Vitrine du disque - 22 janvier 2010
Rock'n'roll
Get yer ya-ya's out!
40th anniversary
The Rolling Stones
Universal
«The greatest rock'n'roll band in the world», lance l'annonceur maison en guise d'introduction, avant que Keith Richards n'attaque les premières notes de Jumpin' Jack Flash. Et c'est parti pour la gloire sur la scène du Madison Square Garden, fin novembre 1969. C'est le grand retour des Stones sur scène, qui enchaînent les désormais classiques Sympathy for the Devil, Midnight Rambler, Street Fighting Man, etc. Et elles sont livrées brutes et un brin délinquantes, façon Richards. Exit le trop léché. Bonne idée aussi de servir le tout avec un son plus clair et une ribambelle de primes. On a donc droit à cinq pièces inédites, dont certaines acoustiques. On peut même apprécier les premières parties, rien de moins que B.B. King et Ike & Tina Turner. La version «deluxe» comprend aussi un DVD. Quelques jours avant le chaos qui allait marquer le concert gratuit d'Altamont, et tuer une partie de l'esprit des sixties, on apprécie que davantage ces quelques instants d'innocence.
Alexandre Shields
***
Monde
DJOUMBUSH
Djoumbush
Featuring Warhol Dervish
Indépendant - djoumbush.com
Empreint de musique turque, ce groupe montréalais puise dans les traditions de mariages de la musique des Roms, en ajoutant quelques compositions. Ses membres sont allés à la source des maîtres: Burhan Ocal, Laco Tayfa, Omar Faruk Tekbilek et surtout Selim Sesler. Si, à la base, on trouve un trio plus proche de la formule traditionnelle avec clarinette, oud et violon, un chanteur porte la plainte lancinante, un violon nous fait pénétrer dans des sphères plus aériennes et d'autres collaborateurs ponctuent de forts contrastes entre les cadences frénétiques ou plus lentes, les rythmes asymétriques, de la densité et beaucoup d'improvisation. La moitié des pièces sont réalisées en collaboration avec le quatuor à cordes classique Warhol Dervish, qui prend toute sa place sans briser l'élan de cette musique emportée, ajoutant romantisme et même quelques rappels à la musique actuelle. Un excellent premier disque.
Yves Bernard
***
Monde
LA RÉVOLTE DES ZOMBIES
Boukman Eksperyans
Faluma - Bacchanalism
Ce disque, vous ne le trouverez que dans les boutiques en ligne ou les magasins haïtiens. Mais pour qui s'intéresse aux croisements entre la source vaudoue, l'expérience urbaine et le chant conscient, il représente l'un des grands crus de 2009. N'y cherchez pas le son du vieux Boukman, ce groupe emblématique qui a révolutionné la musique haïtienne avec le mouvement rasin, mélange de retour aux racines africaines, de rock ou d'engagement humain et spirituel. Si ces caractéristiques y sont encore présentes, le groupe fondé par Théodore Lolo Beaubrun et Mimerose Manzé Beaubrun a intégré sa progéniture en son sein, et l'apport des jeunes projette Boukman vers l'électro et le rap. Mais ce disque renferme aussi quelques pièces très roots, dont une complètement amérindienne. Et sur les rythmes, un sens du tragique et des harmonies vocales mordantes. L'album est déroutant, mais tout aussi percutant que les précédents.
Yves Bernard
***
DVD
MOTOWN: THE DVD
Artistes divers
Motown Historic Music - Universal
Eu ça à Noël de quelqu'un qui me connaît bien: moi. Ainsi rentabilise-t-on une carte-cadeau, merci à Cécile, mère de ma douce aimée. Un fabuleux DVD. Et pourtant un DVD sans grand art, rien d'autre qu'un raboutage de dix-huit passages à la télé des vedettes de Motown durant la «décade prodigieuse» de la compagnie. Vedettes souvent mal servies dans des émissions sans budget (Hy Lit Show, Swingin' Time, Upbeat), les Contours, par exemple, twistant leur Do You Love Me sans rien autour, mais quel entrain! Parfois, c'est l'idée de génie pour pas cher, Martha et ses Vandellas qui promènent leur Nowhere to Run tout le long de la chaîne de montage des Mustang à l'usine Ford de Detroit. Ou alors le phénoménal Marvin Gaye en direct du Bitter End, boîte de Greenwich Village. Plus fort encore, c'est le patron Berry Gordy qui commente à Teen Town un reportage tourné à Hitsville U.S.A., la maisonnette transformée en chaîne de montage écriture-arrangements-enregistrement, véritable usine des succès Motown. Un régal.
