Musique du monde - L'enchanteur omnivore
À retenir
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À L'Astral, lundi 8 mars à 20h
Sur la pointe de l'underground, Vinicio Capossela est l'une des principales figures de proue d'une nouvelle génération d'auteurs-compositeurs italiens qui plongent dans l'histoire pour la faire ressurgir sous un angle complètement neuf. C'est Fellini en chanson, Morricone qui capte le présent millénaire, Bukowski qui monte sur une scène avec des masques de Minotaure et de méduse, Kerouac égaré sur la route 66 à la recherche de l'Odyssée d'Homère. Prochain arrêt: ce soir à L'Astral.
Capossela confond les époques et les genres. Rend le cha cha mélodramatique. Insère de la trompette dans le tango. Ironise sur des marches militaires. Décompose la polka avec la guitare distordue. S'amuse sur de la tarentelle. Vénère le kitsch italo-américain. S'élève sur des choeurs d'opéra. Donne à la musique contemporaine des airs très forains. Chante du rock sur des cloches à vache avec des voix de ténor en bourdon. Se laisse aller en clair-obscur sur un folk relâché avec deux potes de Calexico. La démarche omnivore et pourtant enchanteresse s'entend parfaitement sur The Story-Faced Man, une compilation parue en février chez Warner.
Chaque pièce semble construite comme un petit film. Le principal intéressé acquiesce: «J'essaie de donner à ma musique un aspect très visuel, mais je suis fasciné par les temps mythiques et je recherche ce qui est plus grand que la vie au quotidien. Tu vis une heure à la fois, le temps disparaît, mais se loge pour toujours. Je veux donc préserver le sens de l'épique de tous les artistes qui m'ont inspiré. La création me permet de me retrouver deux mille ans en arrière. En ce sens, je pense être profondément connecté à l'inconscient méditerranéen».
Les textes dépeignent des caractères de laissés-pour-compte, ces négligés de la condition humaine. Il raconte: «En général, je crée des personnages qui ont besoin d'être aimés, mais qui, lorsqu'ils sont en amour, ne savent pas l'assumer. Je privilégie aussi le grotesque».
Et le théâtre. «Sur une scène, notre musique doit être "performée" au-delà de la simple chanson. On utilise toutes les possibilités du corps, on met des masques, on se plonge dans le temps avec des instruments étranges, comme le piano jouet, le thérémine, l'orgue farfisa ou la scie musicale. Oui, on essaie de créer un environnement théâtral et laisser de la place au fantastique».
Également au programme de ce soir: du Louis-Ferdinand Céline et de l'Alfred Jarry, peut-être même de l'Adamo et des airs de la Callas. La route de l'enchanteur omnivore ne cesse de s'étendre.
***
Collaborateur du Devoir
Capossela confond les époques et les genres. Rend le cha cha mélodramatique. Insère de la trompette dans le tango. Ironise sur des marches militaires. Décompose la polka avec la guitare distordue. S'amuse sur de la tarentelle. Vénère le kitsch italo-américain. S'élève sur des choeurs d'opéra. Donne à la musique contemporaine des airs très forains. Chante du rock sur des cloches à vache avec des voix de ténor en bourdon. Se laisse aller en clair-obscur sur un folk relâché avec deux potes de Calexico. La démarche omnivore et pourtant enchanteresse s'entend parfaitement sur The Story-Faced Man, une compilation parue en février chez Warner.
Chaque pièce semble construite comme un petit film. Le principal intéressé acquiesce: «J'essaie de donner à ma musique un aspect très visuel, mais je suis fasciné par les temps mythiques et je recherche ce qui est plus grand que la vie au quotidien. Tu vis une heure à la fois, le temps disparaît, mais se loge pour toujours. Je veux donc préserver le sens de l'épique de tous les artistes qui m'ont inspiré. La création me permet de me retrouver deux mille ans en arrière. En ce sens, je pense être profondément connecté à l'inconscient méditerranéen».
Les textes dépeignent des caractères de laissés-pour-compte, ces négligés de la condition humaine. Il raconte: «En général, je crée des personnages qui ont besoin d'être aimés, mais qui, lorsqu'ils sont en amour, ne savent pas l'assumer. Je privilégie aussi le grotesque».
Et le théâtre. «Sur une scène, notre musique doit être "performée" au-delà de la simple chanson. On utilise toutes les possibilités du corps, on met des masques, on se plonge dans le temps avec des instruments étranges, comme le piano jouet, le thérémine, l'orgue farfisa ou la scie musicale. Oui, on essaie de créer un environnement théâtral et laisser de la place au fantastique».
Également au programme de ce soir: du Louis-Ferdinand Céline et de l'Alfred Jarry, peut-être même de l'Adamo et des airs de la Callas. La route de l'enchanteur omnivore ne cesse de s'étendre.
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Non Trattare, de Vinicio Capossela
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