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    Chanson - Du point de vue de Renan Luce

    22 février 2010 |Sylvain Cormier | Musique
    Dans le deuxième album de Renan Luce, Le Clan des miros, quand l’auteur-compositeur ne fait pas l’enfant, il joue à l’ado. Rarement à l’adulte.
    Photo: Jean-Baptiste Mondino Dans le deuxième album de Renan Luce, Le Clan des miros, quand l’auteur-compositeur ne fait pas l’enfant, il joue à l’ado. Rarement à l’adulte.
    • Renan Luce en spectacle à La Tulipe, les 24 et 25 février
    Renan Luce est un presbyte, un miro, comme dit le titre de son deuxième album, Le Clan des miros. C'est aussi le titre de la chanson qui démarre le truc, joliment tournée comme ça ne se dit pas (mais ça se cite): «Dans le clan des aveugles / Tomber c'est alunir / On vit un peu tout seul / On ne voit rien venir». Il porte des lunettes (ou des lentilles de contact) depuis qu'il est tout jeune, Renan Luce. Comme Agnan! Je sais, le lien est facile, mais je sors d'aller voir Le Petit Nicolas au cinéma, et c'est Renan qui signe la chouette chanson-thème intitulée On n'est pas à une bêtise près. Alors, Renan, lui dis-je avec une familiarité de potache, t'es comme Agnan le premier de la classe dans Le Petit Nicolas, à cause des lunettes on ne peut pas te taper dessus?

    «Ah si, on peut, réplique-t-il sans rire. Tu sais, il y en a qui ne se sont pas gênés.» À la parution du Clan, l'automne dernier, la critique française a fait l'Eudes. Eudes, dans Le Petit Nicolas, c'est celui qui donne des coups de poing sur le nez. Ainsi a-t-on épinglé Renan pour des manies d'écriture («figures de style qui paraissent forcées», souligna Valérie Lehoux dans Télérama), sa propension à narrer des épisodes d'enfance («chansons plus infantiles qu'enfantines», soutint Julien Demets sur evene.fr), etc. Premier de classe avec les 750 000 exemplaires de son premier album, Le Repenti, ça attire les baffes. «On m'attendait au tournant, ça c'est sûr. Moi-même, je m'attendais de pied ferme. Mais j'ai enlevé mes lunettes, justement, pour ne pas trop voir tout ça. J'ai essayé de me concentrer sur ce que j'aime: raconter des histoires, créer des personnages, travailler les rimes et les sonorités. Faire mon métier, quoi. J'essaie de demeurer mon premier public.»

    L'enfance, en cela, sert autant de terrain de jeu pour l'auteur-compositeur que de refuge pour la vedette désormais dans le collimateur des journaux à potins, marié qu'il est à Lolita Séchan, fille de Renaud. «C'est vrai que j'ai peut-être besoin de me raccrocher à cette insouciance-là, de compenser les aspects plus terre à terre de la vie adulte, mais c'est aussi un thème qui est riche. L'enfance, c'est le règne de l'imaginaire.» Dans ses chansons, quand il ne fait pas l'enfant, Renan fait l'ado. Rarement l'adulte. Méchant, l'adulte. Les adultes sont d'avides anciens enfants dans la troublante Grand-père, attendant l'héritage. «J'ai 30 ans, c'est l'âge adulte, mais je n'aime pas trop les comportements des adultes. Alors, je les regarde du point de vue de l'ado, de l'enfant, du grand-père.»

    Le regard, toujours le regard. Le Renan du premier album, celui qui matait de la fenêtre en face «les voisines qui sèchent leurs dentelles au vent sur les balcons», est le même qui, dans Femme à lunettes, est tout attendri par des «yeux qui plissent». Belle solidarité dans le clan des miros. «Quand tu enlèves tes lunettes, tout est flou, il faut regarder de près. C'est beaucoup moi, ça. Je vois les choses, mais à ma manière de presbyte. C'est dans le flou que je trouve la poésie.» Mais gare aux coups. «Et aux réverbères...»

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    Renan Luce en spectacle à La Tulipe, les 24 et 25 février.












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