Concerts classiques - Hou là là!
À retenir
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Orchestre de chambre McGill
An-Lun Huang: Sept chansons populaires canadiennes en style chinois. Alexander Brott: Concertino pour violon. Saint-Saëns: Introduction et Rondo capriccioso. Schubert: Symphonie n° 5. Yi-Jia Susanne Hou (violon), Boris Brott (direction). Salle Pollack, lundi 8 février 2010.
En musique, il y a trois catégories d'artistes: ceux qui font la carrière qu'ils méritent, ceux qui sidèrent par la carrière qu'ils font et ceux qui étonnent par la carrière qu'ils ne font pas. La Sino-Canadienne Yi-Jia Susanne Hou fait partie de ces derniers.
Cette catégorisation est régie par les étranges arcanes du music business, les agents, les petites amitiés et les retours d'ascenseur. Les francs-tireurs, qui cherchent à établir un sens des valeurs, sont des cibles à abattre. Bref, ce n'est pas parce que l'on parle d'art qu'il faut tout voir avec des lunettes roses.
Pourquoi une triple lauréate des Concours Long-Thibaud, Sarasate et Lipizer à la fin des années 90 est-elle aussi méconnue en 2010? Mystère. D'autant que ce que j'ai entendu hier soir était majeur, de haut niveau international.
La violoniste est frêle, en apparence seulement. Le son est charpenté, gras presque. Il vous rentre sous la peau lorsqu'elle joue sa corde de sol. La pauvre Chloë Hanslip, vue il y a huit jours — et sous les projecteurs depuis autant de temps que Mademoiselle Hou est dans l'ombre — sort balayée, laminée, de la comparaison.
Hou me fait penser à Kyung-Wha Chung à son zénith, dans la seconde moitié des années 70: même hargne, même envie d'en découdre avec la musique, même type de son et un zeste de folie en plus. Peut-être un jour les projecteurs, particulièrement déréglés à la Salle Pollack, se braqueront-ils sur elle...
Que Boris Brott, sa 5e de Schubert peu chaleureuse, la mémoire d'Alexandre Brott, auteur d'un habile Concertino dans la veine de Prokofiev, et le malin An-Lun Huang me pardonnent: la vedette était la soliste.
Cette catégorisation est régie par les étranges arcanes du music business, les agents, les petites amitiés et les retours d'ascenseur. Les francs-tireurs, qui cherchent à établir un sens des valeurs, sont des cibles à abattre. Bref, ce n'est pas parce que l'on parle d'art qu'il faut tout voir avec des lunettes roses.
Pourquoi une triple lauréate des Concours Long-Thibaud, Sarasate et Lipizer à la fin des années 90 est-elle aussi méconnue en 2010? Mystère. D'autant que ce que j'ai entendu hier soir était majeur, de haut niveau international.
La violoniste est frêle, en apparence seulement. Le son est charpenté, gras presque. Il vous rentre sous la peau lorsqu'elle joue sa corde de sol. La pauvre Chloë Hanslip, vue il y a huit jours — et sous les projecteurs depuis autant de temps que Mademoiselle Hou est dans l'ombre — sort balayée, laminée, de la comparaison.
Hou me fait penser à Kyung-Wha Chung à son zénith, dans la seconde moitié des années 70: même hargne, même envie d'en découdre avec la musique, même type de son et un zeste de folie en plus. Peut-être un jour les projecteurs, particulièrement déréglés à la Salle Pollack, se braqueront-ils sur elle...
Que Boris Brott, sa 5e de Schubert peu chaleureuse, la mémoire d'Alexandre Brott, auteur d'un habile Concertino dans la veine de Prokofiev, et le malin An-Lun Huang me pardonnent: la vedette était la soliste.
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