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François Lévesque   30 octobre 2009  Musique
Guère mémorable sur le plan cinématographique, This Is It revêt en revanche un intérêt historique certain.
Photo : Sony Pictures
Guère mémorable sur le plan cinématographique, This Is It revêt en revanche un intérêt historique certain.

À retenir

    • This Is It
    • Réalisation: Kenny Ortega. Photo: Kevin Mazur. Montage: Don
    • Brochu, Brandon Key, Patterson, Kevin Stitt. Musique: Michael Bearden, Michael Jackson.
    • États-Unis, 2009, 111 min.
This Is It documente, c'est le mot, les préparatifs scéniques ayant précédé ce qui devait être le très anticipé retour sur scène du roi de la pop, Michael Jackson. Lors de l'avant-première médiatique mardi soir dernier, le gratin de la profession a tenu à se déplacer en personne, signe qu'on était mûrs pour un événement médiatique important. Événement, certainement; important, ça se discute.

D'entrée de jeu, précisons que la majorité des séquences qui forment ce «making of», car c'est véritablement de cela qu'il s'agit, ont été filmées avec une petite caméra numérique et étaient initialement destinées aux archives personnelles de la star. Il s'agit là d'une force et d'une faiblesse dans la mesure où, pour quelques instants de spontanéité croqués sur le vif et dispersés çà et là au fil de presque deux heures, le spectateur doit se farcir pas mal de cadrages approximatifs et d'images floues. On peut d'ailleurs d'ores et déjà affirmer que le petit écran servira mieux ce type de matériel.

Cela étant, les fans voudront le voir coûte que coûte, car, en dépit de ses nombreux déboires, force est de constater que Jackson possède, ou enfin possédait, un magnétisme inaltéré par les scandales à répétition, gros plans sur des danseurs en larmes d'avoir été retenus pour le spectacle à l'appui. Aussi, sans doute le niveau d'appréciation de This Is It dépendra-t-il du degré d'adoration voué à l'icône et à sa musique.

Collage, donc, film de montage dépourvu d'une réalisation à proprement parler ou d'un fil conducteur fort, sinon celui de donner une vague idée de ce qui aurait pu être, This Is It se concentre spécifiquement sur les répétitions, mais fait parfois appel, et de façon complètement aléatoire, à un défilé de têtes parlantes attendues mais mal intégrées. Ici, les témoignages «à la gloire» du guitariste d'un concepteur de costumes; plus loin, un infographiste qui peaufine un effet saisissant sans qu'on s'attarde pour autant sur sa conception. Vrai que ce n'est pas son travail qu'on est venu admirer.

Les ébauches de numéros s'enchaînent, montées de manière d'abord habile mais en fin de compte répétitive: chaque chanson retenue est présentée en entier en ayant recours à quatre ou cinq sources visuelles alternées, lesquelles incluent parfois d'impressionnantes projections. Répété presque systématiquement, le procédé devient formule. Cela dit, il apparaît évident que ce show-là aurait été, à l'instar de la vedette, démesuré.

Guère mémorable sur le plan cinématographique, This Is It revêt en revanche un intérêt historique certain. Qu'on aime ou pas, non seulement ce documentaire au ton un peu beaucoup sanctifiant montre-t-il l'un des musiciens les plus influents de la musique contemporaine en répétition, mais il le capte tout entier investi dans son processus créatif. Là réside le seul réel attrait du film de Kenny Ortega, chorégraphe, réalisateur (Hocus Pocus, High School Musical 1, 2, 3) et complice de longue date du chanteur. Tantôt d'une précision d'horloger dans ses indications, tantôt complètement à côté de ses pompes, Michael Jackson traverse le documentaire tel un spectre: présent, absent, insaisissable.

 
 
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