Concerts classiques - L'apparition
À retenir
-
Évasions classiques
Staniland: Deux mouvements pour orchestre. Chopin: Concerto pour piano n° 1. Haydn: Symphonie n° 104 «Londres». Strauss: Der Rosenkavalier, suite (1919-1920). Jan Lisiecki (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Roberto Minczuk.
Salle Wilfrid-Pelletier, mardi 12 janvier 2010.
Cela n'arrive pas souvent. Hier soir, à la Salle Wilfrid-Pelletier, les spectateurs ont eu, j'espère, conscience de vivre quelque chose de tout à fait spécial: la révélation d'un talent exceptionnel. Une apparition.
Je parle de la présence sur scène du jeune pianiste albertain de 14 ans, Jan Lisiecki, lauréat du Concours OSM Standard Life 2009. On peut toujours craindre de la part d'un si jeune artiste de voir un élève venir réciter sa leçon. Pas de ça, hier. Lisiecki ne débite pas; il respire. Mieux encore: alors que le jeune prodige-type est un phénomène technique, Lisiecki est un phénomène musical.
D'emblée, le son s'affirme avec une immédiateté et autorité supérieures à ce que nous avions entendu du colosse Angelich la veille. Je ne parle pas forcément de puissance (celle-ci se délite d'ailleurs au fur et à mesure que le concerto avance) mais de présence, de cette sensation indicible que «c'est ainsi et pas autrement».
Lisiecki a eu la chance d'avoir en Roberto Mincsuk un accompagnateur tenant l'orchestre sous le boisseau et respirant l'oeuvre avec fluidité. Cela lui a permis de jouer avec un toucher varié et très nuancé, notamment dans un mouvement lent en demi-teintes et en finesse. La salle retenait son souffle: pas une toux entre le second et le troisième mouvement! En bis, il nous a donné une Valse op. 64 n° 2 élégante et feutrée.
Avec Lisiecki, le Canada compte, à âge égal, un pianiste de la trempe d'Evgueni Kissin et dont la maturité musicale est nettement supérieure à Lang Lang. Que deviendra-t-il, à terme, alors qu'il est déjà prêt pour une carrière? Cela dépendra de son entourage...
Pour le reste, nous avons eu un programme stupide, sans queue ni tête, avec la troisième mouture différente d'extraits du Chevalier à la Rose en 18 mois à l'OSM (que Mincsuk y était factice — avec ses gros ralentis sortis de son chapeau — comparé à Decker!), une symphonie de Haydn décente mais jouée sans grand esprit et une oeuvre atmosphérique post-brittenienne qui prouve que Staniland est l'un des quelques compositeurs talentueux et non pré-formatés au pays.
Je parle de la présence sur scène du jeune pianiste albertain de 14 ans, Jan Lisiecki, lauréat du Concours OSM Standard Life 2009. On peut toujours craindre de la part d'un si jeune artiste de voir un élève venir réciter sa leçon. Pas de ça, hier. Lisiecki ne débite pas; il respire. Mieux encore: alors que le jeune prodige-type est un phénomène technique, Lisiecki est un phénomène musical.
D'emblée, le son s'affirme avec une immédiateté et autorité supérieures à ce que nous avions entendu du colosse Angelich la veille. Je ne parle pas forcément de puissance (celle-ci se délite d'ailleurs au fur et à mesure que le concerto avance) mais de présence, de cette sensation indicible que «c'est ainsi et pas autrement».
Lisiecki a eu la chance d'avoir en Roberto Mincsuk un accompagnateur tenant l'orchestre sous le boisseau et respirant l'oeuvre avec fluidité. Cela lui a permis de jouer avec un toucher varié et très nuancé, notamment dans un mouvement lent en demi-teintes et en finesse. La salle retenait son souffle: pas une toux entre le second et le troisième mouvement! En bis, il nous a donné une Valse op. 64 n° 2 élégante et feutrée.
Avec Lisiecki, le Canada compte, à âge égal, un pianiste de la trempe d'Evgueni Kissin et dont la maturité musicale est nettement supérieure à Lang Lang. Que deviendra-t-il, à terme, alors qu'il est déjà prêt pour une carrière? Cela dépendra de son entourage...
Pour le reste, nous avons eu un programme stupide, sans queue ni tête, avec la troisième mouture différente d'extraits du Chevalier à la Rose en 18 mois à l'OSM (que Mincsuk y était factice — avec ses gros ralentis sortis de son chapeau — comparé à Decker!), une symphonie de Haydn décente mais jouée sans grand esprit et une oeuvre atmosphérique post-brittenienne qui prouve que Staniland est l'un des quelques compositeurs talentueux et non pré-formatés au pays.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

