Damien Robitaille au Club Soda - Paradoxe en tux
Une pulsation soul, des cuivres, une ligne de basse imparable: une entrée à la Blues Brothers, ou à la Stax-Volt, ou à la Nino Ferrer première époque, c'est comme vous voulez. Et puis Damien Robitaille se présente lui-même, en voix-off. «Il est en tournée internationale exclusivement au Québec (...) nu sous son habit loué... Damien Robitaille!» Et il apparaît, jeune barbu en tuxedo, entertainer en noeud papillon. Autour, les musiciens en habit-cravate, les choristes Gaële et Amylie en robes assorties. Devant les cuivres, un bandstand avec les initiales stylisées: D. R.
La totale, quoi. La grosse dépense. Le décalage au cube. Showtime, ladies and gentlemen! Décalage? Comment savoir? Ce gars-là est composé de strates de décalage empilées, alors on ne sait jamais s'il déconne ou pas. Peut-être hier au Club Soda était-il vraiment devenu crooner à la Wayne Newton sur l'acide: le public suit et s'en fout puisque c'est mené rondement, qu'importe la sincérité de la proposition puisqu'on s'amuse follement en sa drôle de compagnie. La vérité probable est que Damien Robitaille est très sincèrement décalé. Le décalage fait homme.
Les chansons déménagent pour vrai, en tous cas, et les textes sont singulièrement étranges pour vrai aussi. «On est né nu, et on est mort vêtu...» Pas faux. C'est ça, Damien. Des vérités vraies déguisées en tuxedo avec un noeud papillon. Et le Franco-Ontarien en remet: «Pour les nostalgiques des oldies but goodies, voici un succès-souvenir qui date d'un an et demi...» Et démarre Électrique en version jazzy lounge. Le gaillard danse pendant les portions instrumentales, bizarrement bien sûr, façon Bob Hope maladroit exprès. Exprès?
Insaisissable Damien. Le voilà, pour présenter Mon nom, racontant ses années passées sous le pseudo de... Billy Bijou. «Peut-être avez-vous entendu mon deuxième disque, Diamants sur la plage?» La chanson d'après, il est seul au piano, chante Y a-t-il quelqu'un? et, sous des dehors honky tonk, parle plutôt tristement de solitude. La première partie finira disco: c'est à ce moment que je dois quitter, hélas. Étonnant homme. Paradoxe en tux.
***
Collaborateur du Devoir
La totale, quoi. La grosse dépense. Le décalage au cube. Showtime, ladies and gentlemen! Décalage? Comment savoir? Ce gars-là est composé de strates de décalage empilées, alors on ne sait jamais s'il déconne ou pas. Peut-être hier au Club Soda était-il vraiment devenu crooner à la Wayne Newton sur l'acide: le public suit et s'en fout puisque c'est mené rondement, qu'importe la sincérité de la proposition puisqu'on s'amuse follement en sa drôle de compagnie. La vérité probable est que Damien Robitaille est très sincèrement décalé. Le décalage fait homme.
Les chansons déménagent pour vrai, en tous cas, et les textes sont singulièrement étranges pour vrai aussi. «On est né nu, et on est mort vêtu...» Pas faux. C'est ça, Damien. Des vérités vraies déguisées en tuxedo avec un noeud papillon. Et le Franco-Ontarien en remet: «Pour les nostalgiques des oldies but goodies, voici un succès-souvenir qui date d'un an et demi...» Et démarre Électrique en version jazzy lounge. Le gaillard danse pendant les portions instrumentales, bizarrement bien sûr, façon Bob Hope maladroit exprès. Exprès?
Insaisissable Damien. Le voilà, pour présenter Mon nom, racontant ses années passées sous le pseudo de... Billy Bijou. «Peut-être avez-vous entendu mon deuxième disque, Diamants sur la plage?» La chanson d'après, il est seul au piano, chante Y a-t-il quelqu'un? et, sous des dehors honky tonk, parle plutôt tristement de solitude. La première partie finira disco: c'est à ce moment que je dois quitter, hélas. Étonnant homme. Paradoxe en tux.
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