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Dumas au National - Envoûtant ou lassant, c'est selon

Sylvain Cormier   22 janvier 2010  Musique
Les mêmes constats tiennent, qu'on ait ou non trouvé ça bon, hier, Dumas au National. Positivement parlant, c'était la transe ininterrompue. Négativement perçu, c'était répétitif à l'os. Je peux écrire: c'est tellement tout le temps basé sur un riff (ou des variations sur un riff) que ç'en devient insupportable. Je peux aussi dire: plus il pioche dessus, plus il nous rentre dedans. C'est pareil. Ou bien c'est un voyage dans lequel on se laisse entraîner, ou bien c'est une traversée qu'on subit. Je ne sais pas quoi décider. Faut-il décider?

Je peux noter que l'écran circulaire en fond de scène fait très, très Pink Floyd, avec la Lune, Mars, un radar ou un haut-parleur dedans. Et trouver ça moyennement original. Ou bien je me dis que le rock se mord de toutes façons la queue et que ça allait vraiment bien avec la musique et qu'il ne faut pas bouder son plaisir. Je me plaindrais que tous ces textes ne riment pas à grand-chose et on aurait raison de rétorquer que de toutes façons, c'est des sons, ça se fond dans la musique, qu'importe de quoi ça parle si ça envoûte. À moins que ça ne lasse, à force ne n'être rien. Sais pas.

Je sais de manière moins équivoque ceci: Joss Tellier est un guitariste fantastique et il a vécu hier de fabuleuses envolées en orbite, notamment dans la bien-nommée Nébuleuse. J'affirme aussi que l'échange de licks avec Dumas dans le tube Je ne sais pas était bigrement bien envoyé (à en oublier à quel point elle rappelle Indochine, celle-là). Et il est tout à fait indéniable que ce spectacle, né et rodé au même endroit en décembre, était d'une très grande efficacité quant à la mainmise sur la salle: plus ça allait, plus l'intensité augmentait, et plus la foule d'en bas (vue d'en haut) s'agglutinait au bord de la scène, de plus en plus excitée, de plus en plus participative.

Quand j'ai quitté pour écrire ces lignes, Dumas n'avait même pas lancé la salve de ses imparables — Alors alors, Les aimants, Linoléum, Miss Ecstasy, Vénus —, et on sentait sous le balcon une sorte d'extase contenue. Pas encore le délire des happenings de l'an dernier au Métropolis, mais ça s'en venait. Impossible d'être mécontent d'une telle osmose. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'on peut faire un sacré kilométrage avec le même véhicule sur la même route en se contentant d'augmenter peu à peu la vitesse. Impossible de masquer une certaine lassitude, de réfréner une envie d'autre chose. D'autres accords, autre chose que le registre de trois tons et demi. Serais-je un petit peu déçu de Dumas après toute cette année d'aventures fascinantes en studio? Faut croire que oui.
 
 
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