisation du monde signifie l'uniformisation du monde et pas seulement dans le parler et si même cela laisse nos cousins indifférents, il y a de quoi rester perplexe. À moins qu'ils soient même enthousiastes à l'idée que le monde devienne par la facilité des communications un village. On prône la diversité, on protège les différences à l'intérieur des pays alors que ceux-ci tendraient entre eux, à l'échelle de la planète, à l'uniformité? C'est vrai qu'on dit des Etats-Unis que c'est un "pelting pot"!

  • Michel Simard
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 10h03
    Et voilà, le mot est dit : qui dit ultrafédéraliste dit anglicisation
    Il fallait bien que l'antifrancophone et ultrafédéraliste Paquet termine avec ses idées reçues. Et voilà qui dit modernité dit parler anglais. Évitez de parler français, évitez de parler espagnol, chinois, hindi, russe, portugais, arabe, allemand, indonésien, italien. Parlez seulement l'anglais. N'est-ce pas ce que font les Français déclinants et décadents ?

    Se respecter et affirmer, comme nation, sa culture sur son territoire, est une chose. C'est l'objectif poursuivi par la nation québécoise, dans son for intérieur, n'en déplaise aux trudistes. Savoir parler (et bien parler) une, deux, trois, quatre langues, en est une autre. Et l'affirmation québécoise n'est aucunement contradictoire avec cette capacité. Suivre le mainstream anglo-saxon acculturant, comme le propose Georges Paquet, est une troisième chose. Celle-ci est un beau cas de manque d'imagination.

    Pour ma part, j'oblige toujours mes interlocuteurs à me parler en français au Québec et au Canada français. Ça ne m'a jamais empêché de communiquer efficacement dans plusieurs autres langues dans plusieurs autres pays du monde. Je suis par ailleurs toujours estomaqué de voir combien de Québécois, dont la plupart des ultrafédéralistes, ne sont jamais allés à Manhattan, pourtant si proche en auto.

  • Daniel Lavigne
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 10h36
    Ce ne sont pas les Français qui ont parlé le français les premiers
    « En 1886, le français n’est toujours pas la langue maternelle de la majorité en France. Sur 39 millions d’habitants, seulement 14 millions d’entre eux ont le français comme langue d’usage…. En 1930, 17 millions de Français, dont 14 millions d’Occitants et un million de Bretons, parlaient toujours autre chose en plus de la langue nationale. Dans la vie de tous les jours, le français ne s’est imposé complètement qu’après la Deuxième Guerre mondiale. »
    - « Le français a changé ma vie », Alain Stanké, Ed. Michel Brûlé, p.67-68

  • Hélène Morin
    Abonnée
    mardi 9 mars 2010 11h13
    Ah! ces Français, Françaises!
    Je ne m'inquiète pas outre mesure quand les gens de France reluquent vers l'ouest. Je ne peux les imaginer abandonnant leur langue! Qu'est-ce qui les distinguerait des autres Européens, à part l'histoire qui n'est plus à la mode?

    Je m'inquiète plus quand c'est ici que ça se passe. On est si peu ici que ça demande beaucoup d'énergie et parfois de courage pour faire valoir cette langue. Raison de plus pour féliciter les Moffat et Coeur de pirate.

    Hélène Morin

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 11h51
    Quand Michel Simard comprendra quelque chose à ce débat, il va faire très beau...
    Ce que j'ai dit, cher monsieur Simard, bouché comme une cruche, c'est que ce sont les Français qui nous amènent sur cette pente de la disparition du fançais parce qu'ils se croient modernes en utilisant les mots anglais alors que les mots français existent et que nous les utilisons, comme il se doit. Ils arrivent même à se croire bilingues à cause de celà.
    Si vous aviez suvi le débat, que vous aviez cotoyé de Français et lu leurs quotidiens, vous auriez pris un petit instant pour respirer, pour reprendre vos esprits et pour faire, s'il le fallait, des commentaires intelligents.

