Concerts classiques - Docteur Lang et Mister Lang
À retenir
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LES GRANDS CONCERTS
Longtin: Et j'ai repris la route... Prokofiev: Concerto pour piano n° 3, Roméo et Juliette, extraits des trois suites. Lang Lang (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Andrew Litton.
Salle Wilfrid-Pelletier, mardi 17 novembre.
Reprise ce soir
Qui est Lang Lang? Mystère... Docteur Jeckyl et Mister Hyde. Difficile de cerner les croyances de cet homme.
Voilà un surdoué assurément. Un pianiste qui a travaillé très fort pour devenir l'un des techniciens du clavier les plus souverains au monde. Docteur Lang, maîtrise son art et, lorsqu'il le maîtrise avec goût, cela nous vaut les récents disques des concertos de Beethoven et de Chopin ou des trios de Tchaïkovski et Rachmaninov. Docteur Lang a une facilité, une faconde, un art du pianissimo léger.
Mais il y a Mister Lang. Cet homme qui utilise son art consommé pour commettre des attentats au bon goût et se vautrer dans le stupre esthétique. On pensait sincèrement s'être débarrassé pour de bon de Mister Lang, celui des nauséeux concertos de Tchaïkovski (avec Barenboïm) et de Rachmaninov (avec Gergiev). Et le voilà, ressurgissant un soir de novembre, sur la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier.
Le spectacle est bien réglé, car Lang Lang met en scène son «art» comme un chorégraphe: les mains volent sur le clavier et prolongent leurs mouvements dans les airs, les mimiques traduisent d'évidence que l'art est difficile et les sentiments si «profonds». Le bouquet du bouquet c'est quand, dans le thème lyrique du 3e mouvement, il porte la main à son coeur.
La musique dans tout ça? Un Prokofiev défiguré en une sorte de sous-Rachmaninov. Tout ce qui est modéré devient lent lent et le rapide, vite vite. Or, dans la partition, toutes les inflexions sont marquées poco.
Je n'ai pas entendu beaucoup de l'atmosphère hip-hop annoncée par l'artiste à nos confrères de La Presse. Mais, par contre, j'ai senti l'eau de rose et la fleur bleue.
En pratique, le pianiste donne, all included, le show qu'il croit qu'on attend de lui. Et vu l'accueil du public, beaucoup attendent cela. Généreux, il donne en bis une Étude de Chopin jouée langoureusement sur un piano aux aigus désormais désaccordés.
Avant de pouvoir entendre Lang Lang, les auditeurs de l'OSM ont dû se farcir Et j'ai repris la route... de Michel Longtin, trois ans après sa création. Il ne nous était pas apparu en 2006 que cette succession d'éruptions percussives et de fadaises méritait une reprise. Le machin était alors censé nous faire prendre conscience du divorce entre l'homme et la nature et invoquait les mânes de Terry Fox, Jean Vanier et Jerry Goldsmith. Aujourd'hui, à en lire les nouveaux écrits du compositeur, l'argument a changé: l'oeuvre parle de lui. Quand ment-il?
En seconde partie, Andrew Litton, qui avait délayé le concerto dans le sirop voulu par le soliste, a interprété des extraits de Roméo et Juliette avec quelques complaisances, mais un beau sens de la caricature dans Rosaline et sa suite et le Menuet.
Voilà un surdoué assurément. Un pianiste qui a travaillé très fort pour devenir l'un des techniciens du clavier les plus souverains au monde. Docteur Lang, maîtrise son art et, lorsqu'il le maîtrise avec goût, cela nous vaut les récents disques des concertos de Beethoven et de Chopin ou des trios de Tchaïkovski et Rachmaninov. Docteur Lang a une facilité, une faconde, un art du pianissimo léger.
Mais il y a Mister Lang. Cet homme qui utilise son art consommé pour commettre des attentats au bon goût et se vautrer dans le stupre esthétique. On pensait sincèrement s'être débarrassé pour de bon de Mister Lang, celui des nauséeux concertos de Tchaïkovski (avec Barenboïm) et de Rachmaninov (avec Gergiev). Et le voilà, ressurgissant un soir de novembre, sur la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier.
Le spectacle est bien réglé, car Lang Lang met en scène son «art» comme un chorégraphe: les mains volent sur le clavier et prolongent leurs mouvements dans les airs, les mimiques traduisent d'évidence que l'art est difficile et les sentiments si «profonds». Le bouquet du bouquet c'est quand, dans le thème lyrique du 3e mouvement, il porte la main à son coeur.
La musique dans tout ça? Un Prokofiev défiguré en une sorte de sous-Rachmaninov. Tout ce qui est modéré devient lent lent et le rapide, vite vite. Or, dans la partition, toutes les inflexions sont marquées poco.
Je n'ai pas entendu beaucoup de l'atmosphère hip-hop annoncée par l'artiste à nos confrères de La Presse. Mais, par contre, j'ai senti l'eau de rose et la fleur bleue.
En pratique, le pianiste donne, all included, le show qu'il croit qu'on attend de lui. Et vu l'accueil du public, beaucoup attendent cela. Généreux, il donne en bis une Étude de Chopin jouée langoureusement sur un piano aux aigus désormais désaccordés.
Avant de pouvoir entendre Lang Lang, les auditeurs de l'OSM ont dû se farcir Et j'ai repris la route... de Michel Longtin, trois ans après sa création. Il ne nous était pas apparu en 2006 que cette succession d'éruptions percussives et de fadaises méritait une reprise. Le machin était alors censé nous faire prendre conscience du divorce entre l'homme et la nature et invoquait les mânes de Terry Fox, Jean Vanier et Jerry Goldsmith. Aujourd'hui, à en lire les nouveaux écrits du compositeur, l'argument a changé: l'oeuvre parle de lui. Quand ment-il?
En seconde partie, Andrew Litton, qui avait délayé le concerto dans le sirop voulu par le soliste, a interprété des extraits de Roméo et Juliette avec quelques complaisances, mais un beau sens de la caricature dans Rosaline et sa suite et le Menuet.
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