dimanche 12 février 2012 Dernière mise à jour 23h50
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Spectacles - Quelques déchaînés et douze rapaillés

Liste tout à fait subjective des dix meilleurs spectacles québécois en 2009

Sylvain Cormier   31 décembre 2009  Musique
Douze hommes rapaillés, à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA
Photo : Francofolies
Douze hommes rapaillés, à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA
Chaque année, la précision s'impose, lapalissade ou pas. Voici donc mes dix meilleurs spectacles d'ici, tels que choisis parmi les spectacles auxquels j'ai assisté. Eh oui. Ça explique certaines omissions, indéfendables autrement. Leloup au Métropolis? Je n'y étais pas. Martin Léon au National? Pas là non plus. Dumas au Métropolis? Arrivé trop tard. Et ainsi de suite. J'étais là où j'étais, pas ailleurs. Et c'est souvent ailleurs que ça s'est passé. Quoi? Le show de l'année, peut-être bien. Mais il n'y a, dans ma dizaine glorieuse, que de très, très mémorables soirées: l'industrie s'appauvrit, les salles sont moins pleines, mais les artistes sont plus épatants et plus renversants que jamais.

1. Antoine Gratton, au Club Soda. Déchaîné? Démentiellement époustouflant? Brillamment éblouissant? Je manque de mots. «Formidable» ne décrit pas son entrée en scène de Stade olympique, son tuxedo lamé rouge glam-rock estampillé 1973, son piano-boule miroir. «Aisance» ne dit pas l'effarante vivacité d'esprit qui lui permet de réagir illico à n'importe quoi: son sens du happening. «Vaste culture musicale» ne dit pas l'intégrale Elton John, Billy Joel et autres Gershwin qu'il a au bout des doigts, ce répertoire infini qui squatte constamment ses chansons à lui. J'exagère, vous trouvez? Aller le voir une fois, pour voir. Vous verrez.

2. Douze hommes rapaillés, à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA (FrancoFolies de Montréal). Douze hommes, les mots tendres et puissants de Gaston Miron, les musiques admirablement démaquillées de Gilles Bélanger. Douze hommes sur scène en même temps: Louis-Jean Cormier, Michel Rivard, Pierre Flynn, Jim Corcoran, Daniel Lavoie, Vincent Vallières, Martin Léon, Yann Perreau, David Marin, Yves Lambert, Richard Séguin, Bélanger. C'était un bivouac en forêt boréale, une virée de chums au carré Saint-Louis, c'étaient nos hommes, magnifiques. Et cette soirée vécue en leur compagnie, rien de moins qu'historique.

3. David Marin, au Lion D'Or, dans Les Bars en folie des FrancoFolies de Spa et sous un chapiteau aux FrancoFolies de Montréal. Sorte de Richard Desjardins à tête de Fred Pellerin qui aurait bouffé du Stephen Faulkner pour déjeuner, David Marin est un grand efflanqué un peu penché sur son instrument, hilare un instant, émouvant l'instant d'après, du genre qui aime faire rimer ses portraits de société en mots amalgamés. Partout où je l'ai vu, et

je l'ai vu partout, il s'est gagné de petites foules pas gagnées d'avance. Il n'en restera pas là.

4. Catherine Durand, au Lion d'Or. J'aime Catherine Durand, on le saura. Depuis Coeurs migratoires, son quatrième disque, je l'aime plus encore. Et le spectacle de Coeurs migratoires en avait l'envergure. Les crescendos gigantesques, les délicatesses extrêmes, le très palpable et le très planant en même temps, tout était là, amplifié, élargi. Ce n'est pas grand, le Lion d'Or, et pourtant la musique avait de la place comme Pink Floyd en avait à Pompéi. Version folk nord-américaine.

5. Louise Forestier, au National. Une expérience unique et heureuse. L'expérience de la rencontre entre un groupe — El Motor, dont le fiston Alexis — qui joue du rock comme en 1969-1971 (organique manière The Band, un brin «prog» au besoin) et une chanteuse qui a justement connu le succès à cette époque-là, en a gardé la fougue et le chien, mais porte tout aussi fièrement son âge et le sacré bagage qui vient avec lui.

6. La Semaine internationale d'Urbain Desbois (SIUD). Le festival d'un seul homme? Et pourquoi pas! La première édition de la SIUD aura connu un succès fou, fou, fou. Des gens refusés chaque soir, à l'entrée du Quai des brumes, du Cheval blanc. L'urbaindesboismanie. J'exagère? Si peu. Vivement la deuxième.

7. Yann Perreau, à La Tulipe. Est-il Dieu possible de se démener ainsi sans s'essouffler? On aurait dit un poulet frisé sur une plaque électrifiée. La transe, quoi. Une transe très volontaire, jogging sur place de gars entraîné. Quelque chose de Jim Morrison possédé, de Charlebois déchaîné et de Rocky Balboa sautant à la corde. Du réchauffé, en quelque sorte. Mais du sacré bon réchauffé. À chaque génération son énergumène tout feu tout flamme. Yann Perreau est celui d'aujourd'hui, la torche humaine du moment.

8. Luc de Larochellière, au Cabaret Juste pour rire (Coup de coeur francophone). Le meilleur album de chansons chansonnières de l'année a donné lieu à l'un des plus fins spectacles de chansons chansonnières de l'année. L'accompagnement, le son de la guitare acoustique de Luc, les rayons de lumière rouge qui semblaient sortir des rideaux de velours, l'écrin était de la plus noble sobriété, et ces joyaux de chansons ne pouvaient composer qu'un bijou de spectacle. Franchement, ça voisinait la perfection.

9. Patrick Watson et invités, à la Place des festivals (FIJM). Trop étroite pour Stevie Wonder, la nouvelle Place des festivals a été transformée, par la grâce de l'imagination et de la débrouillardise, en espace magique par l'extraordinaire groupe montréalais qui porte le nom de son chanteur: Patrick Watson. Et le plus beau, c'est que toutes les belles et folles idées de mise en scène n'ont en rien nui à la musique, intimiste et immense à la fois. Le soir exquis de l'été.

10. Mara Tremblay, au National. Formidable bruit que ce bruit volontairement pas trop équarri, rock de garage au superlatif, musique de racines déracinée au bulldozer. Tout un bruit. Tout un band. Tout un show. Toute une Mara. Rock'n'roll mama. On savait que le spectacle de l'album Tu m'intimides serait plus rentre-dedans. Mais à ce point-là? Aussi brutalement tendre que ça? Aussi dangereusement bruyant? Imaginez Eleni Mandell avec Nirvana. Ou Emmylou Harris avec Metallica. J'exagère. Mettons Mara Tremblay avec le Galaxie 500 d'Oli-
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012