  • berthe 2
    Abonnée
    mardi 9 mars 2010 12h35
    Du calme
    En quoi, l'anglicisation grandissante des Français, pourrait avoir un impact sur nous?
    Nous ne partageons plus la même histoire depuis 400 ans. Aussi, pendant longtemps, les américains raffolaient de tout ce qui était francais, et ce, sans se sentir menacés; au contraire, ils on bien intégré une bonne part de culture francaise à leur avantage.

    Si, dans notre ville ou province, nous faisions front commun, pour s'assurer que toute personne qui fait affaire avec le public, le fasse dans la langue officielle en premier, nous pourrions passer à autre chose.

    Et si les Francais aimaient la culture américaine? Moi, ca m'enlève rien, au contraire, ca m'enrichie.

  • Frédéric Chiasson
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 12h45
    La vision des États-Unis selon les Français
    J'ai vécu en France pendant 3 ans dans le cadre de mes études et pour comprendre l'anglomanie des Français, il est intéressant de la mettre en perspective avec certains faits de culture.

    L'anglomanie de la France date en vérité depuis longtemps. Au début du XXe siècle, les Français engageaient déjà des nounous anglaises pour qu'elles parlent anglais à leurs enfants. De plus, il faut voir la piètre qualité de l'enseignement des langues étrangères en France pour comprendre pourquoi ceux-ci veulent apprendre l'anglais en Belgique plutôt que chez eux. En France, toute langue étrangère s'enseigne avec les phonèmes (les sons) français, ce qui est une aberration !

    De plus, les Français ont une vision carrément idyllique de la langue anglaise et des États-Unis. Selon eux, la langue anglaise est la langue de la richesse, des affaires, du cinéma, de la nouvelle haute culture. Mais bon, ce qu'ils voient de tout ça, ce ne sont que les succès ! Par exemple, au cinéma, ils ne se tapent pas la montagne de comédies ou mauvais films d'horreur qui passent chez nous. Ce qu'on voit en France, c'est véritablement une sélection, ce qui fait que contrairement à chez nous, le cinéma américain a la cote chez les critiques !

    Ils n'ont jamais visité les nombreux villages taudis qui existent aux États-Unis, s'attardent peu aux statistiques de meurtres effarantes. Ils s'intéressent encore moins aux immigrants français qui vivent en dehors des grands centres, dans des villes américaines typiques, dégoutés de l'obligation tacite d'aller à l'église le dimanche, sous peine d'être mal vue en cas de transgression, et de l'hypocrisie ambiante de tous les gens du village, qui cherchent à cacher le moindre problème pour montrer que «tout est beau, tout est correct» («Beautés désespérées» ne vient pas de nulle part).

    Cela reste des témoignages individuels que j'ai entendu, mais le fait est que quelque soit le nombre de témoignages de ce genre, la France ne s'y intéressera jamais. Il faut vivre en France pour comprendre que les médias français s'intéressent souvent plus à la beauté du discours qu'à la vérité, quitte à ce que cette vérité soit tordue selon leurs désirs.

    Il faut aussi savoir que déjà quand j'y vivais, la France allait mal. Très mal. Les lois rendent le marché du travail presque invivable. Être renvoyé en France au XXIe siècle est presque aussi débilitant pour sa réputation professionnelle qu'être condamné au bagne au XIXe. À cause de cela, le gouvernement rend le renvoi presque impossible. Donc adieu la mobilité de la main d'oeuvre et la disponibilité de l'emploi ! Voilà pourquoi autant de Français viennent au Québec.

    Normal que la France pense que le français est devenue une tare, un obstacle à l'accès à la richesse des États-Unis de rêve auquelle elle croit. La langue des affaires, de la libre circulation des capitaux, du savoir...

