Florence K au Monument-National - Le feu qui réchauffe
Elle est chez elle dans un monde d'ouverture et hier soir au Monument-National, elle pénétrait les Amériques à travers ses langues, ses rythmes et ses atmosphères. C'était le feu qui réchauffe plus qu'il n'enflamme, mais l'enthousiasme de l'artiste n'avait rien de tiède. Elle présentait le personnage de Lola, l'héroïne de son plus récent album, avec ses contradictions, ses travers et surtout ses amours tourmentées.
Florence K était dans son salon, parfaitement à l'aise pour se laisser pénétrer par l'âme de la rue havanaise, le balroom américain, le cabaret parisien des années 40 et la chanson québécoise. Lorsqu'elle chante, elle peut faire sortir le méchant dans une romance et mordre dans une balade bluezy. Au piano, elle attaque efficacement plusieurs rythmes et tire le meilleur d'elle-même dans les improvisations.
Lorsqu'elle livre des chansons à consonance latine, on sent parfois le rappel. Si l'essence est maîtrisée, on est loin du feu cubain. Les solos sont courts, tout comme le développement des pièces. Mais Florence K, en femme du Nord, n'a pas besoin de copier ses frères d'âme du Sud et la magie opère malgré tout. Elle sait charmer et traiter ses musiciens avec une intimité complice.
Son groupe, un septuor, chauffe juste ce qu'il faut et sait s'adapter aux différents contextes d'un répertoire bien dosé, porté par une jeune artiste à la vieille âme pour un public d'âge mûr. On table sur les anticlimax entre la proximité du piano et de quelques cordes acoustiques ou sur les coups de cuivres qui apparaissent çà et là pour ponctuer l'émotion. Aussi, la section rythmique sait tenir la pulsation et peut même parfois conférer plus de densité.
La moitié des pièces laisse dégager des parfums latinos et les autres sont interprétées en anglais ou en français. Si la première partie fut davantage inspirée de Cuba, une surprise nous attendait avant l'entracte: la présence de Jean-Pierre Ferland. Il n'en fallait pas plus pour faire lever les gens de leurs sièges. La soirée était gagnée.
***
Collaborateur du Devoir
Florence K était dans son salon, parfaitement à l'aise pour se laisser pénétrer par l'âme de la rue havanaise, le balroom américain, le cabaret parisien des années 40 et la chanson québécoise. Lorsqu'elle chante, elle peut faire sortir le méchant dans une romance et mordre dans une balade bluezy. Au piano, elle attaque efficacement plusieurs rythmes et tire le meilleur d'elle-même dans les improvisations.
Lorsqu'elle livre des chansons à consonance latine, on sent parfois le rappel. Si l'essence est maîtrisée, on est loin du feu cubain. Les solos sont courts, tout comme le développement des pièces. Mais Florence K, en femme du Nord, n'a pas besoin de copier ses frères d'âme du Sud et la magie opère malgré tout. Elle sait charmer et traiter ses musiciens avec une intimité complice.
Son groupe, un septuor, chauffe juste ce qu'il faut et sait s'adapter aux différents contextes d'un répertoire bien dosé, porté par une jeune artiste à la vieille âme pour un public d'âge mûr. On table sur les anticlimax entre la proximité du piano et de quelques cordes acoustiques ou sur les coups de cuivres qui apparaissent çà et là pour ponctuer l'émotion. Aussi, la section rythmique sait tenir la pulsation et peut même parfois conférer plus de densité.
La moitié des pièces laisse dégager des parfums latinos et les autres sont interprétées en anglais ou en français. Si la première partie fut davantage inspirée de Cuba, une surprise nous attendait avant l'entracte: la présence de Jean-Pierre Ferland. Il n'en fallait pas plus pour faire lever les gens de leurs sièges. La soirée était gagnée.
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Collaborateur du Devoir
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