Jazz - Nick Ayoub et les anciens
C'est une histoire d'anciens qui, dans les années 50 comme dans celles antérieures à l'Expo 67, jouaient tous les soirs parce que mille et un lieux dédiés au jazz existaient. Ils s'appelaient Art Roberts, piano, Émile dit Cisco Normand, batteur, Al Penfold, trompette, et Michel Donato, contrebasse. À leur époque, leur maître éclaireur se nommait Nick Ayoub, saxophoniste d'ascendance libanaise né à Trois-Rivières.
À l'initiative de ce dernier, Roberts et compagnie ont investi le studio RCA Victor en 1964. On mentionne cela parce que l'endroit en question, enclavé entre l'autoroute Ville-Marie et la frontière nord-ouest du quartier Saint-Henri, est toujours prisé par les musiciens de jazz, comme ceux du World Saxophone Quartet. À cause de quoi? Les murs en bois de rose.
En 1964, ils faisaient donc face à une console de son. Ils ont décliné leurs compositions, toutes originales, toutes arrangées par eux en général et Ayoub en particulier. L'album ensuite publié fut baptisé The Montreal Scene. La réédition qu'on nous propose aujourd'hui a conservé, fort heureusement, le nom choisi à l'époque. On insiste sur cet aspect du sujet parce que cette production fut fort bien nommée: The Montreal Scene.
Cette formation, on l'a peut-être oublié, était emblématique du jazz qui coulait dans les boîtes de Montréal avant que le raz-de-marée du rock-pop-machin-truc psychédélique ne le lamine. Oui, Ayoub, Roberts, Penfold, Donato et Normand résument la version locale du genre. Ils le symbolisent. Ils le portent.
L'esthétique musicale qu'ils défendaient n'est pas sans rappeler celle qui avait cours de l'autre côté du continent, dans les environs de San Francisco et de Los Angeles. C'est peut-être parce que la sonorité d'Ayoub au saxophone est comme un écho à celle défendue par Richie Kamuca lorsqu'il était membre du groupe dirigé par le batteur Shelly Manne. C'est peut-être également parce que le jeu de Penfold à la trompette est lui un écho à celui de Joe Gordon, trompettiste du Pacifique.
Le résultat est délectable, mais... Mais il a ceci de retors qu'il aiguise la nostalgie d'une époque, de musiciens, d'un style aujourd'hui disparus. Savoir qu'on pouvait voir et entendre, y compris dans les années 70, Cisco Normand, Art Roberts et Donato et que ce n'est plus le cas, c'est pas jojo. Pour cette raison, ce Montreal Scene paru sur étiquette Ear This! est indispensable.
***
La fin de semaine prochaine, l'Upstair's propose une grande affiche: complice habituel des aventures de John Zorn sans oublier celles qu'il mène avec d'autres, le violoniste Mark Feldman a été invité par la pianiste Marianne Trudel. Virtuose de l'instrument, Feldman a ceci de singulier: quoi qu'il fasse, il ne laisse personne indifférent. Le contrebassiste Peter Herbert viendra également de New York, alors que Michel Lambert sera à la batterie. Prix du billet: 16 $ ou 18 $. Les 5 et 6 février à 19h30 et à 22h30.
À l'initiative de ce dernier, Roberts et compagnie ont investi le studio RCA Victor en 1964. On mentionne cela parce que l'endroit en question, enclavé entre l'autoroute Ville-Marie et la frontière nord-ouest du quartier Saint-Henri, est toujours prisé par les musiciens de jazz, comme ceux du World Saxophone Quartet. À cause de quoi? Les murs en bois de rose.
En 1964, ils faisaient donc face à une console de son. Ils ont décliné leurs compositions, toutes originales, toutes arrangées par eux en général et Ayoub en particulier. L'album ensuite publié fut baptisé The Montreal Scene. La réédition qu'on nous propose aujourd'hui a conservé, fort heureusement, le nom choisi à l'époque. On insiste sur cet aspect du sujet parce que cette production fut fort bien nommée: The Montreal Scene.
Cette formation, on l'a peut-être oublié, était emblématique du jazz qui coulait dans les boîtes de Montréal avant que le raz-de-marée du rock-pop-machin-truc psychédélique ne le lamine. Oui, Ayoub, Roberts, Penfold, Donato et Normand résument la version locale du genre. Ils le symbolisent. Ils le portent.
L'esthétique musicale qu'ils défendaient n'est pas sans rappeler celle qui avait cours de l'autre côté du continent, dans les environs de San Francisco et de Los Angeles. C'est peut-être parce que la sonorité d'Ayoub au saxophone est comme un écho à celle défendue par Richie Kamuca lorsqu'il était membre du groupe dirigé par le batteur Shelly Manne. C'est peut-être également parce que le jeu de Penfold à la trompette est lui un écho à celui de Joe Gordon, trompettiste du Pacifique.
Le résultat est délectable, mais... Mais il a ceci de retors qu'il aiguise la nostalgie d'une époque, de musiciens, d'un style aujourd'hui disparus. Savoir qu'on pouvait voir et entendre, y compris dans les années 70, Cisco Normand, Art Roberts et Donato et que ce n'est plus le cas, c'est pas jojo. Pour cette raison, ce Montreal Scene paru sur étiquette Ear This! est indispensable.
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La fin de semaine prochaine, l'Upstair's propose une grande affiche: complice habituel des aventures de John Zorn sans oublier celles qu'il mène avec d'autres, le violoniste Mark Feldman a été invité par la pianiste Marianne Trudel. Virtuose de l'instrument, Feldman a ceci de singulier: quoi qu'il fasse, il ne laisse personne indifférent. Le contrebassiste Peter Herbert viendra également de New York, alors que Michel Lambert sera à la batterie. Prix du billet: 16 $ ou 18 $. Les 5 et 6 février à 19h30 et à 22h30.
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