    Dois-je rajouter que ces gens clamant haut et fort la supériorité de l'anglais le parlent souvent très mal, en France ou ailleurs (comme les auteurs de certains commentaires de cet article ?) Je suis bilingue, puisque je fais de la recherche dans un domaine avec peu de chercheurs (le timbre en musique), ou l'anglais sert de latin, de «lingua franca» justement. Si parler anglais garantit un accès à un certain savoir, il ne garantit en rien l'accès à TOUT le savoir. D'ailleurs, la plupart des chercheurs étudiant dans mon domaine viennent de France ou sont francophones et francophiles ! Normal, puisque le timbre en musique est une obsession française depuis des siècles. Celui qui ne connaitra que l'anglais dans ce domaine passera à côté de cette abondante littérature française, à la fois musicale et scientifique. La percée que notre équipe pense faire dans le domaine vient justement de l'étude d'un traité d'orchestration qui n'existe... qu'en langue française.

    Oui, parler anglais est une richesse. De la même manière que parler français est une richesse, parler espagnol est une richesse, parler allemand, italien, japonais, etc. Mais je sais par expérience que pour avoir accès à cette richesse, il faut d'abord bien connaître la nôtre. Un vocabulaire riche dans notre langue maternelle garantit tôt ou tard un vocabulaire riche dans les autres. Quand on parle mal notre langue, on ne fait que baragouiner les autres. Combien d'anglophones se lamentent à juste titre de ces gens qui se croient "bilingues", massacrant de manière éhontée leur langue sans chercher à approfondir leur connaissance de celle-ci !

    Mais il semble que les Français aient oublié que leur langue est une richesse, qui est quand même la deuxième langue internationale (comme publié dans une étude faite par des Anglais(!), citée dans le Devoir). Et les Français qui voient l'anglais comme une langue magique (dixit Jacques Poulin, une richesse de notre littérature, justement) la connaissent mal. En vérité, cette fascination des Français (et de Georges Paquet) pour l'anglais tout puissant relève d'un douteux exotisme...

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 12h53
    La latin n'a pas disparu...
    ... il est devenu le français, l'italien, le roumain, l'espagnol, et même l'occitan, le sarde et le catalan. Quand on parle de langues qui disparaissent, c'est autre chose que l'évolution millénaire.

  • André Daoust
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 13h53
    Les Victoires de la musique ou les Victory awards ?
    Voici copie d'une lettre que j'ai expédiée samedi soir dernier au Devoir (et à la Presse)

    J'écoute la télédiffusion du gala des Victoires. Ça me rend malade de voir le nombre de groupes et de solistes de FRANCE qui pratiquent leur art en anglais. Certains présentateurs en semblent d'ailleurs gênés (Charles Aznavour s'est dit néanmoins encouragé : il voit une certaine renaissance de la chanson française qu'il croyait en péril il y a quelques années. J'espère pour tous les français du monde qu'il a raison.) Cette tendance - que je qualifierais de morbide - existe aussi au Québec. Plein de jeunes Québécois fondent des groupes de musique anglais : qui veulent-ils impressionner ? Pas moyen de voir un film français ou québécois sans entendre une «toune» anglaise au début et à la fin. Est-ce qu'on va bientôt créer une nouvelle catégorie de chansons aux Victoires françaises de la musique, celle des chansons en français ! Va-t-on bientôt présenter le gala en anglais (ça ferait plus sérieux, n'est-ce pas !) Et quant à faire, est-ce que les Français vont bientôt prendre leur pied en anglais ? (ça serait plus jouissif, sans doute !)

  • berthe 2
    Abonnée
    mardi 9 mars 2010 14h38
    A Monsieur Daoust
    Vous dites, que ce serait plus jouissif pour les Francais de prendre leur pied en anglais;

    Donnons à Cesar ce qui revient à Cesar; l'Anglais a un excellent sens de l'humour, par contre, sa relation avec le corps humain, n'est pas ce qu'il y a de plus jouissif.

    Ce serait plus juste de dire: ce serait plus jouissif si les Francais prenaient leur pied en Danois ou en Allemand;, et tant qu'à y être, en Américain!

