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    Une histoire du jazz en 88 touches

    11 décembre 2009 |Guillaume Bourgault-Côté | Musique
    L'Histoire du Piano Jazz
    Coffret de 25 CD édité par Le Chant du monde (Harmonia)
    D'abord, des chiffres: 524 titres, 32 heures de musique, 25 disques et un prix affiché au Québec (entre 73 $ et 83 $) qui témoigne du secret du projet: le demi-millier de pièces rassemblées sur le coffret L'Histoire du piano jazz ont toutes plus de 50 ans. Et donc? Domaine public. Gratuité de la repique.

    Ensuite, du contenu: c'est à l'avenant de la quantité. La maison française Le Chant du monde a concocté pour cette histoire du jazz en 88 touches un programme qui intègre pratiquement tous les pianistes ayant évolué entre 1898 (première piste, avec le ragtime de Scott Joplin) et 1958 (le coffret se termine avec Bud Powell et une pièce enregistrée fin décembre 1958).

    Au générique, les plus grands noms de ce premier demi-siècle du jazz défilent: nommément Duke Ellington (20 pièces), Erroll Garner (20), Thelonious Monk (25), Oscar Peterson (19), Bud Powell (39) et surtout Art Tatum (29 titres sur 14 disques). Tatum l'aveugle visionnaire à qui l'on accorde avec raison les plus grands honneurs. Auprès d'eux, on note encore Earl Hines, Nat King Cole, Count Basie, Horace Silver, Lennie Tristano, Wynton Kelly, Red Garland, Hank Jones, Paul Bley, Tommy Flanagan et des dizaines d'autres (dont quelques inconnus dépoussiérés d'on ne sait où).

    Entre le ragtime, le boogie-woogie, le swing, tous les bop ou le modal de Bill Evans, c'est la naissance du jazz qui est ici racontée, ses balbutiements sur piano bastringue, le développement de son vocabulaire dans les bars enfumés jusqu'à l'établissement du genre en tant qu'art à part entière, musique intellectualisée mais toujours libre, vivante et mouvante.

    Piano droit, piano à queue, les pianos fous de Monk et ceux élégants de John Lewis, ils y passent tous. Et c'est ce même instrument qui permet ici de lier les époques les plus opposées, les genres les plus disparates et les interprétations les plus hétéroclites. Le piano est en somme le narrateur.

    En ce sens, le livret qui accompagne le coffret est honnête: il y a un danger de lassitude si on tente de tout s'enfiler d'un coup (surtout pour les premiers enregistrements, d'une qualité sonore et esthétique douteuse). Le mélange des genres n'est pas toujours très fluide, ni logique (la sublime et poétique Automn Leaves de Hank Jones est suivie d'un morceau stride de Lucky Roberts). Le projet a ses limites, l'intérêt historique également.

    Mais les concepteurs défendent aussi l'approche: l'important est que tous les chapitres soient là, disent-ils. L'oeuvre se veut un document de référence, quasi éducatif. Là aussi, le livret marque le coup. Il a cette qualité rare d'être informatif. La contribution de chaque artiste est donc située au creux de l'histoire du jazz, de ses tendances stylistiques et de son évolution.

    Est-ce assez et complet? Non. Comme tout projet de ce type, les choix sont discutables. La limitation au domaine public empêche par exemple d'aborder l'histoire du piano jazz dans son entièreté. Mais bon: un verre à moitié vide est aussi à moitié plein. Et quand il s'agit d'un cru jazz de cette ampleur, on trinque.
     
     
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