Sylvain Cormier
***
Classique
MEDTNER
Concerto pour piano n° 2. Rachmaninov: Concerto pour piano n° 4 (version originale). Evgueni Sudbin, Orchestre symphonique de la
Caroline du Nord, Grant Llewellyn.
Si vous désirez élargir votre connaissance du répertoire et appréciez le répertoire russe, Evgueni Sudbin a concocté un programme très intéressant. Certes, je me compte parmi les «néandertaliens musicaux» vilipendés par Sudbin lui-même dans sa notice, ceux qui considèrent Medtner comme un «Rachmaninov du pauvre». Enfin, pas tout à fait: j'ai souvent écrit que Medtner était un Rachmaninov verbeux. Je le maintiens, même si cela froisse le pianiste. Car un «Rachmaninov verbeux» a beaucoup de qualités: une manière de sculpter des mélodies, de s'extérioriser à travers des élans expressifs, d'orchestrer avec générosité et de traiter le clavier avec virtuosité. Le concerto de Medtner est dédié à Rachmaninov et vice versa. Sudbin, toujours aussi alerte, fin, élégant et vrai virtuose sans tapage, a eu la bonne idée de choisir la (plus rare) version de 1926 du 4e Concerto de Rachmaninov
Christophe Huss
Classique
KODALY
Intégrale des mélodies pour voix et piano: Mélodies populaires. Chanteurs divers, Tamas Vasary (piano). Hungaroton 3 CD HCD.
Si vous avez des affinités avec la culture hongroise, ou si vous cherchez à élargir votre répertoire de mélodies, voilà un coffret qui n'aura pas de concurrence de sitôt. Hungaroton reprend la nécessaire documentation de l'oeuvre vocale et chorale de Zoltán Kodály (1882-1967). Kodály est connu pour avoir été, avec son ami Bartók, un infatigable chercheur, collectant les chants folkloriques et populaires. Compositeur et ethnomusicologue, Kodály collecta et publia ainsi la mémoire sonore de son pays. Ces trois disques rassemblent, pour la première fois à ma connaissance, les 11 recueils de chants populaires hongrois (Magyar Nepzéne), confiés à 9 chanteurs, afin de varier les atmosphères. Seul le baryton Gabor Bretz laisse à désirer. Quinze mélodies et huit duos complètent un coffret qui nous plonge dans des couleurs et des rythmes importants pour comprendre la genèse de l'inspiration «classique» de Kodály et Bartók
Christophe Huss
Get yer ya-ya's out!
40th anniversary
The Rolling Stones
Universal
«The greatest rock'n'roll band in the world», lance l'annonceur maison en guise d'introduction, avant que Keith Richards n'attaque les premières notes de Jumpin' Jack Flash. Et c'est parti pour la gloire sur la scène du Madison Square Garden, fin novembre 1969. C'est le grand retour des Stones sur scène, qui enchaînent les désormais classiques Sympathy for the Devil, Midnight Rambler, Street Fighting Man, etc. Et elles sont livrées brutes et un brin délinquantes, façon Richards. Exit le trop léché. Bonne idée aussi de servir le tout avec un son plus clair et une ribambelle de primes. On a donc droit à cinq pièces inédites, dont certaines acoustiques. On peut même apprécier les premières parties, rien de moins que B.B. King et Ike & Tina Turner. La version «deluxe» comprend aussi un DVD. Quelques jours avant le chaos qui allait marquer le concert gratuit d'Altamont, et tuer une partie de l'esprit des sixties, on apprécie que davantage ces quelques instants d'innocence.
Alexandre Shields
***
Monde
DJOUMBUSH
Djoumbush
Featuring Warhol Dervish
Indépendant - djoumbush.com
Empreint de musique turque, ce groupe montréalais puise dans les traditions de mariages de la musique des Roms, en ajoutant quelques compositions. Ses membres sont allés à la source des maîtres: Burhan Ocal, Laco Tayfa, Omar Faruk Tekbilek et surtout Selim Sesler. Si, à la base, on trouve un trio plus proche de la formule traditionnelle avec clarinette, oud et violon, un chanteur porte la plainte lancinante, un violon nous fait pénétrer dans des sphères plus aériennes et d'autres collaborateurs ponctuent de forts contrastes entre les cadences frénétiques ou plus lentes, les rythmes asymétriques, de la densité et beaucoup d'improvisation. La moitié des pièces sont réalisées en collaboration avec le quatuor à cordes classique Warhol Dervish, qui prend toute sa place sans briser l'élan de cette musique emportée, ajoutant romantisme et même quelques rappels à la musique actuelle. Un excellent premier disque.