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 14h41
    Le français Desmarais
    « Nous avons été récemment informés d’une note de service émise en juillet 2000 par la direction de BNP-Paribas et diffusée à « all Management Committee members ». Cette note, écrite à Paris et signée par G. de Courcel et Ph. Blavier, est totalement rédigée en anglais. En substance, elle impose l’usage exclusif de l’anglais pour toutes les notes circulant dans le service des affaires internationales (BFI), quand bien même ces notes seraient adressées uniquement à des francophones. La note précise que la langue anglaise doit s’intégrer dans la culture du service BFI et que ses destinataires doivent obtenir progressivement son emploi par tous leurs subordonnés. »

    Mais découragez-vous pas voir ce site :

    http://www.langue-francaise.org/Sites.php

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 15h05
    Ça fait dur ce franglais d'une certaine élite parisienne colonisée
    Découragez-vous pas, ici comme ailleurs, il y a des résistants à l'Occupation.

    « Associations de défense et de promotion de la langue française

    Étant donné l'hégémonie de l'anglais dans les relations internationales, et le risque de multiplication des anglicismes dans la langue française, de nombreuses associations se sont créées pour défendre la langue française. On peut citer notamment :

    Alliance française
    Avenir de la langue française,
    Défense de la langue française,
    Association francophone d'amitié et de liaison,
    Académie de la Carpette anglaise,
    Le Droit de Comprendre,
    Association des informaticiens de langue française,
    Association Francophonie Avenir,
    Conseil pour le développement du français en Louisiane
    etc.
    Voir les sites relatifs à la défense et à la promotion de la langue française. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Français#Mesur

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 15h22
    Louise Desautels, l'anglicisation des Français et l'assimilation de la culture française chez les américains.
    Chère madamem vous me permettrez de souligner que si l'anglicisation des Français se poursuit à ce rythme, l'effet sur nous sera immense. Quand il n'y aura plus la France comme pillier de la Francophonie, il ne restera que des pays partiellement, souvent très partiellement francophones, et le Canda, avec le Québec et le Nouveau-Brunswick. Où allez-vous puiser l'inspiration et l'énergie et le courage politique pour tenir à bout de bras la survie d'une langue que la mère patrie abandonnerait? Surtout avec une population dont le poids, au Canada et en Amérique, ne cesse de diminuer.

    Si vous aviez remarqué la première chose que disent les Français qui reviennent chez-eux après un séjour aux États-Unis, vous ne diriez pas que les américains ont intégré la moindre miette de culture française. Nos cousins vous diront, à peu près sans exception, on a vue le Grand Canyon et l'Empire State building, et bien sûr on a mal mangé et on a été écrasés partout par les américains obèses. Cherchez l'influence de la culture française dans tout celà!

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 16h45
    À Frédéric Chiasson. Ce n'est pas de ma faute si l'anglais est tout puissant.
    J'ai également vécu en France, en Belgique et en Italie pendant de nombreuses années. Si j'ai une fascination, c'est pour le français bien utilisé, par nous tous et surtout par les auteurs classiques. Mais je crois que celà ressemble davantage maintenant à de la nostalgie.

    En ce qui concerne l'anglicisaion de la France, je crois qu'il y a un effet de mode, mais aussi un espèce de sentiment d'infériorité vis-à-vis la force économique, militaire et politique des États-Unis. Sans compter l'étonnement des Français devant l'influence des américains, des britanniques, des indiens et autres anciennes colonies britanniques dans les domaines du cinéma, de la musique et des arts en général.

  • martind2
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 19h36
    Et que fait le Québec ?
    Encore une occasion pour tant de lecteurs de déverser tout leur fiel contre la France! Moi aussi, j'ai été plutôt déconcerté par le nombre impressionnant de chansons en anglais en nomination aux Victoires de samedi dernier mais personnellement, je n'en peux plus de ce Québec qui se prend pour le champion de la vertu et seul défenseur de la langue française!

    Nos artistes ne sont surtout pas à l'abri de ce phénomène d'anglicisation (Sylvain Cossette, Pascale Picard, Corneille...). Et faut-il rappeler que la musique francophone n'atteint même plus le tiers des parts de marché (ventes) au Québec et que le cinéma américain vient chercher chez nous presque 80% des entrées ? Je n'ai pas trouvé de données équivalentes pour la musique en France mais au premier trimestre de 2009, 6 références sur les dix meilleures ventes en France étaient des productions francophones (www.conseilfrancophone.org/fr_FR/ressources/.../id/92) et le cinéma français détient plus de 40% des parts de marché en France!

