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    Pourquoi Groupe Archambault a quitté l'ADISQ

    5 novembre 2009 |Pierre Marchand - Président secteur musique du Groupe Archambault inc. / J. Serge Sasseville - Vice-président affaires corporatives et institutionnelles de Quebecor Media inc. et administrateur de Groupe Archambault inc. | Musique
    C'est avec le plus grand intérêt que nous avons pris connaissance, jour après jour, depuis près d'une semaine, des articles, chroniques et reportages publiés dans les médias sur le sujet du gala de l'ADISQ et des raisons qui ont motivé Groupe Archambault à se retirer de l'ADISQ en mai dernier.

    La rigueur journalistique la plus élémentaire aurait à tout le moins exigé qu'on se documente et se renseigne sur la position de Quebecor si l'intention réelle était de posséder l'ensemble des faits pour se forger une opinion éclairée et complète. C'est en effet déplorable que des professionnels aient cédé à l'adage du monde journalistique «don't let the facts kill a good story». Nous pouvons vous assurer que notre retrait de l'ADISQ n'a aucunement été motivé par le nombre de Félix qu'ont pu remporter Groupe Archambault ou les artistes de sa maison de disques Musicor. Au cours des 25 dernières années, distribution Select a remporté 20 fois le Félix attribué au distributeur de l'année et depuis sa fondation en 2003, Musicor et ses artistes ont remporté de très nombreux Félix, donc cinq cette année.

    Militantisme

    Nous avons dû nous résigner à quitter cette association au sein de laquelle nous nous sommes impliqués activement depuis ses tout débuts parce que nous avons acquis la conviction que l'ADISQ n'était plus en mesure de nous représenter adéquatement, d'autant plus que des divergences entre des membres du conseil d'administration et la permanence de l'organisme étaient de plus en plus manifestes.

    Au cours des dernières années, tout comme nous, plusieurs partenaires importants de l'industrie de la musique au Québec se sont interrogés sur leur appartenance à l'ADISQ parce qu'ils ne se reconnaissent plus dans les décisions et les prises de position de cet organisme, plus proches du militantisme que de la défense des intérêts de ses membres: des entreprises et une industrie qui traversent depuis plusieurs années une crise grave. Pour ces raisons, d'autres acteurs de l'industrie ont aussi choisi de se retirer de l'organisme, voire de ne jamais y adhérer.

    En effet, les divergences d'intérêts se sont multipliées à propos des façons de faire face aux défis posés par la révolution numérique en cours entre, d'une part, des joueurs qui ont choisi de saisir les occasions qui s'offrent à eux dans la nouvelle économie et qui refusent de reproduire dans ce nouvel univers les règles passéistes et les vieux réflexes, et d'autre part, ceux qui, aux prises avec le changement, préfèrent le protectionnisme qui résulte en des mesures mises en place dans un univers protégé qui n'existe plus.

    Faire autrement

    Notre foi en la capacité de notre musique et de nos créateurs à exploser leurs talents ne s'est jamais démentie. Nous sommes un des plus importants partenaires de l'industrie de la musique au Québec. Nous investissons massivement dans la production, la diffusion et la promotion de notre culture musicale, ce qui n'est sans doute pas étranger aux succès des artistes d'ici. De leur succès dépend le nôtre, et cette symbiose se reflète évidemment dans nos décisions d'affaires. Les élans créatifs les plus brillants sauront encore davantage rejoindre leurs publics s'ils ont de solides partenaires qui peuvent prendre des risques à leurs côtés.

    Devant les défis de l'ère numérique, nous croyons fermement à la nécessité de faire les choses autrement. Il est faux de prétendre que Groupe Archambault a quitté l'ADISQ parce que Quebecor ne veut pas payer sa part pour contrer la chute des ventes de disques. Vidéotron a été le premier fournisseur d'accès Internet canadien à déclarer publiquement que les fournisseurs d'accès Internet doivent s'asseoir avec les producteurs, les créateurs et les détenteurs de droits afin de discuter des modalités des modèles d'affaires qui leur permettraient tous de connaître le succès qu'ils méritent dans l'univers numérique. Encore un sauf-conduit au biais.

    Essor de la culture

    Nous avons été les premiers à croire aux possibilités offertes par cette révolution, à une époque où l'exploration de ce nouvel univers était tout sauf rentable. Nous avons mis sur pied des interfaces de commerce électronique et de téléchargement à saveur résolument québécoise (archambault.ca et zik.ca). Nous avons redonné leurs lettres de noblesse aux grands spectacles de variétés et aux grands événements rassembleurs. Nous avons offert aux amateurs de musique d'ici des oeuvres et des spectacles d'une qualité inouïe pour un marché de la taille du Québec, et ce, sur une multitude de fenêtres de diffusion, multipliant d'autant la présence de notre culture musicale dans la vie des Québécois.

    N'en déplaise à certains, Quebecor est l'une des entreprises qui investissent le plus dans la culture québécoise et nous en sommes extrêmement fiers, tout comme nous sommes fiers de la faveur que le public accorde aux artistes que nous encourageons. Présenter Quebecor comme une entreprise égoïste qui se préoccupe davantage de trophées que de la santé et de l'essor de la culture d'ici procède bien plus de l'aveuglement idéologique que de la réalité. Il en est de même pour ceux probablement plus préoccupés par le sensationnalisme ou encore qui sont teintés de préjugés envers ce qui constitue leur concurrent le plus redoutable.

    Nous osons croire que ces quelques lignes auront suffi à vous convaincre que la quête de trophées est totalement étrangère aux décisions que nous avons prises dans l'intérêt tant de nos artistes que de notre entreprise.
     
     
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