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Concerts classiques - Des Brandebourgeois solides

Christophe Huss   27 novembre 2009  Musique

À retenir

    Festival Bach
    • Les Concertos brandebourgeois. Orchestre de chambre McGill, dir. Boris Brott.
    • Avec Thomas Gould (violon), Matthias Maute et Sophie Larivière (flûtes), Luc Beauséjour (clavecin) et Stéphane Beaulac (trompette piccolo).
    • Église Saint-Irénée, jeudi 26 novembre.
L'Orchestre de chambre McGill présentait hier l'intégrale des Concertos brandebourgeois dans le cadre du Festival Bach de Montréal. Sur le papier on pouvait s'étonner de voir ces oeuvres emblématiques confiées à un ensemble peu réputé pour son expertise dans la musique baroque. Mais, après tout, Les Violons du Roy jouent bien du Bartók, du Britten et du Piazzolla. Alors, pourquoi pas...

L'expérience a montré au final que la bonne musique transcende largement les chapelles esthétiques. On se souvient, lors du dernier festival, de l'ensemble baroque belge Il Gardellino et sa terrifiante trompette naturelle dans la Cantate BWV 51. On est bien content d'avoir plutôt eu hier Stéphane Beaulac, impeccable avec sa trompette piccolo dans le 2e Brandebourgeois.

Du festival 2007, on se remémore aussi le 4e Brandebourgeois, pâtissant à deux reprises des violons solistes: François Fernandez d'Il Gardellino et Chantal Rémillard d'Arion. Cette dernière s'en était mieux tirée que Fernandez, mais ne peut se comparer à l'impeccable prestation de Thomas Gould, précieux renfort pour la bande à Boris Brott hier soir.

Gould avait été le violon solo de l'Ensemble Filarmonia, partenaire du pianiste Paul Lewis à Lanaudière cet été. Il a convaincu, ne connaissant guère qu'un petit flottement dans le 3e mouvement du 1er Brandebourgeois. Si l'on ajoute à cela de petites chutes de tension et un accord pas idéal entre les deux altos dans le 6e Brandebourgeois, on aura à peu près fait le tour des problèmes. C'est peu, pour une soirée exposant autant les musiciens.

Cette intégrale doit beaucoup à la prestation des solistes: outre Gould, Luc Beauséjour, impérial sur un clavecin trop peu sonore dans le 5e Brandebourgeois; Matthias Maute et Sophie Larivière dans le 4e, Maute dans le 5e, l'hautboïste et les cornistes dans le 1er, etc. L'agencement des concertos était excellent, avec un concerto intimiste (3e et 6e) au centre de chaque partie.

Boris Brott a visiblement cherché à se rapprocher des interprétations baroques. Je lui reprocherai ainsi l'adoption de tempos parfois un rien trop rapides dans l'acoustique généreuse de cette Église Saint-Irénée bien remplie. On a compris, par exemple, que le 3e Brandebourgeois est devenu, depuis l'enregistrement de Reinhard Goebel, une sorte de défi sportif. Ce n'est pas forcément indispensable de l'imiter.

Mais nous sommes là dans le registre du détail: la soirée fut très agréable et de bonne tenue.






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