    Enfin, je rappelle à certains lecteurs que la France finance TV5 Monde (à hauteur de 75%), RFI, CFI et France 24 en plus d’entretenir un réseau d’écoles et lycées de langue française et l’Alliance française un peu partout dans le monde! Une société qui se fout de sa langue en ferait-elle autant ? Et que fait le Québec pour la promotion de notre langue dans le monde ? On n’est même pas foutus d’en faire la langue de travail à Montréal!

  • berthe 2
    Abonnée
    mercredi 10 mars 2010 08h41
    A Monsieur Daoust
    Tout d'abord, les Francais deviennent de plus en plus obèses, alors que les Américains font marche arièrre.

    Ensuite, l'influence francaise chez nos voisins du sud, provient de deux sources:
    la première étant directement de la France qui les a aidé a devenir indépendant, en plus de l'influence artistique, (statue de la liberté) architecturale, (ville de Washington) cuisine, ( et oui! il y a d'excellents restaurants aux Etats-Unis), décoration intérieure (ou design, si vous préferez) ,etc.

    La deuxième source est méconnue: à deux reprises, le Québec s'est vidé du tiers de sa population, soit à la fin du 19ième siècle et au début du 20ième siècle. Il y aurait, selon certains démograghes, jusqu'à 30 millions d'américains dont les ancêtres étaient des canadiens francais. On ne peut imaginer 30 millions de personnes n'ayant aucune influence sur la culture d'un pays. (Et l'on peut facilement imaginer comment notre vie collective aurait été plus riche avec 30 millions de plus, au lieu de notre petit 8 millions)

    Malheureusement, à chaque fois que j'ai rencontré un américain dont les ancêtres venaient du Québec, le scénario était toujours le même: Il comprenait la langue francaise mais ne le parlait pas, de peur de faire rire de lui.
    Nous leur avons tourné le dos, car 'ils baragouinent'.

    Notre attitude figée envers la langue, fait en sorte que l'on rejette et ridiculise qui que ce soit qui ne parle pas un francais (mythique) que l'on considère pur.

    Pendant ce temps, les enfants de la loi 101 s'anglicisent, car effectivement ils prennent la voie de la facilité dans un monde devenu trop complexe. Peut-on les blâmer? Et nous payons tous la facture de la francisation des immigrants!

    L'on doit encore se battre dans sa propre ville pour obtenir des services dans notre langue. C'est épuisant à la longue et l'on finit par chercher des coupables à notre combat sans fin.

    Si les Américains et même les Francais avaient mis autant d'énergie à garder leur langue si pure, leur culture respective pourrait aujourd'hui rayonner dans le monde autant que la culture des Euskaldunak!

  • berthe 2
    Abonnée
    mercredi 10 mars 2010 09h22
    Désolé Monsieur Daoust
    Ma lettre s'adressait à Monsieur Paquet! Toutes mes excuses.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 13h52
    Madame Desautels, je suis d'accord avec vous, à peu près sur tout.
    Ce que je soutenais dans les commentaires précédents c'était ma perception de la réaction d'une majorité de Français au cours ou à la suite d'un séjour aux États-Unis. Je suis d'accord avec vous qu'il reste certains traces de l'influence française en Amérique, mais les Français ne les voient pas. Ils n'y voient pas non plus la richesse de l'éducation et de la culture. Ainsi vous surprendrez toujours un Français, si vous lui démontrez qu'il y plus de Musées et plus d'Universités par habitant, aux États-Unis qu'il n'y en a en France. On y trouve également de très bons reastaurants, souvent assez chers, mais on trouve dans beaucoup de villes modestes de très bons restaurants, sans prétention, mais très chaleureux et proposant des menus qui tiennent compte des saisons et des produits locaux. J'en ai apprécié dans le Maine, au Massachiussetts, en Pensylvanie, dans l'État de new York et dans le District de Columbia. Je suis certain qu'il y en partout ailleurs.
    Donc, ici, comme ailleurs, les préjugés sont légions...