Yves Bernard
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Monde
LA RÉVOLTE DES ZOMBIES
Boukman Eksperyans
Faluma - Bacchanalism
Ce disque, vous ne le trouverez que dans les boutiques en ligne ou les magasins haïtiens. Mais pour qui s'intéresse aux croisements entre la source vaudoue, l'expérience urbaine et le chant conscient, il représente l'un des grands crus de 2009. N'y cherchez pas le son du vieux Boukman, ce groupe emblématique qui a révolutionné la musique haïtienne avec le mouvement rasin, mélange de retour aux racines africaines, de rock ou d'engagement humain et spirituel. Si ces caractéristiques y sont encore présentes, le groupe fondé par Théodore Lolo Beaubrun et Mimerose Manzé Beaubrun a intégré sa progéniture en son sein, et l'apport des jeunes projette Boukman vers l'électro et le rap. Mais ce disque renferme aussi quelques pièces très roots, dont une complètement amérindienne. Et sur les rythmes, un sens du tragique et des harmonies vocales mordantes. L'album est déroutant, mais tout aussi percutant que les précédents.
Yves Bernard
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DVD
MOTOWN: THE DVD
Artistes divers
Motown Historic Music - Universal
Eu ça à Noël de quelqu'un qui me connaît bien: moi. Ainsi rentabilise-t-on une carte-cadeau, merci à Cécile, mère de ma douce aimée. Un fabuleux DVD. Et pourtant un DVD sans grand art, rien d'autre qu'un raboutage de dix-huit passages à la télé des vedettes de Motown durant la «décade prodigieuse» de la compagnie. Vedettes souvent mal servies dans des émissions sans budget (Hy Lit Show, Swingin' Time, Upbeat), les Contours, par exemple, twistant leur Do You Love Me sans rien autour, mais quel entrain! Parfois, c'est l'idée de génie pour pas cher, Martha et ses Vandellas qui promènent leur Nowhere to Run tout le long de la chaîne de montage des Mustang à l'usine Ford de Detroit. Ou alors le phénoménal Marvin Gaye en direct du Bitter End, boîte de Greenwich Village. Plus fort encore, c'est le patron Berry Gordy qui commente à Teen Town un reportage tourné à Hitsville U.S.A., la maisonnette transformée en chaîne de montage écriture-arrangements-enregistrement, véritable usine des succès Motown. Un régal.
Sylvain Cormier
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Classique
MEDTNER
Concerto pour piano n° 2. Rachmaninov: Concerto pour piano n° 4 (version originale). Evgueni Sudbin, Orchestre symphonique de la
Caroline du Nord, Grant Llewellyn.
Si vous désirez élargir votre connaissance du répertoire et appréciez le répertoire russe, Evgueni Sudbin a concocté un programme très intéressant. Certes, je me compte parmi les «néandertaliens musicaux» vilipendés par Sudbin lui-même dans sa notice, ceux qui considèrent Medtner comme un «Rachmaninov du pauvre». Enfin, pas tout à fait: j'ai souvent écrit que Medtner était un Rachmaninov verbeux. Je le maintiens, même si cela froisse le pianiste. Car un «Rachmaninov verbeux» a beaucoup de qualités: une manière de sculpter des mélodies, de s'extérioriser à travers des élans expressifs, d'orchestrer avec générosité et de traiter le clavier avec virtuosité. Le concerto de Medtner est dédié à Rachmaninov et vice versa. Sudbin, toujours aussi alerte, fin, élégant et vrai virtuose sans tapage, a eu la bonne idée de choisir la (plus rare) version de 1926 du 4e Concerto de Rachmaninov
Christophe Huss
Rachmaninov: Concerto no 4
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Classique
KODALY
Intégrale des mélodies pour voix et piano: Mélodies populaires. Chanteurs divers, Tamas Vasary (piano). Hungaroton 3 CD HCD.
Si vous avez des affinités avec la culture hongroise, ou si vous cherchez à élargir votre répertoire de mélodies, voilà un coffret qui n'aura pas de concurrence de sitôt. Hungaroton reprend la nécessaire documentation de l'oeuvre vocale et chorale de Zoltán Kodály (1882-1967). Kodály est connu pour avoir été, avec son ami Bartók, un infatigable chercheur, collectant les chants folkloriques et populaires. Compositeur et ethnomusicologue, Kodály collecta et publia ainsi la mémoire sonore de son pays. Ces trois disques rassemblent, pour la première fois à ma connaissance, les 11 recueils de chants populaires hongrois (Magyar Nepzéne), confiés à 9 chanteurs, afin de varier les atmosphères. Seul le baryton Gabor Bretz laisse à désirer. Quinze mélodies et huit duos complètent un coffret qui nous plonge dans des couleurs et des rythmes importants pour comprendre la genèse de l'inspiration «classique» de Kodály et Bartók
Christophe Huss
Kodaly: Les roses pourpres
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