Jazz - Le classique Monsieur Hicks
John Hicks était un grand monsieur. Un classique qui n'a jamais eu la reconnaissance qu'il méritait. Peut-être que ce vice est affaire de générations. En deux mots, avec Cedar Walton, Junior Mance et Don Pullen, il fait partie de cette cohorte née après celle des pianistes qui ont conçu et fixé le style de l'élégance, si on peut dire les choses ainsi.
Il y eut tout d'abord Hank Jones, Tommy Flanagan, Roland Hanna, Barry Harris et Bill Evans. Puis il y eut sa cohorte, coincée entre ces derniers et celle de Keith Jarrett. Toujours est-il qu'aujourd'hui, l'excellente étiquette HighNote propose un enregistrement réalisé peu avant qu'il nous quitte. Intitulée I Remember You, cet album, c'est Hicks en solo. Seul à seul.
Dans ce genre, le solo s'entend, Hicks excellait. On oserait dire qu'il était imbattable. Il y a dix ou douze ans, on ne sait plus, dans le cadre du Festival de jazz, il avait signé une prestation dont on conserve le souvenir ébloui. Comme ce qui précède est une opinion parmi des milliers d'autres, on tient à partager un fait le concernant en espérant vous convaincre d'acheter cet I Remember You.
Très souvent, Hicks jouait dans une boîte new-yorkaise qui s'appelait Bradley's. Vers les deux heures du matin, lorsque ses confrères et amis musiciens avaient terminé leurs shows aux Village Vanguard, Blue Note, Sweet Basil, Small's et compagnie, ils prenaient le chemin du Bradley's. Pour le voir, l'entendre, goûter son art, apprécier sa science pianistique et s'inspirer de lui.
Car, entre autres singularités, Hicks avait la passion de ses sujets. De ses sujets qui sont les compositions écrites par Monk, Ellington, Miles Davis ou Cole Porter. Lorsqu'il joue Reflections, I Remember You, Solar, Nutty, I Want to Talk about You, All of You, A Nightingale Sang in Berkeley Square, il ne se départ jamais de sa passion. Afin de mettre en relief les beautés originales de chaque morceau, il les prolonge dans le temps. Autrement dit, il ajoute « sa » valeur. Il fait davantage que s'approprier telle ou telle pièce. Il la décortique, la reconstruit et nous la refile comme une oeuvre d'art. Cet album, qui soit dit en passant s'écoute seul à seul, est incontournable.
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Le 14 octobre prochain à eXentris, la pianiste Marianne Trudel et l'harmoniciste Lévy Bourbonnais vont lancer officiellement leur album baptisé L'Embarquée, que l'on a vu dans les bacs d'Archambault mais pas dans ceux de HMV. Le prix: 14,99 $. Voilà pour les infos factuelles. Passons à la musique. Ce que ce duo nous propose, c'est d'abord et avant tout des compositions originales. La plupart ont été écrites par Trudel. Trois autres ont été conçues avec Bourbonnais. Le résultat, ou plutôt l'esthétique, n'est pas sans rappeler celle exposée et défendue par certains artistes proches de John Zorn, certains artistes enregistrant pour Tzadik.
À l'harmonica, Bourbonnais a une approche qui nous a rappelé celle de l'accordéoniste Guy Kluvecek. De cet instrument physiquement petit, Bourbonnais extrait des sonorités prodigieuses, très étonnantes, ou plutôt très surprenantes. C'est le cas de le dire, c'est du jamais entendu. Et ça, c'est déjà beaucoup.
Au piano, Trudel affiche une sensibilité qui la distingue de beaucoup de pianistes locaux. De-que-cé? Son jeu n'a rien de scolaire. De statique. Bref, on ne s'ennuie pas même si la palette rythmique n'est pas archi-riche. Mais bon... Ils sont deux et seulement deux à faire un disque qui fait davantage écho à certains albums de Tzadik ou d'ECM qu'à ceux de Blue Note ou de Verve. En clair, L'Embarquée tient davantage de la musique actuelle que du jazz. À voir le 14 octobre.