  • Le Mathalois
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 14h20
    I want to pogne
    Que cette chanson de RBO est encore et plus que jamais d'actualité! Mais les médias québécois ont eux aussi à se tenir debout pour protéger la chanson d'expression française. J'ai en effet remarqué depuis un peu plus d'un an une sorte d'engouement de nos chroniqueurs culturels pour ce qu'ils désignent habituellement sous le vocable de «coup de coeur» pour des artistes francophones qui produisent exclusivement en anglais (Pascale Picard, Bobby «Bazini»???, une autre chanteuse de l'Outaouais dont j'ai oublié le nom, sans parler de toute la panoplie d'artistes connus, comme Sylvain Cossette, Garou, Luce Dufeault, etc. qui produisent des disques dans la langue du rouleau compresseur). Les raisons invoquées par ces artistes pour justifier ce choix de langue (quand on «ose» leur poser la question!) sont souvent très loufoques (pour me remémorer mon père ou parce que l'inspiration me vient toujours en anglais ou encore, comme le prétend M. Dupont-Hébert qui produit bon nombre de ces artistes, parce que c'est une «façon d'affirmer notre ouverture et la solidité de notre identité»... chose qui, selon lui, aurait été impossible encore il y a quelques années, parce que nous n'étions pas suffisamment «évolués»!!!). Voilà autant de faux prétextes pour cacher la véritable raison de ce choix marketing => I want to pogne $$$. Je veux bien que certains artistes fassent de tels choix, mais il faudrait qu'ils les assument jusqu'au bout et qu'aussi bien eux que les diffuseurs soient conscients que la promotion de leurs produits devrait se faire auprès des diffuseurs anglais (comme la CBC... mais entre nous, avez-vous vu souvent la CBC faire la promotion d'artistes anglophones ne chantant qu'en français?... alors pour ce qui est des francophones qui ne chantent qu'en anglais, je crois que les chances sont bien minces du côté des diffuseurs anglos. Sans doute parce que l'anglais est menacé et mérite d'être «protégé»???). Le temps d'antenne des diffuseurs et médias francophones DOIT absolument être réservé aux artistes qui produisent en français, car c'est indispensable à la survie de la chanson en français au Québec.

  • d.lauzon
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 18h32
    L'argent avant tout!!!!!
    Au Québec on est bien conscients de la situation précaire du français mais les dirigeants politiques ne prennent pas ça trop au sérieux. Ils sont trop préoccupés à chercher des solutions pour passer à travers la crise économique. Aujourd'hui tout est question d'argent: les adultes font tout pour garder leur emploi car ils doivent payer leurs hypothèques, leurs autos, leurs vacances, les cours de ski pour leurs enfants chéris, etc. etc., les jeunes commencent à travailler à des emplois partiels dès le Secondaire, certains retraités retournent sur le marché du travail et les chanteurs chantent en anglais pour faire plus de fric...au diable le français, c'est l'argent qui compte... Il faut aussi mentionner que les agents de ces chanteurs et musiciens savent qu'il y a beaucoup plus d'argent à faire en chantant en anglais qu'en français et comme ils pratiquent ce métier pour faire du fric, c'est certains qu'ils mettent de la pression sur les artistes pour qu'ils se convertissent à l'anglais. N'est-ce pas ce que René Angelil a fait avec Céline?

  • Mario B.
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 00h00
    La chanson québécoise : What is that?
    On affirme que la chanson francophone perd des plumes au Québec… Ce n’est pas surprenant quand plusieurs artistes francophones se font une fierté de chanter en anglais… et qu’ils obtiennent du succès! On pourrait se consoler en disant que les Québécois démontrent une grande ouverture à la réalité musicale anglophone, dans un contexte de mondialisation… Ce qui est curieux, c’est que cette ouverture se fait à sens unique.

