Festival de la chanson de Granby: la finale - À grande année, vote partagé
Patrice Michaud, le grand gagnant du Festival de la chanson de Granby. Michaud est un stand-up né, un conteur qui a le tour de la tournure.
Il ne faut jamais désespérer de Granby. On l'a pensé, on l'a presque écrit, mais force était de constater samedi soir, à la finale la plus relevée du concours depuis l'année Alexandre Désilets, voire depuis l'année Pierre Lapointe, que le Festival de la chanson, à 41 ans, ne vit pas de déclin. À tout le moins de déclin artistique: les quatre finalistes en présence, tout autant Salomé Leclerc, Michèle O., Karim Ouellet que le grand gagnant Patrice Michaud, témoignaient solidement de la capacité de renouvellement du vénérable tremplin. Les deux dernières fournées, franchement décevantes, n'auront été qu'un creux, simple passage à vide: c'est reparti, et bien reparti.
Le fait est que le jury élargi de la finale — une quarantaine de pros du métier, agents, chanteurs, journalistes, etc. — a eu un sacré mal à départager les aspirants. Le palmarès en témoignait: Michèle O. a eu ses prix, Salomé Leclerc les siens, et c'est bien parce que tout le monde était trop bon qu'un Karim Ouellet, à peine moins convaincant, n'en a pas glané itou. Chacun fera un honnête bout de chemin dans la chanson, c'était patent: la scène leur appartenait déjà.
Il fallait voir Michèle O., fille d'Abitibi-Témiscamingue, se dépêtrer du plus traître des pièges: un micro qui lâche. Pas décontenancée, elle a redoublé d'entrain, s'est gagné Le Palace en moins de deux, et ses chansons cow-punk, quelque part entre Mara Tremblay et Pascale Picard (ou Jenny Rock, c'est comme vous voulez), devenaient carrément gagnantes, malgré leur caractère interchangeable. Karim Ouellet — un gars du groupe Movèzerbe tâtant la vie en solo — est un guitariste de première force, et un véritable entertainer: il ne lui manquait que des chansons plus abouties.
Salomé Leclerc aurait remporté la palme que personne n'aurait protesté: sa sorte de chanson nue et drue, façon Cat Power, mélange de douleur et de fougue, atteint, traverse, chavire. J'aurais pris tout de suite un album d'elle. Ça ne saurait tarder: la finaliste de Granby ET de Ma Première Place des Arts bénéficie déjà de la même gérance que Pierre Lapointe. La diplômée de L'École nationale de la chanson du cégep de Granby Haute-Yamaska (d'où provient également Damien Robitaille) est une promesse déjà presque remplie.
Patrice Michaud, lui, était tout simplement irrésistible, peut-être plus encore pour ses présentations de chansons que les chansons elles-mêmes. Ce type est un stand-up né, un conteur qui a le tour de la tournure, déjà bien meilleur que cent humoristes des cuvées Juste pour rire. Ses histoires de Jésus de village côtier (c'est un Gaspésien) et de guitare électrique branchée directement dans le mur ont plus que déridé l'assemblée: ça croulait. Bien écrites, un brin convenues, les chansons étaient complémentaires: c'est la performance globale qui a fait l'affaire, et le gaillard devra réfléchir à la voie qu'il suivra. Chanteur de qualité, oui, mais quand on peut mener ainsi une foule à l'hystérie, on suit son destin.
Le fait est que le jury élargi de la finale — une quarantaine de pros du métier, agents, chanteurs, journalistes, etc. — a eu un sacré mal à départager les aspirants. Le palmarès en témoignait: Michèle O. a eu ses prix, Salomé Leclerc les siens, et c'est bien parce que tout le monde était trop bon qu'un Karim Ouellet, à peine moins convaincant, n'en a pas glané itou. Chacun fera un honnête bout de chemin dans la chanson, c'était patent: la scène leur appartenait déjà.
Il fallait voir Michèle O., fille d'Abitibi-Témiscamingue, se dépêtrer du plus traître des pièges: un micro qui lâche. Pas décontenancée, elle a redoublé d'entrain, s'est gagné Le Palace en moins de deux, et ses chansons cow-punk, quelque part entre Mara Tremblay et Pascale Picard (ou Jenny Rock, c'est comme vous voulez), devenaient carrément gagnantes, malgré leur caractère interchangeable. Karim Ouellet — un gars du groupe Movèzerbe tâtant la vie en solo — est un guitariste de première force, et un véritable entertainer: il ne lui manquait que des chansons plus abouties.
Salomé Leclerc aurait remporté la palme que personne n'aurait protesté: sa sorte de chanson nue et drue, façon Cat Power, mélange de douleur et de fougue, atteint, traverse, chavire. J'aurais pris tout de suite un album d'elle. Ça ne saurait tarder: la finaliste de Granby ET de Ma Première Place des Arts bénéficie déjà de la même gérance que Pierre Lapointe. La diplômée de L'École nationale de la chanson du cégep de Granby Haute-Yamaska (d'où provient également Damien Robitaille) est une promesse déjà presque remplie.
Patrice Michaud, lui, était tout simplement irrésistible, peut-être plus encore pour ses présentations de chansons que les chansons elles-mêmes. Ce type est un stand-up né, un conteur qui a le tour de la tournure, déjà bien meilleur que cent humoristes des cuvées Juste pour rire. Ses histoires de Jésus de village côtier (c'est un Gaspésien) et de guitare électrique branchée directement dans le mur ont plus que déridé l'assemblée: ça croulait. Bien écrites, un brin convenues, les chansons étaient complémentaires: c'est la performance globale qui a fait l'affaire, et le gaillard devra réfléchir à la voie qu'il suivra. Chanteur de qualité, oui, mais quand on peut mener ainsi une foule à l'hystérie, on suit son destin.
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