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La semaine de jazz que la maison de la culture Frontenac organise annuellement débutera le 14 octobre et se poursuivra jusqu'au 23 octobre. Au programme: le Big Band Tour de Bras, le Sylvain Provost Trio, le Nouvel Orchestra de François Richard, l'Yves Léveillé Sextet... Pour plus de renseignements: 514 872-7882.
Il y eut tout d'abord Hank Jones, Tommy Flanagan, Roland Hanna, Barry Harris et Bill Evans. Puis il y eut sa cohorte, coincée entre ces derniers et celle de Keith Jarrett. Toujours est-il qu'aujourd'hui, l'excellente étiquette HighNote propose un enregistrement réalisé peu avant qu'il nous quitte. Intitulée I Remember You, cet album, c'est Hicks en solo. Seul à seul.
Dans ce genre, le solo s'entend, Hicks excellait. On oserait dire qu'il était imbattable. Il y a dix ou douze ans, on ne sait plus, dans le cadre du Festival de jazz, il avait signé une prestation dont on conserve le souvenir ébloui. Comme ce qui précède est une opinion parmi des milliers d'autres, on tient à partager un fait le concernant en espérant vous convaincre d'acheter cet I Remember You.
Très souvent, Hicks jouait dans une boîte new-yorkaise qui s'appelait Bradley's. Vers les deux heures du matin, lorsque ses confrères et amis musiciens avaient terminé leurs shows aux Village Vanguard, Blue Note, Sweet Basil, Small's et compagnie, ils prenaient le chemin du Bradley's. Pour le voir, l'entendre, goûter son art, apprécier sa science pianistique et s'inspirer de lui.
Car, entre autres singularités, Hicks avait la passion de ses sujets. De ses sujets qui sont les compositions écrites par Monk, Ellington, Miles Davis ou Cole Porter. Lorsqu'il joue Reflections, I Remember You, Solar, Nutty, I Want to Talk about You, All of You, A Nightingale Sang in Berkeley Square, il ne se départ jamais de sa passion. Afin de mettre en relief les beautés originales de chaque morceau, il les prolonge dans le temps. Autrement dit, il ajoute « sa » valeur. Il fait davantage que s'approprier telle ou telle pièce. Il la décortique, la reconstruit et nous la refile comme une oeuvre d'art. Cet album, qui soit dit en passant s'écoute seul à seul, est incontournable.
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Le 14 octobre prochain à eXentris, la pianiste Marianne Trudel et l'harmoniciste Lévy Bourbonnais vont lancer officiellement leur album baptisé L'Embarquée, que l'on a vu dans les bacs d'Archambault mais pas dans ceux de HMV. Le prix: 14,99 $. Voilà pour les infos factuelles. Passons à la musique. Ce que ce duo nous propose, c'est d'abord et avant tout des compositions originales. La plupart ont été écrites par Trudel. Trois autres ont été conçues avec Bourbonnais. Le résultat, ou plutôt l'esthétique, n'est pas sans rappeler celle exposée et défendue par certains artistes proches de John Zorn, certains artistes enregistrant pour Tzadik.
À l'harmonica, Bourbonnais a une approche qui nous a rappelé celle de l'accordéoniste Guy Kluvecek. De cet instrument physiquement petit, Bourbonnais extrait des sonorités prodigieuses, très étonnantes, ou plutôt très surprenantes. C'est le cas de le dire, c'est du jamais entendu. Et ça, c'est déjà beaucoup.
Au piano, Trudel affiche une sensibilité qui la distingue de beaucoup de pianistes locaux. De-que-cé? Son jeu n'a rien de scolaire. De statique. Bref, on ne s'ennuie pas même si la palette rythmique n'est pas archi-riche. Mais bon... Ils sont deux et seulement deux à faire un disque qui fait davantage écho à certains albums de Tzadik ou d'ECM qu'à ceux de Blue Note ou de Verve. En clair, L'Embarquée tient davantage de la musique actuelle que du jazz. À voir le 14 octobre.
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La semaine de jazz que la maison de la culture Frontenac organise annuellement débutera le 14 octobre et se poursuivra jusqu'au 23 octobre. Au programme: le Big Band Tour de Bras, le Sylvain Provost Trio, le Nouvel Orchestra de François Richard, l'Yves Léveillé Sextet... Pour plus de renseignements: 514 872-7882.
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