    Voici un bel exemple. Vous connaissez la compagnie Air Miles, qui a été lancée au Canada en 1992. La carte de fidélité Air Miles est présente actuellement dans les deux-tiers des foyers canadiens, d’un bout à l’autre de ce pays officiellement bilingue.

    Sur le site Air Miles, la compagnie offre une sélection de cadeaux que les clients peuvent commander en échange de points. Sur la liste, on peut choisir parmi environ 200 disques compacts. Dans cette sélection, savez-vous combien de C.D. ont été produits par des artistes québécois ou français? AUCUN.

    Pierre Lapointe, Cœur de pirate, Mes Aïeux, Daniel Bélanger, Richard Desjardins, Isabelle Boulay, Johnny Hallyday ou Mylène Farmer : ça n’existe même pas pour Air Miles. Rien! Dans notre époque portée sur les échanges internationaux, la chanson québécoise et francophone est une réalité complètement inconnue pour cette compagnie canadienne qui fait pourtant énormément d’œil aux Québécois. Comment les Canadiens anglophones pourraient-ils alors s’intéresser le moindrement à ce qui se chante d’original au Québec? Ça ressemble à un Mur de Berlin culturel…

  • Navarro Garcia Guillermo
    Inscrit
    lundi 15 mars 2010 10h30
    Chanson quebecoise, francaise, ...
    Avant de parler de chanson francophone, je tiens à souligner qu'aujourd'hui la langue de la musique pop est principalement l'anglais et que chanter en anglais donne une chance d'être connu en dehors de ses frontières. Avant de penser à la chanson francophone, dites moi a quand remonte la dernière que vous avez écouté une chanson contemporaine allemande ou russe? Maintenant si en dehors des seuls critères artistiques ou culturels vous réfléchissez en terme de chiffre d'affaire vous vous rendrez compte que à moins de chanter en mandarin, arabe ou espagnol qui vous donnent accès à des marchés de tailles appréciables il n'y a que l'anglais qui vous donne accès à un marché global.

    Samedi dernier est mort Jean Ferrat, peu connu au Québec, mais populaire en France. Il était l'un des derniers représentants de la "grande" chanson française. En apprenant cette nouvelle j'ai réécouté cette fin de semaine passée plusieurs de ses chansons. Elles étaient pleines de vers d'Aragon et d'une poésie absente aujourd'hui. Cette chanson était l'expression d'une culture et d'une littérature appréciée par les élites intellectuelles de beaucoup de pays. En y réfléchissant bien le chanson française ou francophone n'a jamais été un produit culturel de masse en dehors du monde francophone. La francophilie des élites intellectuelles ayant disparu, il ne reste plus de place pour la chanson francophone. Ne serait ce qu'au Canada la chanson francophone n'est pas écoutée par les anglophones.

    Les Victoires de la musique célèbrent pour une grande part la musique commerciale qui dans cette logique pousse vers l'anglais.

  • Charlottebise
    Inscrite
    lundi 15 mars 2010 21h04
    La loi du plus fort : l'anglicisation en France et l'économie
    Après tous ces commentiaires, il y aurait tant à dire. Je dirai seulement que comme vous tous je m'interrogeai sur le pourquoi de l'anglicisation de la langue en France. J'ai vécu pendant trois mois à Paris, l'été dernier et pour moi c'est assez clair que cette anglicisation traduit ce qui se passe au plan économique en France. L'conomie des États-Unis et sa part de marché en France est devenue énorme. Mac Donald n'est que la petite, très petite point de l'Iceberg. Les entreprises états-uniennes sont fortement implantées en France. Nous connaissons ces marques états-uniennes qui font la pluie et le beau temps à Paris mais les Français ne se doutent de rien. Le marketing des entreprises états-uniennes est si fin, si
    sratégique que peu de gens se douteraient de la provenance et de la propriété de ces entreprises. J'ai l'impression que c'est la mondialisation...qui n'explique pas tout mais qui dit que c'est la finance et les marchés qui tiennent lieu de lien d'appartenance de plus en plus.

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