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    Le Metropolitan Opera au cinéma - Le Chevalier à la rose, opéra viennois?

    11 janvier 2010 |Christophe Huss | Musique
    L'opéra de New York présentait samedi dans les cinémas un «gros morceau»: Der Rosenkavalier de Richard Strauss. La création du compositeur munichois et de son librettiste Hugo von Hofmannsthal peut-elle livrer tout son suc lorsqu'elle est «mondialisée» en affichant deux chanteuses américaines, une Allemande et un Islandais sous la direction d'un chef hollandais, ou possède-t-elle une identité viennoise qu'il est dangereux de diluer? C'est la question soulevée par cette représentation luxueuse, mais un peu raide et désincarnée.

    Le Chevalier à la rose, c'est Octavian, 17 ans, amant de la mature Maréchale, qui tombe amoureux de la jeune bourgeoise Sophie Faninal. L'opéra de Strauss s'articule subtilement autour de furtifs instants où tout bascule. Le grand moment de la représentation fut d'ailleurs, au premier acte, ce bref regard de la Maréchale dans son miroir et l'amère réflexion qui s'ensuit sur l'image et la fuite du temps.

    La stature de la Maréchale en impose et Renée Fleming est aujourd'hui impériale dans ce rôle. Susan Graham aussi, en Octavian, possède l'expérience requise. Le moment le plus inattendu, en ce qui la concerne, fut sa vis comica au troisième acte, dans un déguisement de servante qui éconduit un baron, lors d'une scène de taverne qui rappelle Falstaff. Christine Schäfer est étrangement bravache en Sophie.

    C'est avec le fameux baron Ochs que nous abordons le coeur du sujet. L'autoritaire basse Kristinn Sigmundsson est l'un des Ochs les mieux chantants que j'aie entendus dans ma vie. On l'entend au second acte, dans la scène de «duel» avec Octavian, adopter quelques tournures de dialecte autrichien. C'est une bonne idée, mais pas quand on le fait par intermittences. Car le côté «noble mais plouc» d'Ochs tient justement à son parler autrichien campagnard, qui fait partie intégrante de ce personnage de comédie. Mais la comédie — gentiment plate — est le parent pauvre du Rosenkavalier du Met, posément filmé par Barbara Willis Sweete et dirigé de manière consensuellement terne par Edo de Waart.

    L'équilibre entre apparat et légèreté est très difficile à réaliser dans cette oeuvre. Miser sur un luxe vocal absolu, les lustres en cristal et le faux stuc permet d'en souligner la stature et la luxuriance. Mais il faut bien plus de travail pour en traduire la sève et le rythme.












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